Pain de mort

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Pain de mort sucré, typique du centre du Mexique.

Le pain de mort (pan de muerto) est une brioche saupoudrée de sucre, parfois parfumée à la fleur d'oranger ou aux graines de sésame, qui est consommée principalement dans les régions centrales du Mexique. Il ne s'agit pas d'un produit de consommation courante mais d'une préparation exclusive du Jour des morts. Le pain des morts a une forme significative : la forme humaine est la plus basique avec une base circulaire supérieure rappelant le crâne humain. Les traces sur le dessus rappellent les tibias et la saveur de la fleur d'oranger rappelle l'esprit du défunt. Le pain peut cependant avoir une forme zoomorphique (lapin, poisson, chien, papillon, etc.), végétale (fleurs, feuilles, etc.) ou même inspirée d'être surnaturel.

Origine[modifier | modifier le code]

Un étal de vente de pains de mort, à Coyoacán.

Il existe plusieurs hypothèses quant à l'origine de cette pratique. Selon la tradition orale, elle daterait de 1519, à l'époque où la Nouvelle-Espagne est découverte, par les conquistadors espagnols. À leur arrivée dans ce territoire d'Amérique du Nord, ils découvrent les sacrifices humains. L'histoire raconte qu'une princesse a été offerte aux dieux. Son cœur battant encore a, ensuite, été disposé dans un récipient avec des amarantes, plantes appelées aussi « immortelles », qui ne se fanent donc jamais (image d'immortalité). Ce sacrifice devait assurer la bonne récolte et la protection contre les ennemis. Les Espagnols, condamnant ces pratiques païennes, élaborèrent un pain de blé, en forme de cœur, recouvert de sucre de couleur rouge, pour rappeler le sang du sacrifice de la princesse. C'est ainsi que le pain des morts voit le jour[1].

José Luis Curiel Monteagudo, dans Azucarados Afanes, Dulces y Panes, voit dans cette pratique une façon noble, à la fois, de se moquer de cette ancienne pratique anthropophage, et de vaincre la mort, en la mangeant[2].

Une autre hypothèse daterait cette pratique de l'époque de la Mésoamérique avec les peuples indigènes aztèques, tarasques et mayas. Ce pain, enterré avec le défunt, était confectionné de grains d'amarantes moulus et grillés et du sang du défunt lui-même, afin d'être offert aux divinités Izcoxauhqui, Cuetzaltzin ou Huehuetéotl, pour garantir son passage vers l'au-delà. Ce pain prenait souvent la forme d'une idole appelée Huitzilopochtli, dieu tribal de la guerre et du soleil, protecteur des tribus aztèques, notamment[3].

Le pain des morts en France[modifier | modifier le code]

Le pain des morts mexicain à Paris *
Domaine Pratiques rituelles
Lieu d'inventaire Paris
France
* Descriptif officiel Ministère de la Culture (France)

La fabrication du pain des morts en France est entré à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France en 2010[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Revista Buen Viaje », sur www.revistabuenviaje.com (consulté le 17 juillet 2017).
  2. (es) Silvia Kurczyn, Azucadores afances, dulces y panes, Mexico, Xpert Press, , 120 p. (ISBN 9687533188).
  3. (es) Juan G. Atienza, Leyendas mágicas de España : el rescate de sorprendentes leyendas, origen de muchas de nuestras tradiciones / recopilación y comentarios, Madrid, EDAF, , 220 p. (ISBN 8441402752).
  4. « Le pain des morts mexicain à Paris », sur http://www.culture.gouv.fr, (consulté le 15 juin 2018).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]