Paix d'Augsbourg

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La première page du document publiant la Paix d'Augsbourg. Mayence, 1555.

La Paix d'Augsbourg est un compromis qui suspend les hostilités entre les États luthériens et les États catholiques en Allemagne, le . Ce compromis est basé sur le principe : « cujus regio, ejus religio » (« tel prince, telle religion »).

La Paix d'Augsbourg signe l'échec de la politique d'unification sous la religion catholique de l'Empire menée par Charles Quint. Il abdique la couronne impériale en faveur de son frère Ferdinand Ier qui bien que catholique est partisan d'un compromis avec les princes luthériens[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Pour combattre la Réforme, Charles Quint promulgue en 1521 l'édit de Worms qui interdit strictement l'exercice de la confession luthérienne. Il recommence en 1529 en réunissant une diète à Spire qui décide que la messe doit être célébrée selon le rite catholique même dans les territoires protestants. Les partisans de Luther refusèrent cette décision et furent dès lors surnommés protestants.

En 1546, l'Empereur opte pour l'action militaire, combattant les princes luthériens unis dans la ligue dite de Schmalkalden. Malgré une victoire militaire, une négociation s'impose : les protestants comptent trop d’adeptes parmi les puissants princes allemands. Une négociation commence à Augsbourg.

Le , la Paix d'Augsbourg suspend les hostilités entre les États luthériens et les États catholiques en Allemagne. C’est un compromis qui n’a pu voir le jour qu’en éludant un grand nombre de questions litigieuses. Elle repose sur le principe fondamental, même si la formule en tant que telle n’est pas présente dans le texte : « cujus regio, ejus religio » habituellement rendu par « tel prince, telle religion », plus exactement « celui qui possède le territoire détermine la religion ».

Les princes et les seigneurs sont désormais libres de choisir, pour eux, leurs vassaux et leurs sujets, entre les deux confessions chrétiennes. Les sujets en désaccord avec la religion de leur suzerain ont le droit d’émigrer. Le protestantisme devient de fait une religion « légale » dans l’Empire : non comme une liberté religieuse accordée à tous, mais comme une sorte d’excroissance des prérogatives des princes et comtes d’Empire. Elle permet aux princes protestants de conserver les biens de l'Église qu'ils ont sécularisés. Le luthéranisme en tire d'importants avantages et se retrouve à égalité avec les catholiques.

Cette paix relative prendra fin avec la Défenestration de Prague (1618) qui est à l'origine de la guerre de Trente Ans.

En 1999, la déclaration commune sur la justification par la foi fut signée à Augsbourg pour commémorer la paix d'Augsbourg.

En commémoration du rôle joué par Augsbourg pour la paix, la ville a reçu en 2012 le Prix Manhae pour la paix.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Bérenger, Histoire de l'empire des Habsbourg, Fayard 1990, rééd. Tallandier 2012 T.I p. 249

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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