Palantir Technologies

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Ne doit pas être confondu avec Palantír (Le Seigneur des anneaux)

Palantir Technologies
logo de Palantir Technologies

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs Peter Thiel, Joe Lonsdale (en), Stephen Cohen (en) et Alex Karp (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Personnages clés Peter Thiel, Joe Lonsdale, Alex Karp (en), Stephen Cohen
Forme juridique Corporation de droit privéVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Palo Alto, Californie
Drapeau des États-Unis États-Unis
Direction Alex Karp
Actionnaires Fondateurs, salariés
Activité Big Data
Effectif 2000
Site web palantir.com

Capitalisation 15 milliards de $ (2014)[1] (non cotée en bourse)
Chiffre d’affaires 500 millions de $ (2012)

Palantir Technologies est une entreprise de services et d'édition logicielle spécialisée dans l'analyse et la science des données, communément appelé Big data ou mégadonnées, basée à Palo Alto en Californie. L'entreprise travaille pour la communauté du renseignement des États-Unis, notamment pour la NSA, la CIA et le FBI[2], ainsi que pour différents acteurs du système de défense américain, comme les US Marines, l'US Air force et les Opérations spéciales[3]. Palantir obtient en France un contrat avec la Direction générale de la Sécurité intérieure en 2016 [4]. Elle s'est diversifiée dans les secteurs de la finance, de l'assurance, de la santé et des biens de consommation courante. Elle met par ailleurs sa technologie à disposition d'ONG comme Community solutions[5].

Historique[modifier | modifier le code]

2003-2009 : fondation et premières années[modifier | modifier le code]

Officiellement établie en mai 2003, la société Palantir Technologies est considérée généralement comme ayant été fondée en 2004 par Peter Thiel, Alex Karp[6] et Nathan Gettings. Les premiers financements sont constitués par 2 millions de dollars versés par le bras financier de la CIA, la société In-Q-Tel, et par 30 millions de dollars de la part de Thiel et de son entreprise Founders Fund. Alex Karp est alors le PDG de Palantir. Le nom de la société vient de palantír, ou « pierre de vision », un objet magique décrit dans les ouvrages de J. R. R. Tolkien Le Seigneur des anneaux et Le Silmarillion.

Pendant trois ans, Palantir développe ses technologies grâce à des informaticiens et des analystes en provenance d'agences de renseignement, via des projets pilotes facilités par In-Q-Tel. Le concept logiciel est développé à partir de la technologie développée chez PayPal pour détecter les activités frauduleuses[6], dont une grande partie est l’œuvre de groupes criminels organisés russes. La compagnie affirme que des ordinateurs seuls utilisant une intelligence artificielle ne peuvent pas vaincre un adversaire sachant s'adapter. Palantir propose d'employer des analystes humains pour explorer les données de nombreuses sources, ce qu'elle nomme l'intelligence amplifiée.

2010 : les réseaux GhostNet et Shadow[modifier | modifier le code]

Un organisme canadien de recherche sur l'émergence du cyberespace, l'Information Warfare Monitor, utilise le logiciel offert par Palantir pour démasquer les réseaux GhostNet et Shadow. Le réseau GhostNet est un réseau d'espionnage basé en Chine qui ciblait plus d'un millier d'ordinateurs situés dans une centaine de pays, parmi lesquels ceux du bureau du Dalai Lama, de l'OTAN et d'ambassades. Le réseau Shadow est une opération d'espionnage basée aussi en Chine, qui a infiltré l'appareil de sécurité et de défense de l'Inde. Les cyber-espions ont volé des documents relatifs à la sécurité de l'Inde, à ses ambassades à l'étranger, et aux activités des troupes de l'OTAN en Afghanistan.

2010-2012 : croissance[modifier | modifier le code]

En avril 2010, Palantir annonce un accord avec Thomson Reuters pour vendre le logiciel Palantir Metropolis sous le nom de QA Studio. Le 18 juin 2010, le vice-président des États-Unis Joe Biden et le directeur du Bureau de la gestion et du budget Peter Orszag tiennent une conférence de presse à la Maison-Blanche pour annoncer le succès de la lutte contre la fraude, stimulée par le Recovery Accountability and Transparency Board (RATB). Biden attribue ce succès au logiciel de Palantir déployé par le gouvernement fédéral. Il annonce qu'il sera déployé dans d'autres agences gouvernementales, en commençant par Medicare et Medicaid.

En 2011, le chiffre d'affaires de Palantir est estimé à 250 millions de dollars.

2013 : renseignement et forces armées[modifier | modifier le code]

« À partir de 2013, les agences de renseignement aussi ont utilisé Palantir pour connecter des bases de données entre départements. Avant cela, la majorité des bases de données utilisées par la CIA et le FBI étaient cloisonnées, obligeant les utilisateurs à effectuer des recherches dans chaque base, une par une. Maintenant tout est interconnecté par la technologie Palantir. »
TechCrunch en janvier 2015

La fuite d'un document vers le site TechCrunch révèle qu'à partir de 2013 les clients de Palantir comprenaient au moins douze groupes au sein de l’administration fédérale, dont la CIA, le DHS, la NSA, le FBI, les US Marines, l' Air force, les Opérations spéciales, West Point, le Joint IED-defeat organization and Allies, le Recovery Accountability and Transparency Board et le National Center for Missing and Exploited Children (centre national pour les enfants disparus et exploités). À la même époque cependant, l'US Army continue à utiliser son propre outil d'analyse de données.

