Papouasie occidentale (province indonésienne)

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Page d’aide sur l’homonymie Cet article traite de la province administrative indonésienne (nommée Papua Barat en indonésien, soit Papouasie occidentale en français). Pour l'article traitant de la moitié occidentale de Papouasie, voir Papouasie occidentale Ce lien renvoie vers une page d'homonymie.

Province de Papouasie occidentale
(id) Papua Barat
Blason de Province de Papouasie occidentale
Héraldique
Drapeau de Province de Papouasie occidentale
Drapeau
Papouasie occidentale (province indonésienne)
Carte de localisation de la province.
Administration
Pays Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Statut Province à statut spécial
Capitale Manokwari
Date(s) importante(s) 1999 : création
Gouverneur Dominggus Mandacan
Fuseau horaire UTC+9
Démographie
Population 760 855 hab. (2010)
Densité 6,6 hab./km2
Rang 33e
Géographie
Superficie 114 566 km2
Rang 5e

La Papouasie occidentale est une province d'Indonésie à statut spécial, créée en 1999 comme Irian Jaya Barat à partir de la Papouasie et inaugurée en février 2003. La province a changé son nom pour Papouasie occidentale (Papouasie Barat) le 7 février 2007[1]. Située dans le Vogelpik, l'extrême-ouest de la Nouvelle-Guinée et s'étendant sur les péninsules de Doberai et de Bomberai, la province compte 760 855 habitants en 2010. Son nom en indonésien est Papua Barat et sa capitale est Manokwari.

La Papouasie occidentale est connue notamment pour ses îles Raja Ampat, qui renferment la plus riche biodiversité marine du monde[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de l'île de Papouasie vient de Papua, lui-même dérivé du mot Papo-Ua, nom donné par le sultanat de Tidore aux terres profondes de l'île et qui signifie « Terre ni unie ni unifiée ». En effet, aucun roi ne règne sur l'île à cette époque, contrairement au reste de l'archipel des Moluques[3]. Le mot Papo signifie littéralement « à unir » et Ua signifie « pas unie », ce qui peut être rapproché du fait que le territoire a été à la fois « uni à Tidore » et « unifié en partie par Tidore ». De plus, le territoire de l'actuelle province de Papouasie occidentale était vassal du sultanat de Ternate au sein du groupe de l'Uli Siwa, contrairement au sultanat de Tidore qui était suzerain du groupe de l'Uli Lima[3],[4].

Incidemment, les Tidorais ont commencé à utiliser le terme Papua pour désigner la population et le territoire des terres profondes de l'île, certaines tribus papoues, habitant les hautes terres centrales et des forêts marécageuses du sud de la Papouasie, étant différentes tant physiquement que dans leur mode de vie des Ternatais.

Dans les dialectes de Ternate, l'expression « Papa-Ua » signifie « pas de père » ou « orphelin », qu'on peut ainsi rapprocher du fait qu'il n'existait aucun roi ou sultan régnant sur l'île[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le sultanat de Ternate et celui de Tidore ont contrôlé et maintenu une sphère d'influence sur certaines parties de l'ouest de la Nouvelle-Guinée tout au long de leur histoire[6]. En 1660, un accord est trouvé entre le sultanat de Tidore et le sultanat de Ternate pour le partage de l'île de Papouasie. Cet accord, conclu sous la supervision du gouvernement des Indes orientales néerlandaises, aboutit à la reconnaissance de la possession de l'île de Papouasie dans son entièreté par le sultanat de Tidore[7]. Un récit hollandais contemporain indique que les musulmans de Céram avaient l'habitude de se marier avec des femmes de tribus papoues de Papouasie occidentales et d'instruire les enfants de ces unions dans la religion musulmane[8]. Ce même récit rapporte que les musulmans de Céram contrôlaient le commerce et les villes portuaires de la Papouasie occidentale.

