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Parc national de Cradle Mountain-Lake St Clair

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Parc national de Cradle Mountain-Lake St Clair
Cradle Mountain (à droite) et Little Horn (à gauche) surplombant le lac Dove
Géographie
Pays
État
Ville proche
Superficie
1 616 km2[1]
Partie de
Administration
Type
Catégorie UICN
II
WDPA
Création
Administration
Site web

Le parc national de Cradle Mountain-Lake St Clair est un parc national australien, en Tasmanie, à 165 km au nord-ouest de Hobart. Ses sites les plus renommés sont la Cradle Mountain (Montagne berceau) au nord, et le lac Saint Clair au sud, le lac le plus profond d'Australie. Ce parc fait partie du site du patrimoine mondial de la zone de nature sauvage de Tasmanie.

La zone a été déclarée réserve panoramique en 1922, réserve faunique en 1928 et parc national en 1947.

Géographie

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Le nom de Cradle Mountain en Palawa Kani est Wulinantikala, celui du lac Saint Clair est Liyawulina[2].

Le parc national est situé dans les hautes terres du centre de la Tasmanie. Il abrite de nombreux lacs de montagne, des cascades, des gorges, des chaînes de montagnes et le plus haut sommet de Tasmanie, le mont Ossa (1 617 m), ainsi qu'Artillery Knob (1 216 m), prisés des randonneurs et des alpinistes. Les zones de plus basse altitude sont couvertes de vastes forêts. On distingue quatre régions distinctes : la région de Cradle Mountain, avec ses tourbières, ses gorges et ses vallées ; la chaîne Pelion ; la chaîne accidentée de Du Cane (en) ; et enfin la région du lac Saint Clair.

Comme une grande partie des hauts plateaux de Tasmanie, le lac Saint Clair est le résultat d'une glaciation intense lors des précédentes périodes glaciaires. Des moraines, où les débris sont poussés vers les marges du glacier, s'étendent sur une partie du lac, qui est le plus profond d'Australie, avec une profondeur maximale de 167 mètres.

Le parc contient de nombreux sentiers de randonnées. Le plus célèbre est l'Overland Track[3] qui le traverse du nord au sud, reliant Ronny Creek, non loin du lac Dove, à la baie Cynthia du lac Saint Clair sur une distance de 65 km[4].

Le parc possède deux points d'accès très éloignés les uns des autres : Cradle Mountain au nord et le lac St Clair au sud. Il n'existe aucune route directe traversant le parc pour relier ses deux extrémités.

Le parc national de Cradle Mountain–Lake St Clair se situe à la frontière entre les nations aborigènes de Big River et celles du nord de la Tasmanie. L'occupation aborigène de Cradle Mountain remonte à la fin de la dernière période glaciaire (il y a 10 000 ans) et aurait été non permanente, consistant principalement en des excursions de chasse saisonnières durant l'été. Plusieurs artefacts et sites de campement contenant divers types de pierres et d'outils ont été découverts à Pelion Plains et au lac St Clair, et les premiers arpenteurs ont signalé la présence de huttes dans la région. Les Aborigènes de Tasmanie ont été persécutés par les colons européens à leur arrivée, et les derniers Aborigènes libres de la région ont été aperçus entre Barn Bluff et le lac Windemere en 1836.

Les Européens explorent Cradle Mountain pour la première fois en 1827 et 1828, Joseph Fossey et Henry Hellyer (en) effectuant des relevés topographiques pour la Compagnie de la Terre de Van Diemen. Le lac St Clair est aperçu par le géomètre William Sharland en 1832, et George Frankland (en) y mène une expédition trois ans plus tard.

À la fin du XIXe siècle débute la construction d'une voie ferrée vers la côte ouest de la Tasmanie, alors accessible uniquement par bateau. L'ingénieur ferroviaire Allan Stewart commence à tracer un itinéraire remontant la vallée de la Mersey, mais il manque de fonds avant de pouvoir l'achever. Une partie de ce tracé est empruntée par la piste d'Innes (créée en 1897), qui mène à la ville minière de Rosebery (en).

Ces pistes encouragent la prospection minière, et plusieurs mines sont ouvertes : charbon près de Barn Bluff, cuivre dans la chaîne Pélion, au lac Windemere et à Commonwealth Creek, étain à Mount Inglis et tungstène dans la vallée de la Forth.

Des trappeurs travaillent dans la région depuis les années 1860 jusqu'à l'effondrement du commerce de la fourrure dans les années 1950, bien que la chasse dans le parc ait été interdite après 1927. Ils établissent des cabanes, notamment à Du Cane et Pine Valley, et pratiquent le brûlage dirigé pour favoriser la repousse de la végétation et le gibier.

