Panzerjäger I

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4,7 cm Pak(t) (Sf) auf Pz.Kpfw.I Ausf.B
Panzerjäger I
Image illustrative de l’article Panzerjäger I
Panzerjäger I de la Panzerjäger-Abteilung 605 dans le désert Libyen ()
Caractéristiques de service
Type Chasseur de char
Service 1940 - 1943
Utilisateurs Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Conflits Seconde Guerre mondiale
Production
Année de conception 1940
Constructeur Daimler-Benz
Skoda
Production 202 exemplaires
Caractéristiques générales
Équipage 3 (Conducteur, tireur, chargeur)
Longueur 4,42 m[1]
Largeur 2,06 m[1]
Hauteur 2,14 m[2]
Garde au sol 29,5 cm[2]
Masse au combat 6.4 tonnes[1]
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Type acier
Frontal (caisse) 13 mm / 22-27°[1]
Latéral (caisse) 13 mm / 22-0°[1]
Arrière (caisse) 13 mm / 0-17°[1]
Dessus (caisse) mm
Plancher (caisse) mm
Frontal (tourelle) 14,5 mm / 27°[1]
Latéral (tourelle) 14,5 mm / 27°[1]
Arrière (tourelle) Ouvert
Haut (tourelle) Ouvert
Armement
Armement principal PaK 36(t) L/43,4 (86 obus)
Mobilité
Moteur Maybach NL 38TR de 3,8 litres
Puissance 100 ch (74,6 Kw )
Transmission ZF F.G.31 à 6 vitesses
(5 av / 1 ar)
Suspension Ressort à lames
Pression au sol 0,48 kg/cm2[2]
Vitesse sur route 40 km/h[1]
Vitesse tout terrain 10-15 km/h[2]
Pente franchissable 30 %[2]
Puissance massique 15,6 hp/t[2]
Réservoir 146 l[2]
Consommation 105 l /100 km
Autonomie 170 km[2]
Autonomie tout terrain 115 km[2]
Panzerjäger I en URSS en été 1941

Le Panzerjäger I (chasseur de chars en allemand) fut le premier des chasseurs de chars conçus par l’Allemagne au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il a été conçu en 1940 sur un châssis converti de Panzerkampfwagen I Ausf. B et était armé du canon antichar Skoda 4,7 cm PaK L/43. Le Panzerjäger I s’avéra être une solution peu coûteuse et relativement efficace pour contrer les chars soviétiques et permit de prolonger l’utilisation des chars Panzer I devenus désuets.

La dénomination formelle du Panzerjäger I était 4,7 cm PaK(t) (Sf) auf Panzerkampfwagen I. Le (t) indique l'origine tchécoslovaque (Tschechoslowakisch) du canon et les lettres (Sf) pour Selbstfahrlafette (terme allemand pour « châssis autopropulsé »).

Développement et production[modifier | modifier le code]

En 1939, peu après le début de la Seconde Guerre mondiale, l’état-major allemand s’inquiéta de la capacité du 3,7-cm PaK 36, le canon antichar en dotation standard dans la Wehrmacht, à affronter les chars lourds français, comme le B1 bis. La décision fut alors prise de monter un canon plus lourd, le PaK 36(t) L/43,4 tchécoslovaque, sur un châssis de char Panzer I Ausf. B[3].

Le développement fut confié à l’entreprise Alkett, qui livra le prototype en [3]. Le stock de canon n’étant pas suffisant pour démarrer la production de masse, le Waffenamt en commanda à Skoda, tandis que le bouclier était produit par les entreprises Krupp et Deutsche Edelstahlwerke AG (de). L’assemblage était réalisé par Alkett, qui livra quarante exemplaires en , soixante en avril et trente en mai[3].

La conversion consistait à retirer la tourelle et une partie du toit de la caisse, à la place desquels était installé un canon antichar PaK 36(t) L/43,4 et un bouclier blindé, qui couvrait l’avant et les côtés, mais laissant toutefois l’arrière et le dessus ouverts. Outre cette protection limitée de l’équipage, le montage avait également l’inconvénient de limiter la traverse du canon à 17,5° de chaque côté[1].

