Paolo Cognetti

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Paolo Cognetti
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Paulo Cognetti en 2012.
Naissance (40 ans)
Milan, Drapeau de l'Italie Italie
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Italien
Genres

Œuvres principales

Paolo Cognetti, né le à Milan, est un écrivain italien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paolo Cognetti suit des études universitaires en mathématiques, qu'il abandonne très vite pour des études de cinéma, afin dit-il, "d'apprendre à raconter des histoires". En 1999, il sort diplômé de la Civica Scuola di Cinema « Luchino Visconti », école de cinéma de Milan et fonde, avec Giorgio Carella, une société de production indépendante (CameraCar).

Il débute l'écriture en 2004 en participant à un recueil de nouvelles rassemblant les nouvelles plumes italiennes, un véritable "manifeste générationnel" proposé par les éditions minimumfax sous le titre La qualità dell'aria. Dans les années suivantes, il publie deux recueils de nouvelles Manuale per ragazze di successo (2004) et Una cosa piccola che sta per esplodere (2007), ainsi que le "roman à nouvelles", forme hybride entre le roman et le recueil, intitulé Sofia si veste sempre di nero (2012).

Le paraît Les Huit Montagnes (Le otto montagne), qui reçoit le prix Strega puis est traduit dans une trentaine de pays[1] et dont la traduction française obtient le prix Médicis étranger en 2017[2].

Désireux de faire vivre la montagne en dehors des pistes de ski, il monte, en été 2017, avec son association Gli urogalli un festival consacré à la littérature, aux arts et aux nouveaux montagnard-e-s baptisé Il richiamo della foresta (L'Appel de la forêt) en hommage à Jack London.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Manuale per ragazze di successo (2004)
  • Una cosa piccola che sta per esplodere (2007)

Romans[modifier | modifier le code]

  • Sofia si veste sempre di nero (2012)
    Publié en français sous le titre Sophie s'habille toujours en noir, traduit par Nathalie Bauer, Paris, Liana Levi, 2013, 224 p.[3] ; réédition, Paris, Liana Levi, coll. « Piccolo » no 140, 2018 (ISBN 9791034900121)
  • Le otto montagne (2016) – Prix Strega, prix Strega Giovani et prix Strega OFF 2017[4],[5] ; Prix Médicis étranger 2017[6]
    Publié en français sous le titre Les Huit Montagnes, traduit par Anita Rochedy, Paris, Stock, 2017, 312 p. [7]

Essais, carnets[modifier | modifier le code]

  • New York è una finestra senza tende, Laterza (2010) [8]
Publié en français sous le titre Le Garçon sauvage : Carnet de montagne, traduit par Anita Rochedy, éditions Zoé, 2016 ; réédition, Paris, UGE, coll. « 10/18 » no 5271, 2017 (ISBN 978-2-264-07008-1)
  • A pesca nelle pozze più profonde, Minimumfax (2014) [9]
  • Tutte le mie preghiere guardano verso ovest (2014) [10]
  • Senza mai arrivare in cima (2018) [11]

Sur quelques écrits[modifier | modifier le code]

Les Huit Montagnes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Les Huit Montagnes.

Le prologue (p. 9) évoque la vie détestable, à Milan, dans les années 1970, du chimiste en usine, Giovanni Gusti (1942-2004) (p. 188 et 201), avec au loin les montagnes des Alpes pennines. Les parents remettent leurs chaussures de marche en entraînent leur fils unique, Pietro, en Val d'Ossola, Valsesia, Val d'Aoste. La mère préfère forêt, torrent, baita (chalet d'alpage), installation ; le père les parcours solitaires, avec carte topographique et carnet d'escalade.

Première partie (Montagne d'enfance, p. 23). En juillet 1984, le père dépose épouse et enfant dans une maison de location, pressque vide, au petit village de Grana (14 habitants alors, et non pas la ville de Grana) . Le fils est autorisé à investir la zone visibilité. Il y rencontre Bruno, de même âge (10 ans), gardien de vaches, neveu de la propriétaire, à mère taiseuse et à père maçon brusque sur chantiers français ou suisses). La mère de Pietro apprivoise Bruno. Le duo s'approprie torrent, prés, bois, ruines, meule de moulin, mines. Bruno surnomme Pietro Berio. En août, le père entraîne vite son fils et Bruno, dans des excursions toujours plus longues (dont un glacier). L'autorisation d'emmener Bruno est accordée par son oncle, Luigi Guglielmi, visité à son alpage, sur le Grenon. Entre les sorties, les deux enfants font leurs travaux scolaires, particulièrement Bruno, déscolarisé de fait (la mère lui fait lire Mark Twan et autres), et il progresse bien. L'été 1987, à 14 ans, les enfants découvrent leur lac du Grenon, font des excursions avec le père de Pietro, certaines à 3000 puis 4000 mètres (dans le massif du Mont Rose : Castor, Pyramide Vincent, Pointe Gnifetti, Pointe Dufour, Liskamm, plus tard). La famille Gusti propose à la famille Guglielmi de se charger en totalité des études de Bruno à Milan (au lycée) : acceptaion de l'oncle, de la tante, de la mère, du fils, mais refus violent du père. Bruno devient aussitôt maçon assistant de son père. Pietro tente d'autres expériences, jusqu'à certaine excursion en moto avec Bruno.