Durant la même période, les plaines de Pélion servent de pâturage estival aux moutons et aux bovins, et des bovins sauvages, réputés pour leur agressivité, y vivent jusqu'en 1948.

Le lac St Clair et Cradle Mountain sont tous deux considérés par les colons européens comme des destinations attrayantes, et des gîtes touristiques y sont aménagés. C'est l'action de Gustav Weindorfer (en), d'origine autrichienne, et de son épouse Kate qui permet finalement que Cradle Mountain soit déclarée parc national[5]. En 1912, les Weindorfer construisent une maison rustique et un chalet d'hôtes, « Waldheim », à Cradle Valley[6]. Weindorfer et un petit groupe de fervents défenseurs militent pour la préservation du site et, en mai 1922[7], une zone de 63 943 hectares est classée réserve naturelle[8].

Déclarée réserve faunique en 1928[9], la zone obtient son statut actuel de parc national en 1947[10]. Durant cette période de transition, d'anciens trappeurs commencent à construire des cabanes et à guider les randonneurs.

Dans les années 1970, la gestion du parc est confiée au tout nouveau Service des parcs et de la faune de Tasmanie.

Le parc est incorporé en 1982 dans la Zone de nature sauvage de Tasmanie, déclarée Patrimoine mondial par l'UNESCO[11].

La chaîne Pélion vue du mont Oakleigh

Faune et flore

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La région de Cradle Mountain présente des contrastes géologiques marqués, façonnés par l'érosion et la sédimentation glaciaires au cours des deux derniers millions d'années. Les différents glaciers qui l'ont recouverte ont laissé une grande variété de formations glaciaires, dont la vallée de la rivière Dove, ainsi que de nombreux lacs et étangs.

Cradle Mountain abrite une mosaïque diversifiée de communautés végétales, allant de la forêt tropicale humide aux landes à tussac. On y trouve des plantes anciennes d'origine gondwanienne, notamment des conifères endémiques à longue durée de vie comme le pin King Billy, le pin crayon (Athrotaxis cupressoides) et le pin à cime céleri, ainsi que le hêtre caduc de Tasmanie qui colore les flancs des collines chaque automne.

L'héritage gondwanien de la région se manifeste également par la présence d'espèces telles que les vers de velours, les poissons de la famille des Galaxiidae, les insectes aquatiques et les crustacés. D'autres invertébrés, comme la teigne du pin crayon, révèlent des liens encore plus anciens avec le supercontinent Pangée.

Le parc abrite une grande variété d'habitats. Il est le foyer de certains des plus grands marsupiaux carnivores du monde, le diable de Tasmanie, le quoll à queue tachetée et le quoll oriental. On y trouve aussi des wombats, des ornithorynques et des échidnés, des pademelons de Tasmanie, des wallabies de Bennett, des dasyures et des currawongs.

Notes et références

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  1. TPRS Reserve Listing
  2. Tasmania Aboriginal Centre
  3. Overland Track, 65 km entre réserves naturelles et chutes d’eau.
  4. « Overland Track | Parks & Wildlife Service Tasmania », sur parks.tas.gov.au
  5. (en) « Gustav Weindorfer and Cradle Mountain », sur ABC Education,
  6. Mendel 1999, p. 37-42.
  7. Mendel 1999, p. 47-49.
  8. « Cradle Mountain | Parks & Wildlife Service Tasmania », sur parks.tas.gov.au
  9. Mendel 1999, p. 50.
  10. Quarmby 2006, p. 102-114.
  11. UNESCO Centre du patrimoine mondial, « Zone de nature sauvage de Tasmanie », sur UNESCO Centre du patrimoine mondial

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • (en) Michael Charles Byers, Tourism and bushwalking in the Cradle Mountain-Lake St Clair National Park context, characteristics and impacts, University of Tasmania, (lire en ligne).
  • (en) Louise Mendel, Scenery to wilderness: National park development in Tasmania, 1916-1992, University of Tasmania, (lire en ligne).
  • (en) Debbie Quarmby, The Politics of Parks, A History of Tasmania’s National Parks 1885-2005, Perth, Murdoch University, (lire en ligne).
  • (en) Lon D. Abbott, « Fire and Ice: The Geoheritage of Tasmania’s Cradle Mountain–Lake St. Clair National Park », GSA Today, vol. 36, no 1,‎ , p. 26-30 (DOI 10.1130/GSATG122GH.1 Accès libre).

Articles connexes

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Liens externes

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