Parc d'Enghien

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Parc d'Enghien
Image illustrative de l'article Parc d'Enghien
Domaine d'Enghien sur la carte de Ferraris, 1775.
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Commune Enghien, Silly
Superficie 1,82 km2
Histoire
Création 1986
Caractéristiques
Type paysager
Essences roses, dahlias, arbres
Gestion
Propriétaire Commune d'Enghien
Protection Arrêté du 20 novembre 1972
Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine exceptionnel (2013, Le pavillon des Sept Étoiles et l'ensemble formé par le château, les dépendances et le parc du Château d'Arenberg, à l'exclusion du parcours de golf, no 55010-PEX-0001-02)
Lien Internet http://www.enghien-edingen.be/index.php?id=29
Localisation
Coordonnées 50° 41′ 34″ nord, 4° 02′ 28″ est

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Parc d'Enghien

Le parc d'Enghien (ou le Domaine d'Arenberg) est un domaine de 182 hectares situé sur les communes belges d'Enghien et de Silly[1], créé entre 1630 et 1665 par la famille d'Arenberg. Acquis par la commune en 1986, il est aujourd'hui accessible au public. Espace vert exceptionnel, il est parsemé de pièces d'eau, de jardins et de bâtiments qui couvrent près de 400 ans d'histoire.

« Les jardins d'Enghien sont la plus belle chose du monde et la plus extraordinaire, mais il faudrait un temps infini pour en faire la description. »

— Mémoires de Mademoiselle de Montpensier, dans Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France, vols XL-XLIII, Paris, 1825.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Une première forteresse fut construite vers 1166 par les 1ers seigneurs d'Enghien et détruite par Baudouin V de Hainaut. Un nouveau château est construit au début du XIIIe siècle un château, à l'emplacement de l'actuelle entrée du parc.

XVe siècle[modifier | modifier le code]

Pierre II de Luxembourg-Saint-Pol transmet le domaine à sa fille, Françoise de Luxembourg dont le mariage avec Philippe de Clèves est fêté au domaine d'Enghien en 1485. Comme Françoise de Luxembourg décède en 1523 sans enfant, le domaine revient à sa sœur Marie de Luxembourg (décédée en 1546). Marie de Luxembourg décède en 1546, après son propre fils, Charles de Bourbon, mort en 1537. C'est donc le petit-fils de Marie de Luxembourg, Antoine de Bourbon (1518-1562) qui hérite du domaine. L'héritier d'Antoine de Bourbon, est son fils Henri de Bourbon, c'est-à-dire le futur roi de France Henri IV (1553-1610).

Les Arenberg[modifier | modifier le code]

Le , Henri IV vend le domaine d'Enghien à Charles d'Arenberg (1550-1616). Jusqu'alors surtout forestier, les Arenberg donnent au parc l'aspect qu'on lui connait aujourd'hui : la propriété est profondément restaurée et embellie.

« La végétation du parc est luxuriante ; les statues, les vases décoratifs du plus beau marbre de Gènes abondent. Les allées sont bordées de bancs de pierre, de piédestaux portant les bustes de princes, souvent d'un grand mérite et qui sont comme un souvenir des goûts artistiques des princes de la maison d'Arenberg. De nombreux bâtiments disséminés dans le parc contribuent à son embellissement. (De Seyn, 1933) »

« Le souci de coller aux réalités du terrain et de tirer parti des eaux naturellement fournies par le réseau hydrographique local amena Charles d'Arenberg à créer un vaste réseau hydraulique. D'une part l'Odru coule sur le versant sud et alimente le canal. D'autre part, le versant est ramène les eaux dans un immense réservoir qui borde la chaussée Brunehaut, appelé étang Munoz du nom du chanoine hydraulicien de Mons qui conçut le système. Il se situe légèrement plus haut que le bassin des Sept étoiles qu'il alimente. C'est dans ce vallon que prend place l'étang des Balustres qui approvisionne au point haut les fossés de la ville. Avec le temps, d'autres aménagements hydrauliques viendront prendre place à l'est et surtout au sud de l'Estang : barrages, bassins, canaux, vannes, siphons permettent de contrôler tout en contribuant à leur salubrité. (Bavay et al., 1993) »

Un incendie ravage partiellement le château en 1645.

