Paris-Roubaix 1919

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Paris-Roubaix 1919
1919pelissier.jpg
Henri Pélissier, vainqueur
Généralités
Course
20e Paris-Roubaix
Date
Distance
280 km
Pays
Lieu de départ
Lieu d'arrivée
Avenue de Jussieu (actuelle avenue Jean Jaurès) (Roubaix)
Pays traversé(s)
Coureurs au départ
77
Coureurs à l'arrivée
25
Vitesse moyenne
22,857 km/h
Résultats
Vainqueur
Deuxième
Troisième

La 20e édition de la course cycliste Paris-Roubaix a eu lieu le et a été remportée par le Français Henri Pélissier.

Présentation[modifier | modifier le code]

« Voyez ! Pâques ramène l'envolée de ses cloches, l'éclosion des bourgeons, la naissance du Printemps. Pâques nous donne une fois de plus, la vingtième, la course classique de Paris-Roubaix, la belle épreuve de début où les jeunes espoirs font battre des poitrines nouvelles, les vieilles gloires tendent leurs volontés contre la marée montante ambitieuse des nouveaux venus. »

— Henri Desgrange, L'Auto du 20 avril 1919[1]

À la fin du mois de janvier 1919, Henri Desgrange, le patron de L'Auto, décide d'organiser à nouveau Paris-Roubaix dont la dernière édition a eu lieu en 1914. Le parcours est celui d'avant-guerre jusqu'à Doullens, en passant par Le Vésinet, Beauvais, Méru et Amiens. L'état des routes, endommagées par quatre années de guerre, rend en revanche impossible le passage par la ville d'Arras, c'est pourquoi un passage par Saint-Pol-sur-Ternoise puis le bassin houiller à Béthune est envisagé par les organisateurs[2]. Le coureur français Eugène Christophe est chargé par Henri Desgrange d'accompagner un journaliste de L'Auto pour reconnaître le parcours et valider la décision d'emprunter ces routes[3]. Alors que la piste du vélodrome de Roubaix, détruite par les Allemands, est impraticable, les organisateurs décident de fixer l'arrivée sur l'avenue de Jussieu[4].

Les opérations de contrôle durant lesquelles les vélos des concurrents sont poinçonnés ont lieu au siège de L'Auto, rue du Faubourg-Montmartre, et se déroulent sur deux journées : le vendredi 18 avril, elles concernent les coureurs issus de la région parisienne, tandis que les coureurs étrangers ou de la province sont conviés le lendemain. Soixante-dix-sept des 132 inscrits prennent finalement le départ, parmi lesquels 39 Belges, 37 Français et un Suisse, le recordman de l'heure Oscar Egg[5]. Plusieurs coureurs font figure de favoris, à l'image des Belges Philippe Thys et Odile Defraye, anciens vainqueurs du Tour de France, ainsi que leurs compatriotes Charles Deruyter, Louis Mottiat, Louis Heusghem, Firmin Lambot et Jules Masselis. Du côté des Français, Henri Pélissier, Eugène Christophe, Jean Alavoine, Maurice Brocco et Paul Duboc représentent les meilleurs chances de victoire[6]. L'Italien Gaetano Belloni, vainqueur de Milan-San Remo en 1917 et du Tour de Lombardie en 1918 est le principal absent au départ de ce Paris-Roubaix, de même que le Belge Marcel Buysse[7].

Récit de la course[modifier | modifier le code]

Le départ de la course est donné de Suresnes le 20 avril 1919, où les membres du Vélo-Club de Levallois et de l'Audax Club Parisien sont chargés du service d'ordre. Les conditions météorologiques sont favorables lors des premiers kilomètres et les coureurs restent groupés, à faible allure, jusqu'à Beauvais. À partir de Breteuil, après 112 kilomètres de course, une violente chute des températures conjuguée à un fort vent du nord durcit la course. Plusieurs coureurs sont lâchés à l'arrière, tandis que des favoris abandonnent en arrivant à Amiens, comme Jean Alavoine, Charles Deruyter et Maurice Brocco[8].

À la sortie de Saint-Pol-sur-Ternoise, un groupe de neuf coureurs est en tête de la course, composé de Philippe Thys, Dieudonné Gauthy, Jean Rossius, Alfons Spiessens, Louis Heusghem, Francis et Henri Pélissier, Honoré Barthélémy et Robert Jacquinot. Entre Cambrin et La Bassée, Francis Pélissier place une violente attaque que seul son frère Henri peut suivre, tandis que Philippe Thys les rejoint quelques kilomètres plus loin, avant d'imposer un rythme soutenu sur les pavés d'Annœullin. Victime d'une fringale, Francis Pélissier lâche prise, rapidement rattrapé par Honoré Barthélémy qui rejoint à son tour les deux hommes de tête. Les trois hommes arrivent ensemble à Roubaix. Henri Pélissier lance le sprint et s'impose devant Philippe Thys et Honoré Barthélémy, montrant sa satisfaction : « Ma course fut sans histoire et exempte d'incidents. Pas de crevaison, pas de bûche ! Mais ce fut dur ! Je suis parti à l'endroit précis que je m'étais fixé en reconnaissant le parcours[9] ».

Classement final[modifier | modifier le code]

Classement final[10]
  Coureur Pays Équipe Temps
1er Henri Pélissier Drapeau de la France France JB Louvet en 12 h 15
2e Philippe Thys Drapeau de la Belgique Belgique La Sportive m.t.
3e Honoré Barthélémy Drapeau de la France France La Sportive m.t.
4e Louis Heusghem Drapeau de la Belgique Belgique La Sportive + 01'00"
5e Alexis Michiels Drapeau de la Belgique Belgique La Sportive + 01'00"
6e Francis Pélissier Drapeau de la France France JB Louvet + 10'00"
7e Jean Rossius Drapeau de la Belgique Belgique Alcyon + 15'00"
8e Émile Masson Drapeau de la Belgique Belgique Alcyon + 15'30"
9e Eugène Christophe Drapeau de la France France La Sportive + 16'00"
10e Alfred Steux Drapeau de la Belgique Belgique La Sportive + 24'00"

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bourgier 2014, p. 35.
  2. Bourgier 2014, p. 36.
  3. Bourgier 2014, p. 37.
  4. Bourgier 2014, p. 38.
  5. Bourgier 2014, p. 40.
  6. Bourgier 2014, p. 41.
  7. Bourgier 2014, p. 42.
  8. Bourgier 2014, p. 43-44.
  9. Bourgier 2014, p. 45-48.
  10. Bourgier 2014, p. 145.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Dargenton et Pascal Sergent, « Paris-Roubaix, une classique unique », Coups de pédales, no hors-série 18,‎
  • Jean-Paul Bourgier, 1919, le Tour renaît de l'enfer : De Paris-Roubaix au premier maillot jaune, Toulouse, Le Pas d'oiseau, , 158 p. (ISBN 978-2-917971-38-3)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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