Paco Ibáñez

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Paco Ibáñez
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Paco Ibañez au Théâtre Victoria Eugenia de Donostia - Saint-Sébastien, 30/01/2009
Informations générales
Surnom Paco Ibañez
Nom de naissance Francisco Ibáñez Gorostidi
Naissance (83 ans)
Valence, province de Valence
Flag of Spain (1931–1939).svg République espagnole
Activité principale Chanteur, guitariste
Genre musical Chansons poétiques, chansons populaires, chansons de révolte
Instruments Voix, guitare
Années actives 1956 - présent
Labels Polydor
Site officiel http://www.aflordetiempo.com/

Paco Ibáñez est un chanteur espagnol, engagé et libertaire, né à Valence en Espagne le .

Il est le frère cadet de l'acteur et scénariste Roger Ibáñez.

Il a traduit les chansons de Georges Brassens en espagnol.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, originaire de Valence, est ébéniste et sympathisant anarchiste. Paco passe sa petite enfance à Barcelone, puis la famille est obligée de fuir vers la France pendant la Guerre d'Espagne en 1937. Pendant la Seconde Guerre mondiale, son père est arrêté par la police du Régime de Vichy et incarcéré dans le camp de concentration d'Argelès-sur-Mer, comme de nombreux républicains espagnols[1],[2].

La mère, d'origine basque, et ses quatre enfants retournent au Pays basque espagnol, où ils se cachent dans la famille. En 1948, ils passent clandestinement la frontière pour retrouver le père à Perpignan. En 1951, Paco, à qui son père a fait apprendre la musique, « monte » à Paris, il y rencontre la chanteuse Carmela (Carmen Requeta) qu’il va accompagner à la guitare pendant huit ans. En effet, il a commencé en 1952 à étudier la guitare, il assiste aux cours de la Scola Cantorum, qu'il continuera avec le guitariste classique Andrés Segovia[1]. Il participe également à un trio réputé de musique sud-américaine avec Jesús-Rafael Soto et Carlos Caceres Sobrea, ils sont, de 1954 à 1961, des habitués de l'Escale et du Chat qui pêche, au Quartier latin, à Paris[3].

En 1958, une amie de Paco et de Pierre Pascal fait écouter à Salvador Dalí une maquette du disque de Paco contenant quelques chansons de Federico Garcia Lorca et de Góngora. Après l'écoute, Dalí demande à voir le « muchacho » qui a enregistré ces chansons. Lorsque les deux artistes font connaissance, ils ont l'idée d'illustrer la pochette avec un dessin réalisé par le peintre. C'est ainsi que Paco entame une étroite relation, non seulement avec le monde de la poésie et de la littérature en général, mais aussi avec les arts plastiques[1].

En 1964 Ibáñez enregistre son premier disque mais le succès viendra un peu plus tard. En 1966, il fonde, avec différents activistes culturels établis à Paris, La Carraca où l'on présente des spectacles en langue espagnole (représentations théâtrales, expositions de peinture, colloques littéraires, manifestations culturelles et projections cinématographiques) ; le chanteur catalan Joan Manuel Serrat y fait sa première apparition en France. À cette époque, la maison des Ibáñez à Paris est un lieu de passage et d'accueil de nombreux artistes, hommes politiques et intellectuels espagnols qui passent par la capitale française, viennent en exil ou font de simples escapades pour respirer « un air frais ».

En février 1968, Paco Ibáñez fait son premier concert officiel en Espagne, à Manresa, mais il s'est déjà produit plusieurs fois à Cadaqués de façon plus ou moins clandestine grâce à la proximité géographique de la frontière française. À partir de ce moment, son activité s'étend à diverses universités. Il parvient même à chanter Andaluces de Jaén (Andalous de Jaén) du poète Miguel Hernández, à la télévision espagnole (TVE)[1]. Juste après, il s'installe à Barcelone où son amitié avec le poète José Agustín Goytisolo se transforme en une intime collaboration.

En mai 1968, dans une émission de la télévision française réalisée en direct par Raoul Sangla, il présente son disque ainsi que le peintre Ortega, auteur des illustrations de la pochette, et chante La poesia es un arma cargada de futuro (La poésie est une arme chargée de futur), de Gabriel Celaya, et Balada del que nunca fue a Granada (Ballade de celui qui ne connut jamais Grenade) de Rafael Alberti.
Le succès vient dans les années 19681969. En , pour fêter les événements de mai 68, il chante dans la cour de la Sorbonne et devient un symbole de la lutte des étudiants.

En , à l’Olympia, il chante pour la première fois en public La mala reputación, traduction espagnole de La Mauvaise Réputation de Brassens, interdite en Espagne en 1971. Il quitte l'Espagne en 1971, et en 1973, il lui est interdit de chanter sur tout le territoire national[1].

En 1990, il retourne vivre en Espagne et vit à Barcelone depuis 1994.

Paco Ibáñez a refusé, à deux reprises, la médaille des Arts et des Lettres proposée par le ministre de la culture Jack Lang.

En 2004, il milite contre José María Aznar qu’il considère comme un fasciste, et le digne successeur de Franco.

En , Paco Ibanez et Lucien Gourong, conteur et écrivain de Bretagne, qui se sont liés d'amitié en 1975, organisent une grande soirée à l'Océanis de Ploemeur (Morbihan) en hommage aux républicains espagnols forcés de travailler sous les ordres des Allemands aux fortifications du mur de l'Atlantique et à l'édification des bases de sous-marins, dont celle de Lorient.

Le 6 octobre 2017, il donne un concert dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne pour le centenaire de l'Institut hispanique.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Paco Ibáñez n’a jamais écrit les textes de ses chansons mais a mis en musique des poèmes, des grands poètes espagnols ou latino-américains du XXe siècle comme :

et des poètes plus anciens comme :

Son dernier album, Paco Ibáñez canta a José Agustín Goytisolo, sorti en 2002, est composé uniquement de poèmes de Goytisolo.

Il a aussi traduit en espagnol les chansons de Georges Brassens (19211981)[1] : Paco Ibáñez canta Brassens

Discographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n (es) « Biografia de Paco Ibáñez », sur www.biografiasyvidas.com (consulté le 28 mai 2018)
  2. (es) Ediciones El País, « Entrevista | "Aún estoy en el camino" », El País,‎ (ISSN 1134-6582, lire en ligne)
  3. « Soto Jesús Rafael », sur imagoart.e-monsite.com (consulté le 28 mai 2018)
  4. (es) Ediciones El País, « Entrevista | "Me gusta ser un atizador de conciencias" », El País,‎ (ISSN 1134-6582, lire en ligne)

Liens externes et sources[modifier | modifier le code]

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