La Papouasie comme « fin de l'Océan »[modifier | modifier le code]

Vers la fin de l'an 500 après JC, les marchands Indiens et Chinois connaissent l’existence de l'île de Papouasie. En atteste le journal d'un commerçant chinois du Ve siècle, expliquant avoir obtenu des épices en provenance de Tungki, nom repris par la suite par les commerçants chinois pour parler de la Papouasie.

À partir du VIIe siècle, de nombreux commerçants musulmans venus notamment de Perse et du Gujarat ont commencé à arriver en Papouasie, qu'ils appelaient « la fin de l'océan » (Dwi Panta ou Samudrananta). Selon les traditions orales du peuple Biak de l'île de Papouasie, il existait autrefois (sans doute à partir du XVe siècle), des relations et de nombreux mariages royaux entre les chefs tribaux de Biak et les héritiers royaux du sultanat de Tidore[9].

L'arrivée des Portugais au sultanat de Ternat[modifier | modifier le code]

Entre 1500 et 1521, le sultanat de Ternat avait à sa tête le sultan Bayanul'Allah, connu pour avoir entre autres propagé l'islam dans tout son royaume jusqu'au territoire même qui n'était pas sous son contrôle. Ce dernier habitua son peuple aux nouvelles techniques de construction navales et aux nouvelles stratégies militaires obtenues suite à divers contacts, notamment avec les Arabes et les Turcs, afin de renforcer les troupes de son sultanat[10],[11].

En 1512, le Portugais Antonio de Abreu, parti de Malacca, à la tête d'une expédition dont l'objectif est les îles Banda, fait naufrage dans l'île d'Ambon. Il embarque sur un bateau local et atteint Ternate où il part à la rencontre du sultan et découvre rapidement que l'île est l'origine des clous de girofles tant recherchés par les marchands européens. Il obtient l'approbation du sultan, qui autorise le Portugal à établir un comptoir commercial à Ternate. L'expédition portugaise avait pour but de mettre la main sur le commerce des épices de Maluku et avait l'intention de prendre rapidement le contrôle de Ternate. En 1521, le sultan Bayanul'Allah meurt alors que ses héritiers sont encore très jeunes, son fils Hidayatullah n'a alors que six ans. Celui-ci est quand même couronné nouveau sultan de Ternate : sa mère, la Sultana Nukila, et son oncle, le prince Taruwe, prennent les décisions importantes. En 1526, le père de l'impératrice Nukila, le sultan Almansur de Tidore, meurt, laissant le trône de Tidore vacant. Le seul héritier ayant droit à ce titre est son petit-fils, à savoir le sultan de Ternate Hidayatullah. Néanmoins, l'unification de Ternate et de Tidore complique pour les Portugais leur tentative de conquérir l'archipel de Maluku, qui était aux XVIe l'unique source d'approvisionnement mondiale en clous de girofle. Le gouverneur portugais persuade donc en secret le prince Taruwese de s'opposer à la proposition tout en lui promettant de soutenir ses demandes concernant le trône de Ternate. Finalement, le prince Amiruddin est nommé sultan de Tidore en 1526 et en 1528, le sultan Hidayatullah est officiellement couronné sultan de Ternate[10],[3].

Un an plus tard, les Portugais et le prince Taruwese effectuent un coup d’État contre le sultan Hidayatullah qui réussit, néanmoins, à fuir à Tidore chez son oncle le sultan Amiruddin. Après avoir appris que Hidayatullah a obtenu l'asile à Tidore, Taruwese delande à Amiruddin de le lui livrer, ce que refuse Amiruddin. Une force conjointe Ternato-Portugaise envahit alors Tidore, mais Hidayatullah réussit encore à fuir à Jailoloa.

Les événements provoquent rapidement l’inquiétude de la population de Ternate. Le prince Taruwese entre rapidement en querelle avec le gouverneur portugais De Menezez, accusé par Taruwese de beaucoup trop s'ingérer dans les affaires internes du royaume. Tout cela conduit à la mort de Taruwese lors d'une révolte soutenue par les Portugais, le 31 octobre 1529.

