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Paris Saint-Germain Rugby League

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Paris Saint-Germain
Logo du Paris Saint-Germain
Généralités
Nom complet Paris Saint-Germain Rugby League
Surnoms « PSG »
Fondation 1995
Disparition 1997
Couleurs Bleu, rouge et blanc
Stade Stade Charléty
(19 151 places)

Maillots

Domicile

Extérieur

Le Paris Saint-Germain Rugby League est un ancien club professionnel de rugby à XIII basé à Paris, actif entre 1995 et 1997. Créé dans le cadre du projet d’expansion géographique de la Rugby Football League au moment du lancement de la Super League européenne en 1996, il devient le premier club français à intégrer la compétition, avant les Dragons Catalans (2006) et le Toulouse Olympique XIII (2022).

L’équipe dispute ses rencontres à domicile au stade Charléty, sous les couleurs rouge et bleu héritées du Paris Saint-Germain Football Club. Malgré un fort impact médiatique à son lancement et la présence de plusieurs internationaux français et étrangers, le club connaît des difficultés sportives, structurelles et financières. Après deux saisons en Super League (1996 et 1997), il est dissous à l’issue de la seconde.

Malgré sa brève existence, le PSG Rugby League a marqué l’histoire du rugby à XIII en France en étant le premier représentant français dans l’élite européenne professionnelle, ouvrant la voie à l’implantation durable d’un club français dans la Super League.

Arrivée de Jacques Fouroux et genèse du projet

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Jacques Fouroux, artisan du projet parisien.
Charles Biétry, président du Paris Saint-Germain Omnisports.

Au début des années 1990, Jacques Fouroux et la FFR (XV) entretiennent des relations conflictuelles, surtout depuis que le FC Grenoble dont il était le manager a été privé du Bouclier de Brennus en perdant en finale à la suite d'un essai non valable accordé sur une erreur d'arbitrage[1]. Il se rapproche alors du XIII et devient conseiller de la Fédération française de rugby à XIII (FFRXIII), présidée par Jean-Paul Ferré. Il ambitionne d’y créer une équipe professionnelle à dimension nationale à Paris[2].

Le contexte international favorise ce projet. En 1995, l’empire médiatique de Rupert Murdoch, News Corporation, investit massivement dans le rugby à XIII pour créer la Super League, projet de ligue européenne professionnelle. L’objectif est d’y intégrer une équipe française afin de donner une dimension continentale au projet[3].

Jacques Fouroux saisit cette opportunité et, avec le soutien de Charles Biétry, président du Paris Saint-Germain Omnisports, convainc le club parisien d’ouvrir une section de rugby à XIII. Le 8 avril 1995, les clubs britanniques réunis à Wigan approuvent l’entrée du PSG dans la future Super League[4]. La création officielle de la section intervient le 23 décembre 1995 : elle prend le nom de « Paris Saint-Germain Rugby League » et Fouroux en devient le président[5]. L’équipe est confiée à Michel Mazaré, ancien international et ouvreur de Villeneuve-sur-Lot, puis successivement à John Kear, Peter Mulholland et Andy Goodway au cours des saisons 1996 et 1997, et s’appuie sur un noyau de joueurs français (Pascal Jampy, Didier Cabestany, Pascal Bomati, Vincent Banet, Laurent Cambres) renforcé par plusieurs recrues australiennes et britanniques.

Saison 1996 : les débuts de la Super League

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Le 29 mars 1996, le PSG Rugby League dispute le tout premier match de l’histoire de la Super League contre les Sheffield Eagles au Stade Charléty à Paris. Devant 17 873 spectateurs, les Parisiens s’imposent 30-24 lors d’une rencontre retransmise en direct sur Canal +[6]. Cet événement marque symboliquement la naissance du rugby à XIII professionnel en France : c’est la première fois qu’un club français prend part à un championnat britannique. Le club attire alors un public curieux et bénéficie d’une large couverture médiatique, mais l’équipe, encore en construction, manque de cohésion et termine la saison à la onzième place du championnat, évitant de peu la relégation.