Le Waffenamt passa commande d’une deuxième série le , mais cette fois seuls dix exemplaires devaient être assemblés par Alkett, les soixante autres l’étant par Klöckner-Humboldt-Deutz AG. Dix exemplaires furent livrés en novembre, puis trente en et en [4].

Le Panzerjäger I commença à être remplacé à partir de 1942, mais quelques-uns des 202 exemplaires produits restèrent en service jusqu’à la fin de l’année 1943[1],[5].

Histoire opérationnelle[modifier | modifier le code]

Le Panzerjäger I fut utilisé pour la première fois lors de la campagne de France. Ses débuts furent quelque peu difficiles, les équipages n’ayant eu que quelques jours d’entrainement avant d’être envoyés au combat, tandis que les véhicules, peu adaptés aux longs trajets, tombaient en panne fréquemment[6]. Seul le Panzerjäger-Abteilung 521 était opérationnel le  ; trois autres, les 616, 643 et 670, étaient prévus, mais ne furent engagés que très progressivement au fur et à mesure qu’ils recevaient le matériel[7].

Le Panzerjäger I participa à la campagne d’Afrique au sein du Panzerjäger-Abteilung 605, qui débarqua à Tripoli entre le et le , avec vingt-sept exemplaires. Les pertes furent légères dans un premier temps et purent être remplacées intégralement, ce qui permit à la section d’être au complet au début de l’opération Crusader, le . Pendant cette dernière, treize chars furent détruits et les remplacements insuffisants ne permirent d’avoir que dix-sept unités disponibles au début de l’opération Venezia, le , puis seulement onze au moment de la Seconde bataille d'El Alamein en octobre[5].

Ils servirent également en Russie, où les Panzerjäger-Abteilung 521, 529 et 643 furent assignés au groupe d'armées Centre, tandis que les 616 et 670 furent respectivement attribués aux groupes nord et sud[4]. Pendant l’opération Barbarossa, ils furent essentiellement utilisés dans le rôle de canon d'assaut, du fait du peu de blindés soviétiques rencontrés. Ils étaient cependant peu adaptés à cette fonction en raison du manque de protection de l’équipage conjugué à leur silhouette élevée qui en faisait une cible idéale pour l’artillerie[8].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Motricité[modifier | modifier le code]

Le Panzerjäger I utilisait le châssis du Panzer I Ausf. B avec le même moteur à essence Maybach TL 38 Tr de six cylindres refroidi par eau, développant 100 hp à 3 000 tpm, une transmission ZF F.G.31 et une suspension à ressorts à lames. Bien que théoriquement capable d’atteindre 40 km/h sur route, il n’y dépassait en réalité que rarement les 25 km/h et se contentait d’environ 12 km/h en tout-terrain[2].

Avec 6,4 t, le Panzerjäger I était toutefois bien plus lourd que le Panzer I, un problème aggravé par la répartition différente de la charge, qui portait davantage sur l’avant[9]. Ce poids excessif avait pour conséquence une usure accélérée de l’ensemble des composants moteurs, rendant les pannes fréquentes.

Armement et équipement[modifier | modifier le code]

Armement principal[modifier | modifier le code]

L’armement principal du Panzerjäger I était le canon antichar 4,7-cm Pak(t) fabriqué par Skoda. Ce modèle ne faisant pas partie des prises de guerre faite au moment de l’annexion de la Tchécoslovaquie, le Waffenamt dû passer une nouvelle commande auprès de l’entreprise. Les pièces étant par ailleurs livrées avec leur affût, la procédure de fabrication du Panzerjäger était rallongée par la nécessité de le démonter avant d’installer la canon sur le châssis[3].