Le frère cadet du défunt Hidayatulla, Abu Hayat II, le second fils du sultan Bayanul'Allah, est alors mis par le conseil royal de Ternate sur le trône. Le nouveau sultan, ne cachant pas son hostilité, est accusé par les Portugais d'avoir soutenu la rébellion portugaise qui a conduit à la mort du gouverneur portugais[pas clair]. Il est alors arrêté et mis en prison, avant d'être libéré en 1532 par le nouveau gouverneur portugais Vicente de Fonseca qui le remet sur le trône, avant d'être forcé à l'exil à Malacca, où il meurt un an plus tard dans des circonstances peu claires.

Par la suite, le gouverneur du Portugal réussit à persuader le conseil royal de Ternate de nommer le jeune prince Tabariji comme nouveau sultan. En parallèle de cela, Vicente de Fonceca est remplacé par Tristiao de Ataide en tant que gouverneur, celui-ci étant connu à l'époque pour sa cruauté et les massacres dont il était à l'origine[10]. Vicente de Fonceca exile le sultan Tabariji à Goa pour le remplacer par son jeune demi-frère Khairun Jamil, considéré comme manipulable par le gouverneur portugais.

Dans son exil à Goa, Tabariji rencontre le Portugais Jordao de Freitas, futur commandant de la forteresse de Ternate. Celui-ci force Tabariji à signer un accord visant à faire de Ternate un royaume chrétien vassal du Portugal tout en abandonnant la plupart des provinces du sultanat au profit du royaume portugais[3]. De plus, Vicente de Fonceca a aussi déclaré qu'à l'arrivée de Tabariji « le feu et le Saint-Esprit seront entièrement enflammés »[10] et que tous les habitants des Moluques devraient se convertir au christianisme.

L'accord arrive rapidement aux oreilles du nouveau sultan Khairun Jamil qui le rejette. Le prince Tabariji meurt en route vers le sultanat, épargnant ainsi à Ternate une nouvelle guerre civile.

L'arrivée de l'aide ottomane aux divers sultanats des quatre piliers[modifier | modifier le code]

Averti des machinations et conspirations portugaises après son voyage à Goa en 1546, le sultan Khairun Jamil, conscient de la position de force des Portugais dans l'océan indien, ne peut pour l'instant rompre brutalement ses relations avec les Portugais. Mais, en parallèle, il cherche un moyen de libérer son royaume de l'emprise portugaise. Cet objectif passe notamment par la recherche active d'un soutien extérieur et par l'intermédiaire du sultanat d'Aceh, le sultanat de Ternat établit des relations avec l'Empire Ottoman qui lui fournit armes, canons et intellectuels[12]. Les Ottomans avaient déjà conclu des alliances informelles avec divers sultanats locaux, notamment le sultanat d'Aceh en 1530[13]; ainsi, l'amiral portugais Fernão Mendes Pinto rapporte que la flotte ottomane arrivée à Aceh, pour aider les sultanats de Batak, était composée de 300 janissaires ottomans, de nombreux soldats Swahilis, Somaliens, de Sindhis et de Gujaratis, et d'environ 200 marins de Janjira[13]. De plus, Khairun aspire à faire de l'archipel de Maluku une véritable force capable de rivaliser avec les Portugais, pour cela il noue des relations avec le sultanat de Jailolo et il se marie avec la fille du sultan de Tidore pour réunir les deux sultanats sous son ordre.