Le club adopte une stratégie marketing novatrice visant à toucher un public non initié : spectacles pré-match, musique, pyrotechnie et communication massive[7],[8]. La majorité des billets sont distribués gratuitement via les partenaires et institutions publiques[9]. Ce modèle suscite d’abord l’enthousiasme des acteurs du rugby britannique, qui saluent une tentative ambitieuse d’élargissement du public[10]. Il révèle néanmoins rapidement ses limites en matière de rentabilité[11].

Saison 1997 : un rêve qui s’essouffle

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Pour la saison 1997, le PSG Rugby League modifie son effectif en intégrant plusieurs joueurs australiens expérimentés, mais l’équilibre entre les joueurs étrangers et français reste délicat. Les résultats sportifs stagnent et l’affluence chute. Le club termine une nouvelle fois à la onzième place. Les coûts logistiques (déplacements au Royaume-Uni, hébergements, salaires en devises étrangères) pèsent lourdement sur le budget du PSG Omnisports, tandis que le rugby à XIII reste peu implanté dans la région parisienne.

Sur le plan économique, le club est lancé sans sponsor majeur et repose financièrement sur la RFL et News Corporation[12]. L’usage du nom PSG ne s’accompagne pas d’un engagement financier substantiel du club omnisports[13]. Canal+ n’assure qu’une couverture télévisée limitée, réduite à des extraits[14].

En mai 1997, confrontée à un déficit important et à l’absence de perspective de rentabilité, la direction du PSG Rugby League annonce la cessation d’activité : la section est dissoute dans les mois suivants[15],[16]. En octobre 1997, la RFL met fin à sa subvention au club, qui ne dispose pas de recettes suffisantes pour survivre[17]. Le PSG Rugby League cesse ses activités dans les mois suivants. Le club laisse néanmoins le souvenir d’une tentative audacieuse et pionnière.

Héritage et postérité

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Malgré son échec sportif et économique, le PSG Rugby League occupe une place singulière dans l'histoire du XIII français. Il demeure le premier club français à avoir participé à la Super League et a ouvert la voie à une future intégration durable d’un club hexagonal dans cette compétition[3].

Plusieurs joueurs issus du PSG Rugby League rejoignent ensuite des clubs du sud de la France : Villeneuve, Carcassonne, Saint-Estève ou encore Union Treiziste Catalane (futur Dragons Catalans). Ces derniers, fondés à Perpignan et admis à la Super League en 2006, sont régulièrement considérés comme les « héritiers directs » de l’expérience parisienne[18]. À la suite de la disparition du PSG en 1997, la FFR XIII et son président Jean-Paul Ferré envisagent une nouvelle candidature française à la Super League lors d’un projet d’expansion pour 1999. Paris est brièvement considéré, mais Toulouse est alors présenté comme l’option la plus crédible[19],[20]. Aucune des deux pistes n’aboutit, mais le processus débouche finalement en 2002 sur une procédure d’appel à candidatures qui mène à l’entrée des Dragons Catalans en 2006[21].

L’expérience professionnelle acquise par les joueurs du PSG lors de leur passage en Super League est alors perçue comme un facteur ayant facilité la transition des Dragons dans l’élite britannique. Par ailleurs, selon Le Monde, les stratégies promotionnelles agressives menées à Paris sous la houlette de Jacques Fouroux préfigurent celles que Max Guazzini déploie avec succès au Stade Français en rugby à XV[22].

Le club parisien se distingue également pour avoir été le premier au sein du système de la RFL à confier un poste de direction à une femme, Rebecca Cove, nommée team manager en 1997[23].

En 2025, à l’occasion du 5000e match de la Super League, L’Indépendant consacre une série d’articles commémorant l’aventure parisienne. Lors du match Dragons CatalansWigan Warriors au stade Gilbert-Brutus, un hommage est rendu aux anciens du PSG Rugby League, parmi lesquels Pascal Bomati, Laurent Cambres, Pascal Jampy, Vincent Banet et le regretté Didier Cabestany[4]. Cette célébration précède une rencontre programmée pour 2026 au stade Jean-Bouin de Paris, qui doit marquer symboliquement le retour du rugby à XIII dans la capitale, trente ans après la création du PSG Rugby League[24].

