Papaver orientale

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Pavot d'Orient

Le pavot d'Orient (Papaver orientale), également appelé pavot de Tournefort, est une plante vivace originaire du Caucase, du nord-est de la Turquie et du nord-ouest de l'Iran[2].

Description[modifier | modifier le code]

Un pavot d'Orient dans les jardins de Mien Ruys à Dedemsvaart (Overijssel) aux Pays-Bas.

Le pavot d'Orient mesure de 80 cm à 1,20 m de haut. Il est doté de grandes fleurs rouges de 10 à 18 cm, montées sur une tige sans feuilles.

Très décorative, cette plante est souvent cultivée dans les jardins. Il existe des variétés rose et blanche.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le Pavot oriental (sect. Macrantha) ou pavot d'Orient[3] apparait comme une forme cultivée, divergente et très évoluée du pavot setigerum dans ses couleurs et la grosseur de ses pétales, de ses pistils, et de son fruit. Son plateau stigmatique reconnaissable est le plus souvent très foncé. Il est cultivé aisément par les jardiniers, présente communément de très grandes fleurs, peut supporter la transplantation et est relativement fréquent dans l'ornement d'espaces tant privés que publics.

Bien que modeste, il a été ponctuellement utilisé en médecine en Orient et a fait l'objet d'études de projets industriels pharmaceutiques aux États-Unis où il est considéré comme un grand spécimen de pavot setigerum. C'est plus spécifiquement l'espèce papaver bracteatum (un nom générique des grands orientalis présentant des bractées foliacées) qui avait été mise en valeur par l'administration de Richard Nixon pour remplacer le pavot somnifère dans l'industrie pharmaceutique. C'est sa forte carrure et sa bonne production d'alcaloïdes précurseurs (thébaïne) qui peut intéresser l'industrie, alors que son taux d'agents narcotiques majeurs (morphine...) est naturellement peu élevé, tout comme sa production de latex. Par modification génétique ou croisement, il est pressenti de pouvoir lui faire produire une très forte quantité de codéine ou de thébaïne avec un taux très faible de morphine. Cependant la découverte de Kenneth W. Bentley d'une série de dérivés de la thébaïne (la série de Bentley) beaucoup plus forts que la morphine (buprénorphine, étorphine, oripavine... Certains sont plus de 3 000 et même 10 000 fois plus puissants que la morphine, mais parfois très toxiques) firent craindre aux administrations une transformation beaucoup plus avantageuse de la plante par les laboratoires clandestins en ces substances, au bas mot 10 à 100 fois plus productives que la transformation du pavot somnifère en héroïne, ce qui fit abandonner alors l'idée de répandre ce type de pavot.

Papaver Bracteatum.

Le papaver orientalis est plus généralement confondu avec le pavot noir par les grainetiers bien qu'il s'en détache par sa composition et certains de ses caractères physiques (forme des feuilles, taille de la plante, aspect robuste, fruit déhiscent généralement plus trapu à plateau stigmatique peu débordant et non érigé) qui en font une espèce ou une sous-espèce à part entière de pavot noir mais très diversifiée elle aussi.

Il n'existe pas naturellement à l'état sauvage en Occident, étant une création locale et ancestrale de variétés orientales qui n'ont été diffusées en Europe que tardivement dans un intérêt horticole décoratif ; ne présentant par ailleurs aucun atout céréalier ni médical sur les pavots noirs et blancs alors utilisés. Ses graines sont noires et leur vocation alimentaire limitée.

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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