Munitions[modifier | modifier le code]

L’approvisionnement réglementaire était de soixante-quatorze obus perforants Pzgr. 36(t) et dix obus explosifs[10]. Les équipages pouvaient cependant parfois disposer d’autres types de munitions, comme le Pz.Gr.40, un obus perforant spécial dont le cœur était en tungstène et pouvait pénétrer 60 mm de blindage, mais n’était disponible qu’en très faibles quantités[5]. Les obus perforants de leur côté pouvaient traverser environ 50 mm de blindage jusqu’à 500 m, mais les cibles pouvaient être détruites jusqu’à 1 000 m en faisant ricocher les obus sous les blindés ennemis[11].

Il était par ailleurs prévu que chaque char puisse disposer d’une réserve de cent quarante-six obus perforants et vingt-six explosifs dans le train d’approvisionnement[12]. Dès la campagne de France, les équipages demandèrent toutefois à ce que le ratio d’obus explosifs soit augmenté à 50% et notèrent également que les espaces de stockage étaient mal conçus, les obus ne pouvant parfois rentrer dans les casiers, dont la disposition amenait également parfois à utiliser le mauvais type de munition par erreur si le chargeur n’était pas particulièrement vigilant[11].

Armement secondaire[modifier | modifier le code]

Le char était dépourvu d’armement secondaire, l’équipage disposant seulement d’un Pistolet-mitrailleur MP38 avec environ deux cents cartouches pour se défendre contre l’infanterie[13].

Protection[modifier | modifier le code]

Le châssis du Panzer I ne fut pas modifié et conservait le même blindage de 13 mm, tandis que le bouclier faisait 14,5 mm d’épaisseur[2].

La protection offerte par le blindage était dans l’ensemble insuffisante, les équipages faisant notamment remarquer dans leurs rapports que le bouclier était facilement traversé par tous les projectiles de calibre supérieur à 7,92 mm, tandis que les canons antichars, y compris de ceux de 25 mm, pouvaient mettre le blindé hors de combat à n’importe quelle distance[11].

Le principal problème était néanmoins l’absence totale de protection sur l’arrière, le dessus et une grande partie des côtés, qui rendait l’équipage extrêmement vulnérable en cas d’enveloppement par de l’infanterie ou de bombardement d’artillerie[11].

Équipage[modifier | modifier le code]

L’équipage était de trois personnes : un chef de char, qui remplissait également le rôle de tireur, un chargeur et un conducteur, qui était pour sa part aussi responsable de la radio[12]. Leur disposition était considérée comme peu pratique, le chef de char ayant des difficultés à se faire entendre du pilote par-dessus le fracas de la bataille, ce qui pouvait être dangereux lorsque la situation exigeait une retraite ou un repositionnement rapide[14]. Cela posait également problème pour la communication avec le reste de l’unité, le chef de char ne pouvant entendre correctement la radio depuis son poste[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j et k Chamberlain, Doyle et Jentz 1993, p. 25.
  2. a b c d e f g h i j et k Jentz et Doyle 2004, p. 61.
  3. a b c et d Jentz et Doyle 2004, p. 46.
  4. a et b Jentz et Doyle 2004, p. 56.
  5. a b et c Jentz et Doyle 2004, p. 60.
  6. Chamberlain, Doyle et Jentz 1993, p. 52-53.
  7. Chamberlain, Doyle et Jentz 1993, p. 52.
  8. Jentz et Doyle 2004, p. 58-59.
  9. Jentz et Doyle 2004, p. 53, 61.
  10. Jentz et Doyle 2004, p. 60-61.
  11. a b c d et e Jentz et Doyle 2004, p. 54.
  12. a et b Jentz et Doyle 2004, p. 51.
  13. Jentz et Doyle 2004, p. 58, 61.
  14. Jentz et Doyle 2004, p. 55.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Peter Chamberlain, Hilary Doyle et Thomas Jentz, Encyclopedia of German tanks of World War Two, Londres, Arms and Armour Press, (ISBN 1854092146).
  • (en) Thomas Jentz et Hilary Doyle, Panzerjaeger : development and employment from 1927 to 1943, vol. 7-1, coll. « Panzer Tracts », (ISBN 097448623X).

Liens externes[modifier | modifier le code]