Pain de mort

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Le pain de mort (Pan de muerto) est une brioche saupoudrée de sucre parfois parfumée à la fleur d'oranger et parsemée de graines de sésame qui est consommé principalement dans les régions centrales du Mexique.

Au Mexique[modifier | modifier le code]

Il ne s'agit pas d'un produit de consommation courante mais d'une préparation exclusive, pour le rituel du Jour des Morts. Cette fête est célébrée les 1er et 2 novembre, par la confection de ce pain, considéré comme une offrande des plus populaires aux défunts.

Il existe plusieurs hypothèses quant à l'origine de cette pratique :

- Selon la tradition orale, elle daterait de 1519, à l'époque où la Nouvelle-Espagne est découverte, par les conquistadors espagnols. A leur arrivée dans ce territoire d'Amérique du Nord, ils découvrent les sacrifices humains. L'histoire raconte qu'une princesse a été offerte aux dieux. Son cœur battant encore a ,ensuite, été disposé dans un récipient avec des amarantes, plantes appelées aussi "immortelles", qui ne se fanent donc jamais (image d'immortalité). Ce sacrifice devait assurer la bonne récolte et la protection contre les ennemis. Les espagnols, condamnant ces pratiques païennes, élaborèrent un pain de blé, en forme de coeur, recouvert de sucre de couleur rouge, pour rappeler le sang du sacrifice de la princesse. C'est ainsi que le Pain des Morts voit le jour[1].

José Luis Curiel Monteagudo, dans "Azucarados Afanes, Dulces y Panes" , voit dans cette pratique une façon noble, à la fois, de se moquer de cette ancienne pratique anthropophage, et de vaincre la mort, en la mangeant[2].

- Une autre hypothèse daterait cette pratique de l'époque de la Mésoamérique avec les peuples indigènes Aztèques, Tarasques et Mayas. Ce pain, enterré avec le défunt, était confectionné de grains d'amarantes moulus et grillés, et du sang du défunt lui-même, afin d'être offert aux divinités Izcoxauhqui, Cuetzaltzin ou Huehuetéotl, pour garantir son passage vers l'au-delà. Ce pain prenait souvent la forme d'une idole appelée Huitzilopochtli, dieu tribal de la guerre et du soleil, protecteur des tribus aztèques, notamment[3].

Aussi, le pain des morts a une forme significative: La forme humaine est la plus basique avec une base circulaire supérieure rappelle le crâne humain. Les traces sur le dessus rappellent les tibias et la saveur de la fleur d'oranger rappelle l'esprit du défunt. Le pain peut cependant, avoir une forme zoomorphique (lapin, poisson, chien, papillon...), végétale (fleurs diverses, feuilles...) ou même des formes inspirées d'êtres surnaturels.

Ainsi, le jour de cette fête, les offrandes faites prennent des allures de banquet mortuaire, dominé par des aliments et des fleurs ou fruits de couleur jaune (couleur de la mort pour les cultures préhispaniques). Il y a aussi des objets comme la photo du défunt, des objets lui ayant appartenu, de l'encens, de la nourriture et du papier de chine troué[1].

En France[modifier | modifier le code]

Le pain des morts / Pan de Muertos *
UNESCO-ICH-blue.svg Inventaire du patrimoine culturel
immatériel en France
Pan de muerto mexicain.
Pan de muerto mexicain.
Domaines * Savoir-faire
Pratiques festives
Pratiques rituelles
Lieu d'inventaire Ile-de-France
Paris
* Descriptif officiel Ministère de la Culture et de la Communication (France)

Cette pratique, inscrite à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France depuis 2010, est l'héritage des migrations venues d'Amérique Latine. Dans le passé, ces pains étaient posés sur les tombeaux[4].

A Paris, célébrer cette fête est une façon de préserver les traditions mexicaines tout en les partageant aux français, dans un contexte de migration. Cette célébration consiste aussi, en la confection et la consommation du pain ainsi qu'en une offrande faite aux morts sur l'autel familial. Le pain peut être offert sur les autels publics de Paris. Lorsque ces derniers sont démontés, les pains sont offerts à un groupe restreint de personnes invitées.

Les pains sont confectionnés à la maison. Aucune boulangerie n'en vends.

La recette est des plus simple[5].

Le pain est préparé avec farine, œufs, sel, beurre, levure, fleurs d'oranger et anis :

- Mélanger les œufs, le beurre, la levure et le sucre avec la farine, jusqu'à obtention d'une pâte élastique;

- Laisser gonfler pendant six heures;

- Laisser une partie de côté pour la décoration finale;

- Réaliser une boule aplatie avec le reste de la préparation;

- Réaliser deux bandes et les poser en croix sur la boule aplatie;

- Sur leur jonction centrale, positionner un disque de pâte sur lequel sont reproduits des yeux et une bouche pour représenter un crâne[6].

En Corse[modifier | modifier le code]

En Corse, à l'occasion du Jour des Morts, le 2 novembre, on prépare le 'Panu di i morti', à base de farine de blé, de raisins secs et de noix. En fait il s'agit là d'une nourriture très énergétique permettant aux parents des défunts d'affronter la froidure hivernale pendant qu'ils se recueillent auprès des tombes de ces défunts.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (es) « Revista Buen Viaje » (consulté le 17 juillet 2017)
  2. (es) Kurczyn, Silvia, Azucadores afances, dulces y panes, Mexico, Xpert Press, , 120 p. (ISBN 9687533188)
  3. (es) Atienza, Juan G, Leyendas mágicas de España : el rescate de sorprendentes leyendas, origen de muchas de nuestras tradiciones / recopilación y comentarios., Madrid, EDAF, , 220 p. (ISBN 8441402752)
  4. « Ministère de la Culture », sur Ministère de la Culture (consulté le 17 juillet 2017)
  5. « Google », sur www.google.fr (consulté le 17 juillet 2017)
  6. Arnold Van Gennep, Manuel de folklore français contemporain, Paris, Picard, 1947-1953