Le domaine est pillé par les révolutionnaires en 1793. En 1803, quand les Arenberg reviennent au domaine, le château est en ruine et les arbres du domaine ont été coupés. Le duc Louis-Engelbert d'Arenberg se résout à raser le château en 1806, ne conservant que la chapelle que l'on peut encore voir.

Un nouveau château est reconstruit sur le terrain de l'ancien, mais il brûle, le jour même de son inauguration.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le domaine reste dans la famille d'Aremberg jusqu'à son achat, au XXe siècle, par François Empain, frère du baron Édouard Louis Joseph Empain, avec l'obligation d'y faire bâtir un château. Ce qui fut fait en 1913. Entre ses mains, le parc s'embellit et se planta des nombreuses statues encore visibles aujourd'hui. L'entretien et la restauration des bâtiments laissa néanmoins à désirer ; un des pavillons du jardin fut même rasé pour installer un cours de tennis. Partagé par le tracé de la nouvelle autoroute A8, le domaine est mis en vente. En 1986, la commune d'Enghien en achète une parcelle de 182 hectares, qu'elle restaure et ouvre au public.

Éléments remarquables[modifier | modifier le code]

Château Empain[modifier | modifier le code]

Le château Empain, construit en 1913

Le château Empain d'une surface habitable de 450 m2 a été construit en 1913 par l'architecte Alexandre Marcel pour le baron François Empain, sur l'emplacement de l'ancienne orangerie du domaine. Les deux ailes latérales datent de 1926. Propriété de la commune d'Enghien depuis 1986, il est aujourd'hui loué pour l'organisation d'événements.

Le parc et le pavillon des Sept étoiles[modifier | modifier le code]

Le pavillon dit des Sept étoiles, ou temple d'Hercule, fut construit vers 1650 par le père capucin Charles de Bruxelles (i. e. Antoine d'Arenberg) au point culminant du domaine. Il s'agissait d'un point d'observation des cieux, d'un observatoire, conçu à une période où l'astronomie prend un essor nouveau avec les découvertes de Galilée et Copernic. De ce point surélevé, il était possible d'observer l'horizon et le ciel à 360°.

Pavillon des Sept étoiles après les restaurations de 2006.

Le nom du pavillon fait référence aux sept planètes qui peuvent être observées à l’œil nu. Le pavillon se trouve au centre d'une pièce d'eau, elle-même placée au centre d'un parc triangulaire. De la pièce d'eau, rayonnent 7 allées principales et sept allées secondaires à travers un jardin heptagonal à la française[2] - cette structure est bien visible sur la carte de Ferraris. Au bout des allées secondaires, se trouvaient les statues des sept planètes connues à l’époque.

Le pavillon a fait l'objet d'une importante campagne de restauration en 2006[3].

Anciennes écuries[modifier | modifier le code]

La porte des esclaves[modifier | modifier le code]

Construite vers 1660 sur les plans de Charles d’Arenberg, le portique de style baroque qui évoque un arc de triomphe se trouvait initialement au lieu-dit la Patte d’Oie et ouvrait la vue sur le Pavillon des Sept Étoiles.

Elle doit son nom aux huit statues de plomb représentant des Slaves enchaînés qui ornaient les angles de sa terrasse et encadraient la statue du duc Philippe-Charles. En 1725, le duc Léopold d’Aremberg la fait déplacer vers son emplacement actuel pour en faire l’entrée principale du domaine.

Dans le pillage du domaine en 1793, les statues sont volées pour en récupérer la matière.

Tour ancienne[modifier | modifier le code]

Une tour isolée dans le parc est le dernier vestige du château construit par les seigneurs d'Enghien au milieu du XIIIe siècle. La base de la tour est d'origine, les autres parties sont le résultat des transformations menées en 1512 par Philippe de Clèves, qui, en particulier, ajouta deux étages et le toit que l'on voit encore aujourd'hui.

Une douzaine de membres de la famille d'Arenberg y furent enterrés entre 1868 et 1914.

Jardin des fleurs[modifier | modifier le code]

Le jardin des fleurs est un jardin carré et clos à la française, planté au XVIIe autour d'un bassin central orné de coquilles de crustacés. Il a été entièrement restauré en 1998 sur base des archives disponibles. Deux pavillons, une balustrade de pierre bleue et un escalier en arc de cercle marquent sont accès principal.