En 1546, le missionnaire François Xavier accosta à Ternate et demanda l'autorisation d'évangéliser les habitants du sultanat. Le sultan autorisa les activités missionnaires à la condition que celles-ci ne soient destinées qu'aux habitants qui adhéraient encore à l'animisme et qu'aucune action ne viserait les musulmans du royaume. Pourtant, rapidement François Xavier ne respecta pas la parole donnée, cela d'autant plus que les Portugais utilisaient les activités missionnaires pour tenter de faire chuter le sultanat de Ternate en se créant de nombreuses alliées chrétiennes qui seraient vassaux des Portugais. Le gouverneur portugais écrivait alors au Roi de Goa : « Avec l'aide des chrétiens moro, je peux enfin rêver de faire de Maluku un nouveau vassal portugais. J'ai vu avec les yeux de mon cœur qu'il n'est pas difficile de faire ce que j'ai décrit ci-dessus sans dépenser un centime du Royaume »[14].

Ce comportement provoqua la colère du sultan Khairun Jamil qui finalement déclara la guerre aux Portugais : il commença par maîtriser un à un les rebelles de son royaume et à interdire toute mission Jesuite dans son royaume. Par la suite, le sultan envoya un certain nombre de navires aider les sultanats alliés de Demak et d'Aceh pour prendre d'assaut les Portugais à Malacca pendant que la forteresse portugaise de Ternate serait assiégée en parallèle. En 1558, alors que le fort portugais de Ternate était assiégée, le sultan Khairun nomma son fils prince Laulata gouverneur d’Ambon. Celui-ci fut chargé de frapper la position portugaise dans le sud de Maluku et d'en profiter pour étendre le sultanat à de nouvelles régions. Finalement, le vice-roi portugais à Goa a envoyé une importante flotte à Ambon pour repousser les troupes du sultanat de Ternate. Les soldats portugais résistèrent un certain temps avant que le sultan Khairun ne se porte lui-même avec son armée à Ambon. Pris en étau, le gouverneur portugais demanda l’ouverture de négociations de paix . Le sultan Khairun, devenue le premier roi autochtone des Moluques victorieux contre les envahisseurs portugais, a accueilli de bonne foi ces négociations. Tous les privilèges portugais concernant le monopole du commerce des épices furent supprimés, mais les Portugais furent toujours autorisés à commercer et à concurrencer librement les commerçants de l'archipel ou étranger.

Le sultan Khairun, connu pour être un dirigeant tolérant et juste autorisa le retour des centres d'activités missionnaires chrétiens et la construction d'églises à Maluku. Ainsi, en quelques années, sous Khairun Jamil, le sultanat de Ternate est devenu l'un des trois sultanats les plus puissants du monde malais, et un centre islamique majeur aux côtés des sultanats d'Aceh et de Demak[12].

Nouvelle tentative portugaise et expulsion définitive des Portugais de Ternate[modifier | modifier le code]

Rapidement, les Portugais décidèrent de revenir à la charge, le gouverneur portugais reconstruisit en 1569 la forteresse d'Ambon et réunit ses forces en vue d'annexer définitivement le sultanat de Ternat. Voulant éviter de subir un sort similaire à celui de Malacca, le sultan Khairun Jamil forma une coalition avec notamment les sultanats des quatre piliers, le sultanat d'Aceh et le sultanat de Demak pour endiguer la menace portugaise dans l'archipel.

En parallèle, le gouverneur du Portugal Diego Lopez de Mesquita invita le sultan Khairun à visiter sa forteresse pour le rassurer sur les intentions portugaises et renouveler les accords de paix, le sultan Khairun donna suite à l'invitation et ne partit alors accompagné que d'un nombre restreint de gardes. L'invitation se révéla être un piège et en un instant le sultan fut tué avec ses gardes de « façon cruelle et sauvage » comme le rapporte la tradition, avant que son corps ne soit jetée à la mer.

Avec la perte du sultan le gouverneur portugais espérait décourager la population et les armées malaises, mais l’assassinat du sultan alors sous immunité diplomatique et lors de la fête célébrant le renouvellement de l'accord de paix a été vue comme injuste et était pour les habitants une raison supplémentaire à chasser le Portugal des terres du sultanat de Ternate.

