Pair-et-Grandrupt

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Pair-et-Grandrupt
Pair-et-Grandrupt
La mairie-école.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Vosges
Arrondissement Saint-Dié-des-Vosges
Canton Saint-Dié-des-Vosges-2
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Saint-Dié-des-Vosges
Maire
Mandat
René Bastien
2014-2020
Code postal 88100
Code commune 88341
Démographie
Population
municipale
545 hab. (2014)
Densité 119 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 16′ 55″ nord, 7° 01′ 10″ est
Altitude 388 m
Min. 354 m
Max. 474 m
Superficie 4,58 km2
Localisation

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Pair-et-Grandrupt est une commune française située dans le département des Vosges en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Pair-et-Grandrupt s'étage sous forme de différents vallons et collines entre la prairie de la vallée de la Fave qui commence à 350 mètres d'altitude et les collines de l'Ormont au relief mamelonné vers le nord, en particulier à proximité du Chêne de la Vierge, arbre portant chapelotte sur la commune de Nayemont-les-Fosses à 474 mètres d'altitude. Le territoire forme un triangle entre Neuvillers-sur-Fave à l'est, Nayemont-les-Fosses à l'ouest et au nord, Remomeix et Sainte-Marguerite au sud.

Aux yeux des observateurs ignorants de la civilisation montagnarde vosgienne, la commune de Pair-et-Grandrupt ne semble pas affirmer une forte unité ; l'habitat de cette vieille contrée des collines de l'Ormont apparaît dispersé, le relief est vallonné et la voirie mal développée. Sa belle modernisation facilite pourtant l'alignement de nouvelles habitations qui colmate par ce récent réseau la vieille dispersion de fermes et de hameaux. En réalité, la rurbanisation après 1970 qui survient après une longue déprise agricole depuis 1890 a contribué à façonner le paysage. L'eau assez rare sur ce versant de montagne effondré a longtemps dicté les lois de répartition.

La civilisation montagnarde de l'attelage a été confiante, solidaire et peu craintive. Chaque famille a installé sa maison à sa guise si elle disposait de l'eau nécessaire pour les hommes et les troupeaux. La maison commune est une maison comme les autres, reliées par des dédales de chemins, et n'a pas besoin de protection ou de rassemblement protecteur spécifique. Ainsi au voisinage de la mairie-école, même aujourd'hui, la densité ne s'accroît point. La vie religieuse a été marquée par un christianisme de chapelle. Le sanctuaire de Bertrimoutier, antique cimetière-ossuaire sur l'autre rive de la Fave, a ainsi accueilli les morts du flanc méridional de l'Ormont, de Vanifosse jusqu'à Frapelle ou Beulay. La commune de Pair-et-Grandrupt n'a jamais eu de cure ni d'église et dépend aujourd'hui encore de la grande paroisse de Bertrimoutier.

La commune qui accueille chaque année depuis plus de dix années de nouveaux résidents est en croissance et doit ajuster ses services aux besoins croissants.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Pair-et-Grandrupt doit son appellation à deux gros hameaux ou centres d'habitats dispersés, le Pair et Grandrupt.

Le nom d'un localité comme (le) Pair ne provient pas, comme les médiévistes ont souvent pu l'affirmer, d'un pariage entre deux seigneurs avant le XIIIe siècle ou au Moyen Âge central. Lorsque deux financiers possesseurs de terres et de droits sur les habitants décide d'apparier et de gérer leurs possessions en commun et de façon indissociable pour éviter un émiettement préjudiciable. Même si cette association est apparemment solide et maintenue par la tradition paysanne soumis aux contraintes et aux devoirs envers ce partenariat seigneurial, elle ne laisse souvent aucune trace toponymique.