Enghien 050918 (17).jpg

Roseraie[modifier | modifier le code]

Conservatoire européen du dahlia[modifier | modifier le code]

Le conservatoire européen du dahlia regroupe 540 variétés de dahlias issues du monde entier et continue d'étendre ses collections.

Protections[modifier | modifier le code]

Domaine et bâtiments[modifier | modifier le code]

L'ensemble composé du château, du parc et des pièces d'eau est inscrit à la liste du Patrimoine immobilier exceptionnel de la Région wallonne.

  • arrêté du 20 novembre 1972, publié au Moniteur belge le 8 janvier 1974 : classement (réf. : 55010-CLT-0008-01) ; arrêté modificatif 25 octobre 1973.

Les bâtiments anciens situés à l'entrée de la propriété du château d'Enghien, notamment les anciennes écuries, le pavillon Édouard, la porte des esclaves, la chapelle et le pavillon dit "Pavillon des Sept Étoiles" ainsi que l'ensemble formé par le château, ses dépendances et les terrains avoisinants

  • 21 septembre 1989.
  • arrêté du 7 février 2013, publié au Moniteur belge le 8 mars 2013, entrée en vigueur le 8 mars 2013 : classement du site et des bâtiments situés sur la commune de Silly (réf. : 55010-PEX-0001-02)

Le pavillon des Sept Étoiles et l'ensemble formé par le château, les dépendances et le parc du Château d'Arenberg, à l'exclusion du parcours de golf.

Voir aussi : Liste du patrimoine immobilier classé d'Enghien et Liste du patrimoine immobilier classé de Silly.

Site de Grand Intérêt Biologique[modifier | modifier le code]

Voir : http://biodiversite.wallonie.be/fr/283-parc-d-enghien.html?IDD=251661077&IDC=1881

Le Parc aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le Parc d'Enghien accueille aujourd'hui divers événements.

- LaSemo, festival pluridisciplinaire (musique, spectacles, gastronomie, jeunes publics, artisanat, ...) s'y est établi depuis 2013.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Présentation du parc et de son histoire sur le site de la commune
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Présentation du parc sur le site des Parcs et jardins exceptionnels de Wallonie
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Le grand parc
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article G. Bavay et al. Enghien-Silly, in : Le patrimoine majeur de Wallonie, 1993, p. 105-111.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article E. De Seyn, Dictionnaire historique et géographique des communes belges, Bruxelles, Bielveld éditeur, 1933.
  • Notice du parc sur le site La biodiversité en Wallonie, en ligne.
  • Marie-Cécile Bruwier, Dans les fleurs de lotus des Empain : monuments égyptisants au parc et au château d’Enghien, in : Annales du Cercle archéologique d’Enghien, 1997 (t. XXXI), p. 175-215.
  • Anonyme, Recensement de l'avifaune peuplant le domaine de Monsieur le Baron Empain à Enghien, 1985.
  • C. Marchi, A Enghien dans un jardin, mémoire de licence en histoire de l'art, UCL, 1987.
  • Y. Delannoy, Le parc d'Enghien : notices iconographie et historique : texte et planches, ACAE XIX, p. 1-110.
  • Y. Delannoy, Le parc d'Enghien et ses divers prospects…, Tablettes du Hainaut, t. V, Herne, s. d., p. 225-246.
  • J. Descheemaeker, Histoire de la Maison d'Arenberg d'après les archives françaises, Neuilly, 1969.
  • Charles de Bruxelles (i. e. Antoine d'Arenberg), Brieve description de la ville, chasteau et parc d'Enghien, ms. 1665, A.G.R., fond d'Arenberg, Biographie, reg. 1, f° 64-82, éd. ACAE VIII, p. 103-128.
  • N. Seys, Geschiedenis van het park te Edingen aangelegd door de familie Arenberg 17e tot en met de 19e eeuw, Leuven, 1986. Mémoire de licence K.U.L.

Notes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Seulement 9,65 hectares du domaine se trouvent sur Silly.
  2. Photo aérienne du parc des Sept étoiles ; photo du pavillon.
  3. Bruno Deheneffe, Le temple d'Hercule retrouve son lustre, Le Soir, 8 septembre 2006, p. 12.