Le fils du sultan Khairun Jamil, le prince Baabul'Allah fut nommé nouveau sultan de Ternate et dans son discours de couronnement, il jura de venger la mort de son père et se battra jusqu'à ce que les Portugais quittent son pays, de défendre la religion de l'Islam, de faire de Ternate un grand et puissant empire militaire et d’œuvrer pour l'unité avec tous les royaumes voisins[10],[15]. Le nouveau sultan s'avéra être à la hauteur de ses prétentions et après 5 ans de guerre, le Portugal quitta définitivement Maluku en 1575. Les succès du peuple Ternat sous le sultan Baabul'Allah fut la première grande victoire indigène de l'archipel sur les puissances occidentales[3],[16].

Apogée du sultanat de Ternate et relation avec l'île de Papouasie[modifier | modifier le code]

C'est sous la direction du sultan Baabul'Allah que le sultanat de Ternate atteignit son apogée : il s'étendait du nord et du centre de Sulawesi à l'ouest jusqu'aux îles Marshall à l'est, du sud des sultanats de Sullu (actuelles Philippines) au nord aux îles Nusa Tenggara au sud[17].

Sultanat de Ternate en 1570, sous le règne du sultan Babul'Allah.
Sultanat de Ternate sous le règne du sultan Babul'Allah en 1580

Le sultan Baabullah était surnommé par ses contemporains le souverain des 72 îles habitées, ce qui faisait du sultanat de Ternate le plus grand royaume islamique de l'est de l'Indonésie, qui avec les sultanats d'Aceh et de Demak contrôlaient la plus grande partie des régions occidentales et centrales de l'archipel à l'époque[3].

L'historien britannique et théologien anglican Thomas W. Arnold rapporte dans ses livres The Preaching of Islam et Neiuw Guinea, que l'islam était présent et très largement implanté en Papouasie lors de l'arriver des missionnaires chrétiens. Ces derniers étaient par ailleurs escortés et guidée par des guides locaux musulmans. Selon les procédures de l'époque, chaque étranger qui voulait se rendre en Papouasie devait demander l’autorisation des sultans Salawati, sultanat vassal de Ternate. Ainsi, les deux missionnaires allemands, Ottow et Geissler se rendirent sur l'île à bords d'un navire blanc accompagné de guides musulmans.

Durant le XVIIe siècle, certaines régions de la Papouasie (Waigeo, Misool, Waigama et Salawati…) avaient embrassé l'islam. Thomas W. Arnold rapporte : « Certaines tribus papoues de l'île de Gebi, entre Waigyu et Halmahera, sont musulmans. [...] dans le centre de l'île même, seules quelques personnes ont adopté l'Islam. Cette religion a été introduite pour la première fois sur la côte ouest par des commerçants musulmans qui essayaient de prêcher parmi la population, et ce depuis 1606. Mais il semble que les progrès ont été très lents ». Néanmoins, contrairement aux missionnaires néerlandais, les missionnaires musulmans ne tenaient que rarement des registres de leurs activités ce qui fait que la date exacte de l'arrivée de l'islam sur l'île reste controversée. Ce qui semble probable est que la propagation de l'islam était relativement concentrée aux côtes et routes commerciales majeures de l'île de Papouasie tout en étant majoritaire dans les villes portuaires et les îles alentours et dans les provinces actuelles de Papouasie occidentale.

À en juger par les recherches anthropologiques conduites par Harsja W. Bachtiar en 1963, il est rapporté ce qui suit : « plusieurs régions de l'Irian occidental [=Papouasie] sont devenues le domaine du sultan Tidore et du sultan Banda. Dommage car il n’y a pas de traces sous forme de déclarations écrites, nous ne savons pas quand et où se trouvent également des Indonésiens venus d’îles indonésiennes en dehors de la région de l’Irian occidental. En général, ils ont embrassé l'islam. [...] Depuis que des missionnaires religieux des Pays-Bas ont déployé des efforts pour diffuser le christianisme en Irian occidental, le nombre d'Indonésiens non autochtones a augmenté en Irian occidental en raison de l'utilisation de travailleurs originaires de diverses îles du Pacifique amener dans le but d'aider les missionnaires religieux, en particulier en tant que professeurs et infirmières. Beaucoup de gens qui exercent le christianisme sont émigrés des îles Maluku telles que Kei, Ianimbai, Banda et Sangir [eux-mêmes enfants des esclaves amenées par les Hollandais pour repeupler les divers îles de l'archipel Banda après les massacres de Benda] »[18],[19].