Grandrupt pourrait désigner une vallée moins étroite que les autres. Mais les collectes systématiques indiquent une ancienneté du tissu toponymique, peu compatible avec des appellations françaises modernes si ce n'est après déformation et incompréhension. L'interprétation en français des Lumières n'est en plus que bien peu pertinente car les vallées du flanc méridional effondré de l'Ormont (montagne) sont similaires, encaissées, tortueuses et étroites. Il reste que le gallo-romain Grangia, la grange d'ailleurs retrouvée dans les archives pour la Grande Fosse, Grangia Fossa, peut s'être accolé à rupti(s), génitif de rupt(us) "ruisseau en pente, fosse". Une grange dans une petite vallée étroite indique un lieu de pouvoir nourricier, qui est corrélé à une activité économique ou marchande. Ici point de véritable route, mais il reste une activité d'extraction[1]

En effet, en amont du vallon, une mine de cuivre[2], recelant peut-être d'autres oxydes métalliques, a été répertoriée dans les inventaires anciens. Il reste d'ailleurs de vieilles galeries difficilement accessibles. Les plus récentes datent d'une reprise d'activité au XVIe siècle. Les ressources minières les plus accessibles ont vraisemblablement été exploitées dès le Néolithique, contribuant ainsi à ouvrir le vallon à l'aide d'une voie et à l'installation de grange ou grenier à grains, haut édifice visible de loin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le versant méridional de l'Ormont, entre Vanifosse et Frapelle, a été éparpillé entre une multitude de protecteurs ou seigneurs tout en gardant un noyau d'administration longtemps ecclésiastique à partir de la grande mairie, héritière d'un monastère, Bertrimoutier. Cette entité assurait le contrôle de habitants qui souvent encore au dix-neuvième siècle portaient leurs morts au cimetière de Bertrimoutier.

Temps anciens[modifier | modifier le code]

Le Paire et Grandrupt forment un village du duché de Lorraine. Celui-ci a été détaché de Neuvillers, avec lequel il formait une seule grande communauté entre Nayemont et Frapelle à une date ancienne, probablement bien après que le vieux Villers eut été abandonné pour le nouveau Villers ou Neuvillers[3].

Mais il a existé une époque où les communautés montagnardes du versant méridional de l'Ormont avaient conscience d'appartenir à un vieil ensemble refuge dont un des centres-clefs était le vieux Villers. Les habitants du Pair-et-Grandrupt ont farouchement gardé depuis ce temps leurs droits d'usage, chauffage, marronnage, charronnage et clôture dans la forêt d'Ormont.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

En 1594, il appartient à la prévôté de Saint-Dié et au bailliage de Nancy. Les différentes occupations françaises n'ont pas altéré cette organisation, mais le bailliage est placé à Saint-Dié en 1710. Les gouvernants de la subdélégation française en 1751 pour le compte de Stanislas, duc de Lorraine, rappellent la coutume lorraine.

En 1710, des documents fiscaux montrent 23 foyers et quatre garçons[4]. On peut estimer à plus d'une centaine et à moins de deux cents habitants en tenant de la misère et de l'extrême froidure, tantôt en glace, tantôt neige, durant les années 1680-1710.

La commune Le Paire-et-Grandrupt intègre le canton de Bertrimoutier, créé dans le nouveau district de Saint-Dié, du département des Vosges.

Le Paire-et-Grandrupt en 1845[modifier | modifier le code]

La statistique départementale signale que le cœur de cette modeste commune de 378 habitants est dans un vallon près de la rivière Fave, à 8 km de Saint-Dié et 65 km d'Épinal. Toutefois, la route départementale no 15, de Saint-Dié à Strasbourg, traverse le hameau de Vanifosse.

Ainsi, les hameaux principaux Grandrupt, Le Paire et Vanifosse, auxquels il faut adjoindre les censes nommées Les Ahelis, Bois du Paire, Champ du Bois, Goute du Paire et la Queshir, comptent 65 maisons, occupées par 95 ménages. Les enfants vont aux écoles des communes voisines, suivant la convenance.

38 électeurs censitaires ont seulement le droit et aussi le devoir d'élire un conseil de dix représentants, qui choisit le maire et son adjoint. En 1849, le maire Marchal et l'adjoint Cunin affrontent le premier exode des jeunes qui partent chercher un labeur mieux rétribué dans les usines de Saint-Dié.

