Palais des papes de Castel Gandolfo

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Palais des papes
de Castel Gandolfo
Image illustrative de l'article Palais des papes de Castel Gandolfo
Vue panoramique du palais des papes et de Castel Gandolfo
Nom local Palazzo di Castel Gandolfo Apostolico
Type Château fort
Architecte Carlo Maderno ...
Début construction 1200
Propriétaire initial Famille Gandolfi
Destination initiale Château fort
Propriétaire actuel Vatican
Destination actuelle Palais de villégiature d'été du Vatican
Coordonnées 41° 44′ 50″ N 12° 39′ 01″ E / 41.7471877, 12.650364841° 44′ 50″ Nord 12° 39′ 01″ Est / 41.7471877, 12.6503648
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région historique Latium
Localité Castel Gandolfo

Géolocalisation sur la carte : Latium

(Voir situation sur carte : Latium)
Palais des papesde Castel Gandolfo

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Palais des papesde Castel Gandolfo

Le palais pontifical de Castel Gandolfo (en italien : Palazzo Pontificio ou Palazzo Apostolico) est une résidence papale qui se situe dans le palais de villégiature d'été du XIIIe siècle sur un domaine de 55 hectares, à Castel Gandolfo, au Mont Albain, à 20 km au sud-est de Rome en Italie. Propriété du Vatican, bénéficiant d'une extraterritorialité, en vertu des accords du Latran, il est surnommé « Vatican II » par le pape Jean-Paul II (1920-2005).

Historique[modifier | modifier le code]

Vers 1200 la famille Gandolfi fait construire un château fort baptisé Castel Gandolfo sur les ruines du vaste domaine historique de la cité antique d'Albe la Longue du XIIe siècle av. J.-C., et de la villa romaine Albanum Domitiani du Ier siècle, résidence d'été construite par l'empereur romain Domitien (51-96). Le domaine, qui s'étend sur 14 km2 sur le Mont Albain entre la Via Appia et le lac d'Albano, passe quelques décennies plus tard aux mains des Savelli (en) qui le gardent pendant trois siècles.

En 1596, par la bulle de la Congrégation des Barons, le palais Gandolfo-Savelli et le vaste domaine sont acquis par la Chambre apostolique du Saint-Siège sous le pape Clément VIII, au motif que le famille Savelli refusait d'honorer une dette de 150 000 écus contractée à la fin des années 1490 auprès de cette Chambre[1]. Par le décret consistorial du 26 mai 1604, ils sont incorporés au patrimoine inaliénable du Saint-Siège et sont choisis comme lieu de villégiature d'été par de nombreux papes à partir de 1626 sous le pontificat d'Urbain VIII, pour échapper à la canicule romaine avec son climat estival local sec et frais. C'est en effet ce dernier, prince Barberini, qui confie à l'architecte Carlo Maderno, une importante vague de travaux de restauration et d'aménagement de la forteresse (sur les ruines de la villa de Domitien) avec vue sur le lac, Rome et la mer ainsi que la construction d'une villa proche de la forteresse (appelée villa Barberini) de 1623 à 1644[2].

Le pape Benoît XIV fait construire en guise de salon d'apparat un salon chinois[3].

En 1870, à la suite de la prise de Rome par les troupes du roi Victor-Emmanuel II d'Italie (annexion de Rome au Royaume d'Italie (1861-1946) et la fin des États pontificaux et du pouvoir temporel) et à la controverse de la question romaine, le palais est fermé durant 60 ans en même temps que toute les résidences papales hors du Vatican. En 1929 le palais redevient résidence d'été pontificale avec un statut d'extraterritorialité, avec la création de l'État du Vatican à la suite des accords du Latran, signés le 11 février entre le président Benito Mussolini et le pape Pie XI. La même année est créée une ferme biologique dans les jardins[4].

Améliorés à plusieurs reprises entre 1930 et 1934 par le pape Pie XI qui y fait installer l'électricité (d'où son nom gravé au-dessus de nombreuses portes : Pius XI, P.M[5].), le palais et le domaine pontifical, associés aux domaines voisins des Villa Cybo, Villa Barberini et jardin du Maure, s’étendent sur une surface supérieure aux 44 hectares du Vatican, avec 55 hectares (2 km de long sur 150 à 800 m de large), allant du centre de Castel Gandolfo jusqu'aux abords d'Albano Laziale au sud.