Prédominance du Sultanat de Tidore sur les Moluques et la Papouasie[modifier | modifier le code]

Sultan Saifudin de Tidore (règne de 1657 à 1689)

Depuis le XVe siècle un certain nombre de personnalités locales nommées par le sultan de Ternate (ou de Tidore selon les époques), sont devenues gouverneurs à Biak de la part du sultan. Ils reçoivent une variété de titres, qui sont des titres régionaux. Un certain nombre de noms de ces postes peuvent maintenant être retrouvés dans les noms des clans et de familles. Outre le sultanat de Ternate, les Moluques plus généralement ont aussi longtemps eu des relations anciennes avec l’ouest de la Nouvelle-Guinée, sous forme d'échanges aussi bien cérémoniels que matériels[20]. Ainsi, l'île indonésienne de Banda notamment commerçait avec certaines parties de la Nouvelle-Guinée. Le sultanat de Bacan, vassal de celui de Tidore, revendiquait la suzeraineté sur les îles Raja Ampat près de la côte occidentale de la Nouvelle-Guinée. Des marchands des sultanats de Kei et Aru, situées au sud des Moluques, avaient des relations avec la Nouvelle-Guinée[21]. La partie sud-ouest de la Papouasie occidentale faisait partie des terres du sultanat de Céram (qui était selon les époques vassales de Tidore ou indépendant) avec qui elle avait ses relations commerciales bien établies à partir du XIVe siècle. Dans ce cadre une lingua franca spéciale pour le commerce et pour faciliter les communications avec certaines tribus papoues éloignées des cotes: l’Onin qui était «un mélange de malais et des langues locales parlées le long des côtes de la péninsule de Bomberai »[22],[23].

Le sultanat de Tidore était, depuis la fin du XVIIe siècle, un des royaumes les plus indépendants de l'archipel de Maluku. Durant le règne du sultan Saifuddin, Tidore parvint à rejeter le contrôle et l'influence de la compagnies des Indes orientales néerlandaises permettant au sultanat de rester totalement indépendant jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. En 1660, un accord fut trouvé entre le sultanat de Tidore et le sultanat Ternate pour le partage de l'île de Papouasie. Cet accord, conclu sous la supervision du gouvernement des Indes orientales néerlandaises, aboutit à la reconnaissance de la possession de l'île de Papouasie dans son entièreté par le sultanat de Tidore.

Sultanat de Tidore et Ternate en 1800: - En orange: le sultanat de Tidore. - En orange clair: Les états vassaux du sultanat de Tidore - En rouge: Le sultanat de Ternate (sous le contrôle de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales).

Le sultanat de Tidore atteignit son apogée sous le règne du sultan Nuku (1780-1805), couvrant entre autres l’île de Seram, des parties de Halmahera, Raja Ampat et certaines parties de la Papouasie. En novembre 1780, le sultan Nuku de Tidore a été proclamé sultan de Papouasie et de Céram (la plus grande île de l'archipel des Moluques) par ces partisans parmi diverses tribus Céramais et Papous[24],[25]. Dans ces correspondances, le sultan Nuku signait ces lettres avec la mention: "Sultan Muhammad Saifudin Sah, Roi de Papouasie", signature qu'on retrouve notamment dans la lettre qu’il envoya au gouverneur néerlandais d’Ambon, Van Pleuren[26],[27]. Certains historiens, comme Van Velzen, affirment que le Malai était une langue régionale de communication en Papouasie et non uniquement réservée au sujet de Tidore: ces historiens se basent souvent sur un récit (sur le rapport de H. Zwaardecroon et C. Chasteleijn concernent le voyage en Nouvelle-Guinée entrepris par Jacob Weyland en 1705) relatant une des premières visites européennes dans le Golfe de Cenderawasih dans l'actuelle province de Papouasie, en 1705, et comment l'équipage put communiquer avec certains habitants papous en Malai[28].