Bilan du club toutes saisons et toutes compétitions confondues

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Année Saison régulière
Super League
Rugby League Premiership Challenge Cup World Club Challenge
Class. Points MJ V. N. D. Pp. Pc. Performance Performance Performance
Saison 1996 11e 7 22 3 1 18 398 795
Saison 1997 11e 12 22 6 0 16 362 572 1er tour 1/8 finale « Elimination qualifier »

Personnalités du club

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Les effectifs du PSG Rugby League au cours de ses deux saisons de Super League reflètent la volonté de mêler jeunes joueurs français et renforts australiens ou britanniques. Plusieurs futurs internationaux français, dont Pascal Jampy, Didier Cabestany ou Vincent Banet, y ont évolué.

Équipe 1996 du Paris Saint-Germain Rugby League

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Équipe 1996 du Paris Saint-Germain Rugby League
Equipe première Staff

Entraîneur



Légende:
  • (c) Capitaine
  • (vc) Vice-capitaine


Équipe 1997 du Paris Saint-Germain Rugby League

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Équipe 1997 du Paris Saint-Germain Rugby League
Equipe première Staff

Entraîneur



Légende:
  • (c) Capitaine
  • (vc) Vice-capitaine


Liste des présidents

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En juin 1996, Jacques Fouroux assume la présidence de la section rugby à XIII à sa création, mais il démissionne de toutes ses fonctions le 1er septembre 1996, en désaccord avec la gouvernance du PSG Omnisports et le pilotage du projet[25].

  • 1995 – septembre 1996 : Jacques Fouroux
  • septembre 1996 – 1997 : direction assurée par le PSG Omnisports (sans président désigné)

Liste des entraîneurs

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Notes et références

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  1. Escot et Rivière 2009, p. 268
  2. Philippe Rochette, « Fouroux, chorégraphe comblé du show à XIII », Libération,‎
  3. a et b Gilles Navarro, « Les enfants de Murdoch », L’Équipe,‎
  4. a et b « Rugby à XIII : 5000e match de Super League, 20 ans après PSG Rugby League – Sheffield », L’Indépendant,‎ (lire en ligne)
  5. Philippe Rochette, « Le rugby à XIII aura ses pros au Paris-Saint-Germain », Libération,‎
  6. Philippe Brunel, « Le PSG XIII entre en scène », L’Équipe,‎
  7. (en) Andy Wilson, « PSG’s big show », The Observer,‎ , p. 8 Sport
  8. (en) Ian Borthwick, « Funky image, free tickets and a rock band to lure doubting Parisians », Evening Standard,‎ , p. 65
  9. (en) « Paris crowds praised », The Times,‎
  10. (en) Andy Wilson, « Super League is a super flop », The Observer,‎ , p. 8
  11. (en) « French connection shows promise », The Observer,‎
  12. (en) « Paris signs on flashy start but lacks backing », The Daily Telegraph,‎
  13. (en) Pascal Ceaux, « Le Stade français–CASG veut redevenir un grand nom du rugby », Le Monde diplomatique,‎ , p. 23
  14. (en) « Around the clubs », Hull Daily Mail,‎ , p. 15
  15. « Le PSG XIII plie bagage », Libération,‎
  16. « Le PSG Rugby League s’arrête », La Croix,‎
  17. (en) Andy Wilson, « Paris left to sink where subsidy used to be », The Guardian,‎ , p. 10
  18. « Les Dragons, héritiers du PSG Rugby League », L’Équipe,‎
  19. (en) Andy Wilson, « Huddersfield in, Paris out », The Guardian, London,‎ , p. 25 (lire en ligne)
  20. (en) John Huxley, Play the Game: Rugby League, London, Ward Lock, (ISBN 9780706377125), « History & development of rugby league », p. 17
  21. (en) « Toulouse frappe à la porte », La Dépêche,‎ (lire en ligne)
  22. (en) Olivier Villepreux et Pascal Thomazeau, « Les Dragons réchauffent le cœur des treizistes »,
  23. (en) Paul Fitzpatrick, « Warriors turn to woman », The Guardian,‎ , p. 27 (lire en ligne)
  24. « Quand le Paris Saint-Germain évoluait en Super League de rugby à XIII », L’Indépendant,‎ (lire en ligne)
  25. Philippe Rochette, « Fouroux quitte le PSG XIII », Libération,‎ , p. 20