Papy-boom

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Le papy-boom désigne le grand nombre de départs à la retraite qui doivent avoir lieu entre 2006 et 2025 dans les pays développés. Le papy-boom est une conséquence prévisible du baby-boom de l'après-guerre, de l'allongement de l'espérance de vie et de la baisse de la natalité qui provoque un vieillissement démographique. Ce phénomène a une influence importante sur l'ensemble de la société, en particulier dans le domaine de l’économie  : il participe à la hausse générale des dépenses de santé, il remet en question l'équilibre du financement des retraites et la stabilisation de la population active.

Depuis le début du XXIe siècle, les secteurs liés à la gestion des ressources humaines s'intéressent à la question et le terme « management des séniors » apparaît de plus en plus fréquemment chez les entreprises de recrutement, dans la presse économique et — plus récemment — dans les médias destinés au grand public.

L'emploi des séniors[modifier | modifier le code]

La France se caractérise par une grande faiblesse du taux d'emploi des séniors, à l'inverse de la situation de l'Europe du Nord (en 2009, la proportion des 50-64 ans en activité était de 38 % en France, contre 70 % en Suède).

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les entreprises doivent éviter des pertes des connaissances et de savoir-faire liées à l'expérience acquise par les seniors. Le non-remplacement des départs à la retraite peut permettre de diminuer le sureffectif dans certains secteurs, mais accentue le manque de candidats à l'embauche dans d'autres secteurs (agriculture par exemple, mais aussi PME) et déséquilibre le corps social au sein des entreprises.

Le papy-boom est une des explications de la hausse des prix de l'immobilier en France[1].

Pour Peter Praet de la BCE, le papy-boom pourrait avoir pour conséquence « une réduction de l'offre de travail et un ralentissement des gains de productivité, la croissance et les taux d'intérêt resteront bas »[2].

Financement du grand âge et de la dépendance[modifier | modifier le code]

Les pensions de retraite[modifier | modifier le code]

Au niveau politique, de nombreux États ont engagé des réformes des retraites afin de garantir le financement des pensions. La solution adoptée par un certain nombre de pays est l'augmentation de l’âge de départ à la retraite, plutôt que l'augmentation des cotisations (ou la suppression des allègements) en justifiant cela par l'augmentation de l'espérance de vie. Par exemple, en Allemagne, les gouvernements ont choisi d'élever l'âge légal du départ à la retraite de 65 à 67 ans entre 2012 et 2029[3].

Selon une étude de l'INSEE parue en 2014, la décennie 2010-2020 devrait voir en France huit millions de personnes, soit 31 % de la population active, partir en retraite[4].

Certains pays prévoyants ont mis en place des fonds de réserves pour les retraites (cas de la France pendant la période du gouvernement Jospin).

Depuis plus de vingt ans, de nombreuses réformes et actions ont été mises en œuvre : réforme Balladur, réforme de 2003, plan d'activité des séniors de 2005, réforme des régimes spéciaux de 2007, amendement Jacquat permettant aux séniors de rester en activité jusqu'à 70 ans, taxation des entreprises n'ayant pas mis en place des actions en faveur de l'emploi des séniors.

Les alternatives à la pension de retraite[modifier | modifier le code]

Commandé par le Premier Ministre, le rapport Libault[5] "Grand âge et Autonomie" est paru en mars 2019. Il préconise que "la mobilisation des patrimoines doit être facilitée pour le financement de la perte d’autonomie, à travers le développement d’instruments spécifiques, en particulier les sorties en rentes viagères des produits d’épargne, les solutions modernisées et mutualisées de viager et le prêt viager hypothécaire adapté aux situations de perte d’autonomie."

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Quintreau, Âge et emploi à l'horizon 2015, Rapport pour le Conseil Economique et Social, La documentation Française, 2001.
  • Dominique Taddeï, Scenarii et Stratégie pour une France plus active, Rapport pour le Conseil Economique et Social, La documentation Française, 2004.
  • Anne-Marie Guillemard, L'Âge de l'emploi, Armand Colin, 2003.
  • Serge Guérin et Gérard Fournier, Le Management des seniors, Eyrolles, 2009, 2e édition (Prix du livre RH Sciences Po-Syntec)
  • Robert Rochefort, Vive le papy-boom, Odile Jacob, 2004
  • Nathalie Blanpain et Olivier Chardon, « Un papy-boom aura lieu, même si l’espérance de vie ne progressait plus», Espace populations sociétés, 2011/3 | 2011, 617-637

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Vieux con, chanson de Didier Super sur l'album Vacances à vos frais (2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Arnaud Simon, Raphaël Languillon-Aussel, Sebastien Bourdin et Yasmine Essafi, « Quand le papy-boom explique le prix des logements et les recompositions territoriales », sur theconversation.com, Revue d'Economie Régionale et Urbaine Accueil RERU.
  2. Mingzi, « BCE : les dommages économiques du « papy-boom » », sur boursorama.com, .
  3. « Les Allemands passent progressivement à la retraite à 67 ans », dans Le Monde du 30/03/2007, [lire en ligne]
  4. Aurélie Abadie, « 2010-2020, la décennie du "papy-boom" », sur lesechos.fr, .
  5. Ministère des Solidarités et de la Santé et Ministère des Solidarités et de la Santé, « Rapport de la concertation Grand âge et autonomie », sur Ministère des Solidarités et de la Santé, (consulté le )