Charles D. Rowley affirme que les explorateurs malais se sont rendus jusqu’à l'est de la région du fleuve Sepik dans l’actuelle Papouasie Nouvelle Guinée lors des expéditions à la recherche des oiseaux de paradis[29],[30]. Par la suite, les Britanniques, en 1793, établissent le premier poste européen à Dorey, l'actuel Manokwari, alors dans le territoire du sultanat de Tidore ; néamoins les Britanniques ne le maintiennent que pendant deux ans. Les Néerlandais ne manifestaient encore aucun intérêt direct pour cette région à cette époque[28],[30].

À la fin des années 1940, les Pays-Bas reconnaissaient encore la suzeraineté de Tidore sur une grande partie de l'île de Papouasie[31]. La ville de Numbay (actuel Jayapura) entretint des relations politiques et commerciales avec le sultanat de Ternate dès le XIXe siècle[32].

Contexte moderne[modifier | modifier le code]

La Papouasie occidentale désigne historiquement la moitié occidentale de la Papouasie, ce qui correspond au territoire de la Nouvelle-Guinée occidentale issu de la Nouvelle-Guinée néerlandaise. C'est la traduction française de West Papua, nom choisi le 1er décembre 1961 par une assemblée de représentants papous déclarant leur indépendance des Pays-Bas lors de la proclamation de la République de Papouasie occidentale. Un drapeau a été alors choisi, de même qu'un sceau et un hymne national[33].

L'Indonésie annexe la Papouasie occidentale en 1962, interdit l'emploi de ce nom et la rebaptise Irian Jaya qu'elle intègre en 1969 comme nouvelle province suite à un référendum considéré comme frauduleux par nombre d'observateurs[33]. L'Irian Jaya est renommé Papua en 2000 par le président indonésien Abdurrahman Wahid, comme une concession aux revendications papoues. En 2003, le gouvernement de la présidente Megawati, qui a entre-temps remplacé Abdurrahman Wahid à la suite d'un coup d'État, décide de scinder la province de Papouasie en deux nouvelles provinces : Papua et Papua Barat, afin de satisfaire les habitants de la péninsule de Derbai et Berbai se réclamant de l'ancien sultanat de Termate[34]. La traduction en français de Papua Barat est également Papouasie occidentale, bien que le territoire soit beaucoup plus restreint.

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Carte montrant les kabupaten des provinces de Papua et de Papua occidental.
Carte montrant l'Afdeling West Nieuw-Guinea dans le territoire de la Nouvelle-Guinée néerlandaise

La province est divisée en douze kabupaten et une kota :

et une kota :

Économie[modifier | modifier le code]

L'ex-province indonésienne d'Irian Jaya compte de nombreuses mines, notamment de nickel dans l'île de Waigeo et de cobalt. Ses mines d'or et de cuivre sont parmi les plus productives au monde, dont la mine de Grasberg.

Dans les années 1990, la compagnie pétrolière américaine Arco, depuis la fusion avec la britannique BP, découvre six champs de gaz naturel qu'elle baptise Tangguh (« résistant »), dont les réserves sont estimées à plus de 18,3 TCF (trillion cubic feet), soit 520 milliards de mètres cubes (équivalent énergétique de 520 millions de tonnes de pétrole). En 1997, Arco et la compagnie pétrolière nationale indonésienne Pertamina lancent un projet de liquéfaction de ce gaz naturel pour permettre son exploitation et exportation.

L'usine de liquéfaction aura au début une capacité annuelle de production de sept millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL). Le GNL sera exporté par bateau méthanier vers l'Asie de l'Est et l'Amérique du Nord.

