Papyrus Edwin Smith

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Planches vi et vii du papyrus Edwin Smith, conservé dans la pièce des livres rares de l’académie de médecine de New York. Les planches montrées ici traitent des traumatismes faciaux.

Le papyrus Edwin Smith a été acheté à un revendeur par le collectionneur Edwin Smith à Thèbes en 1862, et traduit et publié en 1930 par l'égyptologue James Henry Breasted. C’est le plus ancien document connu traitant de chirurgie, Il fut rédigé, ou plus probablement recopié, vers 1500 av. J.-C., sous les XVIe et XVIIe dynasties du Nouvel Empire de l’Égypte antique[1]. Probablement rédigé pour usage militaire, ce traité décrit quarante-huit cas de blessures, fractures, dislocations ou tumeurs et leur traitement. À la différence d'autres traités de la même époque ou même plus tardifs, ce texte adopte une approche rationnelle et scientifique de la médecine où la magie n'est pas présente. C'est aussi le tout premier document écrit utilisant le mot « cerveau » et établissant le lien entre cet organe et les fonctions qu'on lui connaît de nos jours, notamment la motricité[2],[3].

Présentation[modifier | modifier le code]

Disposition anatomique des 48 affections médicales et cas de blessures décrites dans le traité.

Écrit en caractères hiératiques pendant le Nouvel Empire de l’Égypte antique, vers le XVIIe siècle avant notre ère, ce traité décrit avec force détails les observations anatomiques et cliniques, les traumatismes et les traitements appliqués pour 48 affections médicales relevées sur un grand nombre de cas, ainsi que les pronostics associés à ces traitements. Cela fait de ce document l'un des plus anciens textes médicaux qui nous soit parvenu.

Presque exempt de toute magie, il mentionne différents actes chirurgicaux, la fermeture avec les premières descriptions connues des sutures des plaies thoraciques, des méninges, des os du crâne, de la surface externe du cortex cérébral, du liquide céphalo-rachidien et de la pulsation intracranienne, ou des traitements préventifs ou curatifs comme l’arrêt des hémorragies avec de la viande crue, et l’immobilisation des blessures à la tête et à la moelle épinière.

Autre fait marquant, ce papyrus médical est l'une des toutes premières traces d'une association entre l'intégrité du cerveau ou du moins de la tête et les fonctions cognitives. Il est ainsi fait mention des cas de complications oculaires, de tétraplégie et d’incontinence urinaire consécutifs à des traumatismes crâniens.

Sont également décrits les autres organes vitaux du système circulatoire comme le cœur et ses liaisons avec les vaisseaux sanguins, ceux du système digestif comme la rate et le foie, ou ceux du système diurétique tel que les reins, les uretères et la vessie.

Conservé à New York, le papyrus Edwin Smith a d’abord été traduit par James Henry Breasted qui l’a publié en 1930. Le document révèle la sophistication et la praticité de la médecine de l’ancienne Égypte.

Contenu[modifier | modifier le code]

Chaque paragraphe du texte, référencés ci-dessous par leur position entre parenthèses (feuillet, lignes), porte un titre dont le début est généralement écrit en rouge.

Les premiers paragraphes concernent la tête. Les sept premiers décrivent les traumatismes crâniens causés sans doute par des armes tranchantes[4] :

  • § 4 (f 2, l 2-11) : « Traitement pour des plaies béantes à la tête, qui ont traversé l'os et abîmé le crâne »
  • § 5 (f 2, l 11-17) : « Soins pour une plaie béante à la tête avec une fracture du crâne »
  • § 6 (f 2, l 17 à f 3, l 1) : « Soins pour une plaie béante à la tête, pénétrant l'os, avec une fracture du crâne, laissant voir le cerveau de ce crâne »
  • § 7 (f 3, l 2 à f 4, l 4) : « Traitements pour un trou béant de la tête, pénétrant l'os et portant atteinte aux sutures du crâne »
  • § 8 (f 4, l 5-18) : « Traitements pour une fracture du crâne sous la peau de la tête »
  • § 9 (f 4, l 19 à f 5, l 5) : « Traitements pour une blessure sur la face qui a fracturé la carapace du crâne »
  • § 10 (f 5, l 5-9) : « Traitements pour une plaie à l'arcade sourcilière »
  • § 11 (f 5, l 10-15) : « Traitements pour une fracture du cartilage nasal »
  • § 12 (f 5, l 16 à f 6, l 3) : « Traitements pour une fracture à l'intérieur la chambre nasale »
  • § 13 (f 6, l 4-7) : « Traitements pour une fracture du nez »
  • § 14 (f 6, l 7-14) : « Traitements pour une blessure au nez »
  • § 15 (f 6, l 14-17) : « Traitement pour une perforation de la joue »
  • § 16 (f 6, l 17-21) : « Traitement pour une déchirure de la joue »
  • § 17 (f 7, l 1-7) : « Traitement pour une fracture de la joue »
  • § 18 (f 7, l 7-14) : « Traitement pour une blessure de la tempe »
  • § 19 (f 7, l 14-20) : « Traitement pour une perforation de la tempe »
  • § 20 (f 7, l 20 à f 8, l 5) : « Traitement pour une blessure à la tempe qui a pénétré l'os et perforé la tempe »
  • § 21 (f 8, l 6-9) : « Traitement pour une déchirure de la tempe »
  • § 22 (f 8, l 9-17) : « Traitement pour une fracture de la tempe »
  • § 23 (f 8, l 18-24) : « Traitement pour une blessure à l'oreille »
  • § 24 (f 8, l 24 à f 9, l 22) : « Traitement pour une fêlure de la mâchoire »
  • § 25 (f 9, l 2-6) : « Traitement pour un déboîtement de la mâchoire »
  • § 26 (f 9, l 6-13) : « Traitement pour une blessure à la lèvre »
  • § 27 (f 9, l 13-18) : « Traitement pour une blessure béante du menton »
  • § 28 (f 9, l 18 à f 10, l 3) : « Traitement pour une blessure à la gorge »

, ainsi de suite.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Robert H. Wilkins, Neurosurgical Classics, Park Ridge, American Association of Neurological Surgeons (en),‎ , XI-523 p. (ISBN 978-1588901330, OCLC 26347834, présentation en ligne).
  2. (en) Richard G. Ellenbogen, Saleem I. Abdulrauf et Laligam N. Sekhar, Principles of neurological surgery [« Principes de neurochirurgie »], Londres et Philadelphie, Elsevier (Health Sciences).
  3. (en) Principles of Neurological Surgery (trad. Saunders (imprint)),‎ [3e éd.] (1re éd. 1994), XVII-820 p. (ISBN 978-1-4377-0701-4 et 978-1-4557-2767-4, OCLC 794489305, présentation en ligne, [Saunders lire en ligne]), chap. 1er : « Landmarks in the history of neurosurgery », p. 4 (lire en ligne [html], consulté le 13 juin 2015) : « The Edwin Smith papyrus, written after 1700 BC is considered to be the oldest book on surgery per se (...) ».
  4. À cette époque, l'Égypte traversait une période de troubles.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]