Parasol chauffant

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Détail d'un parasol chauffant.

Un parasol chauffant est un appareil de chauffage extérieur se présentant généralement sous la forme d'un brasero monté sur un long pied vertical et surmonté d'un petit chapiteau cylindrique, d'où son nom le comparant à un parasol. Il fonctionne généralement au gaz, mais des équivalents fonctionnant au pétrole ou à l’électricité (radiant) existent.

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis la fin du XXe siècle, pour notamment satisfaire des clients fumeurs et augmenter la surface du commerce, le parasol chauffant est de plus en plus utilisé dans la restauration et dans les bars pour chauffer les terrasses en hiver et par temps froid ou frais.

En France, début 2020, sur environ 13 500 terrasses parisiennes, 8 100 (60 %) utilisent un chauffage extérieur électrique ou au gaz fonctionnant en moyenne 120 jours par an, 14 heures par jour[1] ; elles correspondraient à 30 % du chiffre d’affaires durant les cinq mois (mi-novembre à mi-mars) les plus froids de l'année, selon le président de la branche « Cafés, bars, brasseries » du syndicat GNI-Synhorcat.

Impacts environnementaux[modifier | modifier le code]

L'augmentation du nombre de terrasses chauffant l'air extérieur a des effets sur l'environnement et est une source de gaspillage énergétique[2],[1].

En 2008, alors que le nombre de terrasses chauffées augmentait fortement, au moins en partie en réponse à l'interdition (décret Bertrand) de fumer dans les cafés, restaurants et lieux publics, trois députés écologistes ont déposé une proposition de loi pour interdire ces braseros, proposition mal accueillie par les organisations représentant les cafetiers et restaurateurs, qui n'a pas eu de suites en dépit du contexte des conférences internationales sur le changement climatique. En France, à Paris, un débat a lieu au conseil municipal, et un vœu adopté en 2008 prévoit de recenser les terrasses chauffées de la ville et on vote un projet de bilan des émissions de gaz à effet de serre associé à une recherche de solutions moins polluantes, mais « Il est hors de question d'interdire les terrasses chauffées » commente alors Lyne Cohen-Solal, adjointe au maire chargée du commerce. Au niveau européen, un rapport du parlement européen sur les moyens d'améliorer l'efficacité énergétique recommande (avis non contraignant) l'interdiction des systèmes de chauffage de terrasses[réf. nécessaire].

En 2009, en France, alors que le sommet de Copenhague peine à trouver des solutions ambitieuses, le Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synhorcat) estimait qu'environ 50 % des établissements s'étaient aménagé un espace chauffé à l'extérieur  « un accessoire de mode qui valorise l'intérieur » selon la porte-parole du Synhorcat qui ajoutait que jusqu'à 20 % du chiffre d'affaires de certains établissements, (« dans les grandes villes et les régions touristiques » surtout. Cette même année, Jean-Marc Jancovici (ingénieur énergéticien et fondateur du cabinet de conseil Carbone 4), relayé par Le Figaro a montré que le bilan carbone d'une terrasse équipée de quatre braseros au gaz, fonctionnant à leur maximum durant huit heures, émet autant de CO2 que parcourir 350 km en voiture[3]. Dans le même temps, ces terrasses, lorsqu'elles sont ouvertes toute la nuit ou tard le soir sont parfois considérées comme une nuisance par le voisinage qui se signale notamment par des pétitions protestant contte les « Conversations interminables, rires tonitruants, tintements de verres et odeur de cigarettes. L'été venu, dans les quartiers les plus animés de Paris, comme dans les grandes villes de province, des riverains se mobilisent pour protester contre les nuisances sonores qui troublent leur sommeil » note indique Thierry Ottaviani (président de SOS Bruit)[4].

En 2019, Jacques Boutault (élu maire du 2e arrondissement en 2001, EELV) estime que « Chauffer 12 mètres carrés pendant une journée de service a le même impact pour la planète qu'un Paris-Rennes en SUV ». Il dépose un vœu pour les interdire à Paris, arguant de la situation d'urgence climatique, et du fait que la ville de Paris se veut championne du monde du climat, rappelant qu'on se moque du Qatar qui veut climatiser ses rues et ses stades, alors qu'en France on continue à chauffer dehors[5]. Sur France-Info, Thierry Salomon, ingénieur et président de l'association NégaWatt note que dix heures de chauffe d'une grande terrasse avec une quinzaine de systèmes « correspond à la consommation électrique annuelle de dix à quinze ménages pour les appareils électriques domestiques, hors chauffage »[5].

En 2020, alors que le nombre de terrasses chauffées a encore augmenté, Thierry Salomon (énergéticien) a calculé qu'en considérant qu'une terrasse parisienne moyenne couvre 5 × 15 m et que chaque brasero chauffe 5 m2 ; rien qu'à Paris 40 000 braseros (de 8 kWh chacun en moyenne) fonctionnant 14 heures par jour et 120 jours par an consomment autant d'énergie (403 millions de kilowatt-heures) que 110 000 vols Paris-New York ou 241 tours du monde en voiture, ou encore 110 000 ans de chauffage pour un trois pièces, et émettent l'équivalent d'environ 110 000 tonnes de CO2 dans l'atmosphère[6].

Réglementation ou projets d'interdiction[modifier | modifier le code]

En France, à Rennes et Paris selon les élus qui souhaitent une interdiction, les commerçants semblent prêts à ne pas chauffer leur terrasse, à condition que les règles soient identiques pour tous, selon Jacques Boutault[5].

  • En février 2012, le maire, Jean Denais, et le conseil municipal de Thonon-les-Bains votent une interdiction des systèmes de chauffage extérieurs de quelques établissements de la commune[5]. La ville de Rennes décide en de les interdites à partir du .
  • Après que le maire du 2e arrondissement de Paris Jacques Boutault a déposé un voeu pour faire de même à partir de 2020, la mairie de Paris rejette le voeu, mais annonce une concertation après les élections municipales de 2020.
  • En janvier 2020, Angers étudie aussi la possibiloité d'interdire le chauffage extérieur[7].
  • Les parasols chauffants doivent être interdits au printemps 2021 à la suite de la convention citoyenne pour le climat[8],[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marcel Benezet (président de la branche « Cafés, bars, brasseries » du syndicat GNI-Synhorcat), cité par Louise Ginies, « Les terrasses chauffées parisiennes consomment l’équivalent de 110 000 vols Paris-New York », NEON, le 10 janvier 2020.
  2. (en) « Patio heaters ban debate hots up », Energy Savings Trust, .
  3. « Polémique autour des terrasses chauffées », Le Figaro, (consulté le 8 mars 2021).
  4. Delphine Chayet, Les pétitions se multiplient contre les terrasses fumeurs, Le figaro, le 11 août 2009.
  5. a b c et d Olivier Philippe-Viela, Pourquoi les terrasses chauffées agacent autant les écologistes, le .
  6. Ines Clivio, Les terrasses de café chauffées consomment autant que 240 tours du monde en voiture, Les Échos Start, .
  7. Frédéric Mouchon, Interdiction des terrasses chauffées : après Rennes, et si d’autres villes suivaient…, Le Parisien, 03 janvier 2020.
  8. « Le chauffage en terrasse ne sera interdit qu’après l’hiver 2021 », sur L'Obs (consulté le 1er mars 2021).
  9. « Les terrasses chauffées interdites en 2021 », sur Le Figaro (consulté le 1er mars 2021).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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