Provinci Konservasi[modifier | modifier le code]

Dès 2006, des activistes en conservation maritime commencent à œuvrer afin de mobiliser les consciences sur le sort de la biodiversité dans cette région[35]. Ces efforts culminèrent en 2014 avec la projection du film The Guardians of Raja Ampat au sein de 12 communautés et plus de 100 000 participants (soit près de 25% de la population de l'archipel de Raja Ampat).

En octobre 2015, Abraham Atururi, le gouverneur de la province, déclare la Papouasie Occidentale Provinsi Konservasi[36],[37]. L'ONG Conservation International (CI), Blue Sphere Foundation, The University of Papua (UNIPA), et les représentants du gouvernement provincial travaillent par la suite pour créer une législation qui faciliterait la conservation maritime et forestière.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « "Papuan province changes name from West Irian Jaya to West Papua". », sur Radio New Zealand Internationa,
  2. (en) « The richest coral reef on Earth & Indonesia’s top liveaboard diving destination », sur panda.org,
  3. a b c d e et f « Le Temps du Rêve. », sur sites.google.com (consulté le 21 novembre 2019)
  4. (en) Bilveer Singh, Papua: Geopolitics and the Quest for Nationhood,
  5. (id) Tarmidzy Thamrin, Boven Digoel: lambang perlawanan terhadap kolonialisme, , Page 101
  6. (en) Eric Hirsch et Will Rollason, The Mélanesian World, , Page 64
  7. White, Osmar. Parliament of a Thousand Tribes, Heinemann, London, 1965
  8. David Pickell, Indonesian New Guinea Adventure Guide: WEST PAPUA / IRIAN JAYA, p. 38
  9. Rutherford, Danilyn, Raiding the land of the foreigners : the limits of the nation on an Indonesian frontier, Princeton University Press, (ISBN 0-691-09590-6, 978-0-691-09590-5 et 0-691-09591-4, OCLC 473269258, lire en ligne)
  10. a b c d et e M. Adnan Amal, "North Maluku, Journey History 1250 - 1800 Volume I", Université de Khairun, Ternate 2002.
  11. Charles A. Truxillo, Crusaders in the Far East: The Moro Wars in the Philippines in the Contexte of the IberoIslamic Wordl War, , Page 115
  12. a et b Ricklefs, M. C. (Merle Calvin), A history of modern Indonesia since c. 1300, Macmillan, (ISBN 0-333-57689-6, 978-0-333-57689-2 et 0-333-57690-X, OCLC 30320024, lire en ligne)
  13. a et b (en) Azyumardi Azra, Islam in the Indonesian World: An Account of Institutional Formation, Page 36, 169
  14. John Villiers, The Jesuit Mission in Moro 1546-1571, op.cit., p. 277.
  15. Kepulauan Rempah-Rempah, Perjalanan Sejarah Maluku Utara (1250 - 1950), p. 50
  16. Willard A. Hanna & Des Alwi, "Ternate dan Tidore, Masa Lalu Penuh Gejolak" , Pustaka Sinar Harapan Jakarta 1996.
  17. Barbara Watson Andaya et Leonard Y. Andaya, A History of Early Modern Southeast Asia, 1400–1830, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-88992-6, 978-1-139-05132-3 et 978-0-521-68193-3, lire en ligne)
  18. Wartawan Ali Athwa., « “Islam Atau Kristen Agama Orang Irian (Papua)” », Majalah Hidayatullah
  19. (id) « PENDUDUK MUSLIMLAH YANG MENGANTARKAN PENGINJIL KRISTEN DI PAPUA »
  20. Clive Moore, New Guinea : Crossing Boundaries and History, University of Hawai'i Press, Honolulu, 2003, p. 73
  21. Roy F. Ellen, On the Edge of the Banda Zone: Past and Present in the Social Organization of a Moluccan Trading Network, University of Hawai'i Press, Honolulu, 2003
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]