Seconde partie (La maison de la réconciliation, p. 121). À la mort du père (2004), Pietro reçoit en héritage la propriété de Grana (p. 128). À l'adolescence, Pietro finit par refuser d'accompagner son père en escalade, s'éloigne de lui, entame des études de mathématiques (comme le père), mais choisit de faire une école de cinéma à Turin, loin de la famille. Il devient cinéaste documentariste, toujours à la recherche d'un financement. Seule la mère parvient à maintenir le contact, par courrier. Arrivé à Grana, Pietro est pris en charge par Bruno : après l'alpage réinvesti par la végétation de l'oncle, après leur petit lac, une petite maison effondrée, adossée à la roche, la barma drola (p.144). Bruno propose de la reconstruire l'été même, en chantier à deux : trois ou quatre mois de travail intense. Bruno expose son projet de vie : racheter l'alpage aux cousins, rénover la baite, acheter du bétail, fabriquer des tommes, redevenir un montagnard, loin des villages. L'appel de la montagne, comme sa mère dans le silence. Pietro repart vers les montagnes d'Asie mais il décide, en présence de sa mère, que c'est, pour lui et Bruno, notre maison commune.

Troisième partie (L'hiver d'un ami, p. 203). Au Népal, sans doute en 2005, un vieux népalais explique à Pietro le choix : faire le tour des huit montagnes, ou arriver au sommet du Sumeru. L'été 2007, Pietro amène une amie, Lara, à la barma. Elle y rencontre Bruno. Pietro repart au Népal : documentaire d'alpinisme, puis de projet humanitaire. Bruno demande l'autorisation de Pietro. En 2008, Bruno et Lara lancent l'entreprise : 24 vaches, 300 litres de lait par jour, donc 30 kilos de tomme : l'homme sauvage (omo servadzo) aurait-il trouvé la femme sauvage ? Pietro passe à Turin liquider ses dernières attaches. La petite Anita naît sur l'alpage, avec l'aide de la mère de Pietro. Celle-ci fait le lien entre les deux amis, par internet. Elle fait diverses révélations à Pietro sur le passé proche Bruno a souvent accompagné Giovanni dans ses escalades des 4000, et le passé lointain. Autrefois, dans les années 50 et 60, dans les Dolomites, deux amis, Giovanni et Pietro, nés en 1942, font du ski. Giovanni est orphelin, il est sinon adopté du moins sauvé par la famille de Pietro, et poussé aux études ; en 1968, en parcours libre, une avalanche, Giovanni passe, Pietro trépasse ; la sœur de Pietro épouse Giovanni. En 2013 (p. 248), Lara appelle Pietro au Népal : dépôt de bilan, séparation, isolement de Bruno. Pietro l'appelle, quitte en vitesse ses activités, rentre à la barma, en plein novembre. Il visite en décembre Lara et sa fille, en station de ski, la pire situation. Début 2014, Bruno, sur ses vieux skis, disparaît...

Histoire d'amitié entre deux jeunes montagnards, aux choix si différents, aux rares et riches moments d'entente, aux partages, aux rencontres, à la fraternité et à la solidarité : « Qui l'a connu ? Qui m'a connu ? ». Les ambiances sont à la fois Henry David Thoreau (1817-1862) et Mario Rigoni Stern (1921-2008), plus rarement Jack London (1876-1916) ou Erri De Luca (1952-).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Giulio Einaudi editore, « Paolo Cognetti, Le otto montagne < Speciali < Einaudi », sur www.einaudi.it (consulté le 25 novembre 2017)
  2. Rencontre avec Paolo Cognetti, qui remporte le Médicis étranger, entretien, marianne.net, 9 novembre 2017
  3. Cognetti, Paolo,, Sofia s'habille toujours en noir, L. Levi, impr. 2013, cop. 2013 (ISBN 978-2-867-46690-8, OCLC 862805316, lire en ligne)
  4. « Le Prix Strega Jeunesse attribué à Paolo Cognetti, Les huit montagnes », sur www.actualitte.com (consulté le 13 juin 2017), "Le prix Strega couronne Paolo Cognetti" sur www.livreshebdo.fr (consulté le 25 novembre 2017)
  5. Isabel Contreras, « Le prix Strega 2017 couronne Paolo Cognetti », Livres Hebdo,‎ (lire en ligne)
  6. Vincy Thomas, Isabel Contreras, Cécilia Lacour, « Les Médicis 2017 pour Yannick Haenel, Paolo Cognetti et Shulem Deen », sur Livres Hebdo, .
  7. Cognetti, Paolo., Les huit montagnes, Stock, (ISBN 9782234083196, OCLC 994807259, lire en ligne)
  8. Cognetti, Paolo., New York è un finestra senza tende, Laterza, (ISBN 9788842092186, OCLC 799724639, lire en ligne)
  9. (it) « A pesca nelle pozze più profonde », sur minimum fax (consulté le 1er avril 2018)
  10. Cognetti, Paolo., Tutte le mie preghiere guardano verso ovest, EDT, (ISBN 9788859204503, OCLC 898728052, lire en ligne)
  11. (it) « Senza mai arrivare in cima, Paolo Cognetti. Giulio Einaudi Editore - Supercoralli », Einaudi, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]