En 1934 le télescope du Vatican de l'Observatoire du Vatican, confié depuis l’origine à la Compagnie de Jésus, est transféré sur le toit du palais, la colline du Vatican n’offrant plus l’obscurité nocturne nécessaire aux observations de la voûte céleste.

À partir de 1943, la résidence pontificale accueille plus de 3 000 réfugiés juifs à la suite des rafles qui ont lieu en Italie[6].

25 hectares du domaine sont destinés à l´exploitation agricole et à l'approvisionnement du Vatican en primeurs et en lait issus de l'agriculture biologique.

Les papes Pie XII (1876-1958) et Paul VI (1897-1978) sont décédés dans ce palais. Jean XXIII initie la tradition de réciter l'angélus dominical depuis le petit balcon du premier étage[7], avec les fidèles venus se masser dans la cour. Jean-Paul II fait installer une piscine[8] et un toit coulissant dans la cour du palais apostolique pour se protéger du soleil. Benoît XVI, qui déclare « Castel Gandolfo est ma seconde maison », y passe quelques mois après sa renonciation effective du , avant de se retirer au Monastère Mater Ecclesiae du Vatican[9].

En 2014, le pape François ouvre au public les jardins de Castel Gandolfo (jardin Barberini, jardins du Belvédère, ruines du palais impérial de l'empereur Domitien), des visites guidées ayant lieu depuis le premier mars[10]. Il juge en effet la villa Barberini entretenue par une cinquantain d'employés aux vêtements noirs à liseré rouge, une résidence d’été trop imposante pour y prendre ses quartiers d’été[11].

Architecture[modifier | modifier le code]

Une enceinte haute de trois à sept mètres de haut contourne le parc couvert de passages fermés, arcades, et galeries souterraines[12].

Les jardins à l'italienne respectent la disposition antique des trois terrasses. Le palais se trouve dans la ville de Castel Gandolfo[13].

La salle d'audience moderne[14] peut accueillir 800 personnes[15].

L'organisation et la décoration du Castel Gandolfo recopie celles des appartements du Vatican : meubles dorés surmontés de crucifix, tentures de damas rouge, sièges aux armes pontificales[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'est ainsi qu'au-dessus de la porte de la forteresse sont sculptées les armoiries de Rome, du Saint-Siège et des Savelli et est gravée « Qui potenti minora negat, maiora permittit »
  2. (it) Claudio Rendina, La santa casta della Chiesa - I peccati del Vaticano - L'oro del Vaticano, Newton Compton Editori,‎ 2013, p. 441
  3. Photographie du Salon chinois
  4. Muriel Frat, « Le pouvoir prend ses quartiers d'été », Le Figaro, mardi 15 juillet 2014, page 16.
  5. P.M. pour « Pontifex Maximus ».
  6. Le roman du Vatican secret : Baudouin Bollaert & Bruno Bartoloni p. 22
  7. La galerie d'Alexandre VII donne accès à ce balcon.
  8. Piscine de 8 mètres sur 16, offerte par des Canadiens d’origine polonaise.
  9. Christophe Dickes, Dictionnaire du Vatican, Robert Laffont,‎ 2013, p. 221
  10. « Italie : le pape ouvre au public les jardins de Castel Gandolfo », sur Le Parisien,‎
  11. Caroline Pigozzi, « Le paradis des papes », sur Paris Match,‎
  12. François de Labarre, « En direct de Castel Gandolfo, la "forteresse" imprenable », sur Paris Match,‎
  13. Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Vatican, Petit Futé,‎ 2012, p. 280
  14. Salle dite des Gardes suisses avec le trône symbolique
  15. (en) Paul Hofmann, The Vatican's Women, Macmillan,‎ 2002, p. 107
  16. Christophe Dickès, Dictionnaire du Vatican et du Saint-Siège, Robert Laffont,‎ 2013, p. 43

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]