La surface territoriale se restreint à 459 ha.

  • 249 ha sont labourés en saison, on y sème du seigle voire du sarrasin, mais très peu de blé froment en automne, ainsi de l'avoine au printemps. Le lin, le chanvre et surtout la pomme de terre sont aussi cultivés ;
  • 106 ha sont en prés, fourrières et prairies ;
  • 55 ha en bois ;
  • 7 ha en vergers et jardins.

Un moulin à grains et deux scieries qui fonctionnent en saison attestent de l'activité de transformation des ressources.

Démographie historique[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1710 1780 1802 1830 1839 1845 1847 1849 1867
100160120175364378378369377
1880 1887 - - - - - - -
-351-------
(Source : Statistiques du département des Vosges, estimation pour les années 1710 avec 23 foyers fiscaux et 1780)

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avant mars 2001 En cours
(au 18 février 2015)
René Bastien   Professeur d'histoire-géographie

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[6],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 545 habitants, en augmentation de 9,88 % par rapport à 2009 (Vosges : -1,78 %, France hors Mayotte : 2,49 %).

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
5411199152305364378369360
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
360377384335351333336322312
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
302290272256259235217217200
1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014 - -
282406417439472539545--
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Scierie hydraulique de Vanifosse[9],[10].
  • Maisons et fermes du XVIIe siècle au XIXe siècle[11].
  • Dans un vallon accessible par un petit chemin depuis la route carrossable qui, à partir du village de Nayemont-les-Fosses, mène au lieu-dit du Chêne de la Vierge, une tombe à l'emplacement où son avion fut abattu en 1916 garde le souvenir de l'aviateur français Claude Théophile Funck-Brentano[12].
  • Monuments commémoratifs de Bertrimoutier[13].
  • Plaques commémoratives 1914-1918 et 1939-1945 sur la façade de la Mairie et Monument commémoratif 1914-1918[14].
La commune a été décorée le 22 octobre 1921 de la croix de guerre 1914-1918[15].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Il est remarquable que dans le folklore montagnard, le qualificatif grand autrefois considéré comme élogieux par les conteurs s'applique quasi-systématiquement aux lieux de présence des nains, êtres chtoniens, avides de richesses qui animent le monde minier ou de petits lutins ou génies protecteurs des récoltes et de leurs préservations à l'état sec. Tout se passe comme si les conteurs préservaient par cette artifice les lieux-dits ayant accueilli des activités rassembleuses d'hommes.
  2. Entre Fave et Meurthe venez découvrir la richesse et la diversité du petit patrimoine : Repère 4 : Entrée de la mine de cuivre
  3. Peut-être entre 1250 et 1300
  4. Terme alors en usage pour les célibataires.
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  9. « scierie hydraulique de Vanifosse », notice no IA88001783, base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. scierie de Vanifosse
  11. « maisons et fermes », notice no IA88000300, base Mérimée, ministère français de la Culture enquête thématique régionale (architecture rurale des Hautes-Vosges)
  12. La famille Funck-Brentano est d'origine luxembourgeoise. L'aviateur est Français car son père, l'historien Frantz Funck-Brentano est déjà naturalisé Français. Biographie rédigée par l'historien René Bastien dans "La guerre aérienne dans les Vosges. 1914-1919" ,Mémoire des Vosges H.S.C. édité par la Société philomatique vosgienne, [hors série n°5, année 2009], 68 pages (page 49 à 52).
  13. Monuments aux Morts 1914-1918 et 1939-1945 "Aux Morts des 7 communes de la Grande Paroisse - Bertrimoutier, Combrimont, Frapelle, Lesseux, Neuvillers-sur-Fave, Pair-et-Grandrupt, Raves" et Nécropole nationale
  14. Monuments commémoratifs
  15. Communes décorées de la Croix de guerre 1914-1918
  16. Site La FayetteGenWeb
  17. Liste de lorrains ayant combattu pour la guerre d'indépendance des Etats-Unis, Liste des lorrains ayant combattu pour la guerre d'indépendance des Etats-Unis