En septembre 2013, Palantir dévoile une levée de fonds de plus de 196 millions de dollars, selon le dépôt enregistré à la SEC. On estime alors que la société pourrait atteindre un montant annuel d'un milliard de dollars de contrats en 2014. Le PDG Alex Karp annonce en 2013 que la compagnie ne serait pas introduite en bourse, car « cela rendrait une société comme la nôtre très difficile à diriger ». En décembre 2013, la compagnie lance une levée de fonds qui rapporte 450 millions de dollars provenant d'investisseurs privés, ce qui relève sa valeur à 9 milliards de dollars selon le magazine Forbes. Le magazine explique que cette valorisation place Palantir « parmi les entreprises technologiques non-cotées de la Silicon Valley les plus fortement valorisées ».

2014-2015: toujours plus de financements[modifier | modifier le code]

En décembre 2014, Forbes rapporte que Palantir cherche à lever 400 millions de dollars de fonds supplémentaires, après avoir accompli les démarches administratives auprès de la SEC un mois plus tôt. L'information se base sur une recherche faite par VC Experts. Si la levée se réalise, Forbes affirme que le financement de Palantir pourrait atteindre 1,2 milliard de dollars. En décembre 2014, la société a toujours différents financeurs privés, les milliardaires Kenneth Langone et Stanley Druckenmiller, In-Q-Tel de la CIA, Tiger Global Management et Founders Fund, une société de capital-risque dirigée par Peter Thiel, le président de Palantir. En décembre 2014, Peter Thiel, cofondateur de Paypal et investisseur précoce de Facebook, est le plus gros actionnaire de Palantir[7].

En novembre 2014, la valeur de l'entreprise est estimée à 15 milliards de dollars, ce qui la place en troisième position des start-up les plus valorisées au monde, après Uber et devant AirBnb, Snapchat ou SpaceX[7]. Elle fait partie des 37 start-up valorisées à plus d'un milliard de dollars.

En juin 2015, le site Buzzfeed rapporte que la compagnie a levé jusqu'à 500 millions de dollars de capital supplémentaire, portant sa valorisation à 20 milliards de dollars.

Localisation et conditions de travail[modifier | modifier le code]

Le siège de Palantir est situé à Palo Alto en Californie, à proximité de l'Université Stanford, dont les fondateurs et une grande partie des employés sont issus. La société dispose également de bureaux à Los Angeles, New York, Washington DC, Seattle et Ottawa, ainsi qu'en Europe (Londres et Paris), en Océanie (Sydney, Canberra et Wellington) et en Asie (Singapour, Tokyo et Abu Dhabi).

Palantir, à l'image de nombreuses start-up de la Silicon Valley, est connue pour offrir de multiples avantages à ses employés afin d'attirer les talents et d'améliorer leur productivité : vacances illimitées, repas et snacks gratuits ouverts aux familles et amis des employés, salles de gym, de jeux, clubs sportifs, d’œnologie, pressing, bureaux debout/assis etc[8].

Palantir et la DGSI[modifier | modifier le code]

À l'été 2016, un contrat de 10 millions d'euros aurait été conclu avec la DGSI. Compte tenu du problème de souveraineté posé par l'achat d'un système aussi stratégique à une entreprise américaine, cette solution serait temporaire. Plusieurs autres entreprises avaient répondu à l'appel d'offres, classifié, mais ont été écartées, notamment Thalès[9].

Des formateurs sont en train d’être recrutés et déployés au siège de la DGSI, à Levallois, tandis qu’un expert venu de la DGSE est chargé "d’auditer le nouveau système pour débusquer la moindre porte dérobée"[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.journaldunet.com/solutions/saas-logiciel/palantir-valorisation-de-15-milliards-de-dollars-0115.shtml
  2. (en) Andy Greenberg et Ryan Mac, « How A 'Deviant' Philosopher Built Palantir, A CIA-Funded Data-Mining Juggernaut », Forbes,‎ (lire en ligne)
  3. Leaked Palantir Doc Reveals Uses, Specific Functions And Key Clients, site d'information TechCrunch, 11 janvier 2015
  4. Olivier Tesquet, Palantir, l'encombrant ami américain du renseignement français, Telerama.fr, 27 janvier 2017
  5. « Les outils numériques viennent en aide aux abris »
  6. a et b Zak Allal et Martin Biéri, Sylvain Gemberlé, « Palantir Technologies, la start-up qui a révolutionné le monde du renseignement », sur portail-ie.fr, (consulté le 22 décembre 2015)
  7. a et b (en) « Wall Street Journal - Billion dollar club » (consulté le 24 mars 2015)
  8. « Palantir Technologies – Avantages sociaux et autres avantages », sur Glassdoor (consulté le 24 mars 2015)
  9. a et b Olivier Tesquet, « Palantir, l'encombrant ami américain du renseignement français », Télérama,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]