Parti antisioniste

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Parti antisioniste
Présentation
Président Yahia Gouasmi
Fondation
Disparition 2019
Positionnement Inclassable
Extrême droite[1]
Idéologie Antisionisme

Le Parti antisioniste (abrégé en PAS, pour Parti anti sioniste) est un parti politique français fondé par Yahia Gouasmi en 2009 et dissout en 2019.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Parti antisioniste est une émanation du centre Zahra, une organisation musulmane chiite située à Grande-Synthe (près de Dunkerque), idéologiquement proche du régime iranien et du Hezbollah libanais[2].

La création de ce parti fait suite à l’opération Plomb durci menée par Israël sur Gaza. Ces événements impulsent alors une nouvelle dynamique politique : le Parti Antisioniste décide de présenter des candidats aux élections européennes.

À noter aux élections européennes précédentes de 2004 la présence en Île-de-France d’une liste pro-palestinenne (et donc en rapport avec l’antisionisme) Europalestine. L’humoriste Dieudonné (déjà colistier d'Europalestine en 2004), l'écrivain Alain Soral, l'historienne María Poumier, l'écologiste Ginette Hess-Skandrani et d'autres personnalités rejoignent alors la « liste antisioniste », mais la plupart des membres qui figurent sur celle-ci n'ont aucun lien avec le PAS, si ce n’est l’engagement dans le combat antisioniste.

En 2013, une polémique éclate au sujet du financement de la liste antisioniste de 2009 suite aux propos tenus en mars par Alain Soral : « Si on a pu faire la liste antisioniste qui a coûté 3 millions d’euros, c’est parce qu’on a eu l’argent des Iraniens »[3],[4],[5],[6],[7],[8]. Ahmed Moualek, autre membre de la liste, s’indigne de ne pas avoir été informé de l’origine des fonds, ni de leur montant. Alain Soral rectifie ses propos en évoquant seulement 300 000 euros provenant « de la communauté chiite française, dont le leader Yahia Gouasmi, président du Parti antisioniste ». Marc George, directeur de campagne de la liste, confirme le montant mais précise : « Je n’ai pas la liste des donateurs, mais à ma connaissance, il n’y a pas eu de don franco-iranien. Il y avait des Français d’origine étrangère parce que la liste a eu beaucoup de succès chez les musulmans. Il y a eu des dons maghrébins, mais pas iraniens. Yahia Gouasmi est algérien d’origine ». Pourtant, selon le site Article11, « la liste antisioniste n’a [...] déclaré à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques que les sommes – mirifiques – de 6 691 euros de dépenses et 6 922 euros de recettes (dont 5 796 euros de dons) »[9].

Demandes de dissolution[modifier | modifier le code]

2009[modifier | modifier le code]

À l’issue des élections européennes de 2009, certains politiques demanderont la dissolution du parti, dont 3 députés de la droite parlementaire de Seine-Saint-Denis : Éric Raoult, Patrice Calméjane et Gérard Gaudron, demande qui n'aboutit pas[réf. nécessaire].

2019[modifier | modifier le code]

Le mercredi 20 mars 2019 en conseil des ministres, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner demande la dissolution de quatre associations prêchant le djihad armé dont le Parti antisioniste. Selon Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement : « ce sont des associations ouvertement antisémites et dangereuses »[10].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections européennes de 2009[modifier | modifier le code]

Aux élections européennes de 2009, Dieudonné mène cette liste initiée par le Parti antisioniste en Île-de-France, en compagnie notamment d'Alain Soral du mouvement Égalité et Réconciliation et d'anciennes ou d'anciens militants négationnistes, du Front national, royalistes ou nationalistes comme : Maria Poumier, Ahmed Moualek, Michael Guérin, Charles-Alban Schepens, Emmanuelle Gili... C'est Marc George (d'Égalité et Réconciliation) qui mène la campagne aux élections européennes du parti antisioniste en 2009. Sur plusieurs marchés des quartiers populaires de la région parisienne, les colistiers « se sont fait siffler et traiter de « fachos » » [11][source insuffisante].

La liste recueille 1,30 % des voix en Île-de-France[12].

À Garges-lès-Gonesse, dans le Val-d'Oise, la liste obtient son meilleur résultat avec un record de voix de 6,03 % des suffrages exprimés, contre 10,75 % pour la liste Europalestine en 2004[13],[14],[15],[16],[17].

Élections législatives de 2012[modifier | modifier le code]

Le PAS présente quatre candidats pour les élections législatives de 2012[18] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent de Boissieu, « Parti anti sioniste (PAS) », sur France politique (consulté le 17 mai 2019).
  2. Boris Thiolay, « Les amis très particuliers du centre Zahra », L'Express, 26 février 2009.
  3. Ultra-droite: des musulmans à la rescousse
  4. Robin D'Angelo, Mathieu Molard, Le Système Soral,
  5. L'Iran, Dieudonné et l'extrême droite française
  6. Frédéric Haziza, Vol au-dessus d'un nid de fachos: Dieudonné, Soral, Ayoub et les autres
  7. Les Iraniens ont-ils financé la liste antisioniste de Dieudonné ?
  8. Les étranges liens de Dieudonné avec l'Iran
  9. « Les Iraniens ont-ils financé la liste antisioniste de Dieudonné ? », Rue89, 21 octobre 2013
  10. Le ministère de l’intérieur demande la dissolution de quatre associations chiites « légitimant le djihad armé », lemonde.fr, 20 mars 2019.
  11. Caroline Fourest et Fiammetta Venner, Marine Le Pen. éditions Grasset, 2011
  12. Résultats officiels des élections européennes en Île-de-France, site du Ministère de l'Intérieur
  13. « Dieudonné dévoile sa liste "antisioniste" », Le Point, 9 mai 2009
  14. « La liste "antisioniste" de Dieudonné n'a pas mobilisé dans les banlieues », AFP,
  15. Candidats aux élections européennes 2009 sur le site du ministère de l'Intérieur.
  16. Résultats des élections Européennes 2009 à Garges-lès-Gonessesur le site du ministère de l'Intérieur.
  17. Jacques Leclercq, De la droite décomplexée à la droite subversive, p.118.
  18. « Liste des candidats du PAS « Copie archivée » (version du 26 mai 2015 sur l'Internet Archive) », communiqué de presse du Parti antisioniste, 18 mai 2012.
  19. « Législatives : Dieudonné candidat du Parti antisioniste » sur Lefigaro.fr, consulté le 20 mai 2012.
  20. « Législatives. L’humoriste Dieudonné candidat pour le Parti antisioniste », Ladepeche.fr, consulté le 20 mai 2012.
  21. « France: l'humoriste Dieudonné candidat aux élections pour le "Parti antisioniste" », rtl.be, consulté le 20 mai 2012.
  22. Gilles Kepel, Passion française. Les voix des cités. collection Témoins, Éditions Gallimard, 2014
  23. « Législatives: l'humoriste controversé Dieudonné candidat à Dreux pour le Parti antisioniste », nouvelobs.fr, consulté le 20 mai 2012.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Leclercq, Droites conservatrices, nationales et ultras : Dictionnaire 2005-2010, L'Harmattan, , 228 p. (ISBN 978-2-296-08264-9)
  • Jacques Leclercq, De la droite décomplexée à la droite subversive : Dictionnaire 2010-2012, L'Harmattan, , 256 p. (ISBN 978-2-296-96809-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]