PHAROS

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

PHAROS est l'acronyme pour Plateforme d'harmonisation, d'analyse, de recoupement et d'orientation des signalements, un site web créé en 2009 par le Gouvernement français pour signaler des contenus et comportements en ligne illicites.

Histoire[modifier | modifier le code]

La plateforme est créée en 2009 et intègre l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication, une branche de la direction centrale de la Police judiciaire[1].

À la fin de l'année 2019, PHAROS est constituée de 27 personnes. En , 1 584 130 signalements avaient été traités par PHAROS depuis sa création[2]. Elle reçoit plus de 4 400 signalements par semaine, en moyenne, dont 57 % sont liés à des escroqueries et arnaques financières[3].

À la suite de l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine, et alors que certains messages menaçants du tueur de Samuel Paty y avaient été signalés sans faire l'objet d'enquête approfondie[4], le gouvernement ajoute vingt policiers et gendarmes afin que la plateforme fonctionne toute l'année 24 heures sur 24[5].

Les agents de la plateforme filtrent les messages les plus inquiétants pour les transmettre aux services de renseignement ou aux services antiterroristes, et entre janvier et octobre 2021, 510 signalements ont été transmis aux autorités judiciaires[6].

Signalements[modifier | modifier le code]

Année 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
Signalement 52 353[7] 77 646[8] 101 771[8] 119 788[8] 123 987[7] 129 000[9] 188 000[10] 170 712[9] 153 586[9] 163 723[11] 228 545[12] 289 590[13]

La typologie des signalements pour les 163 723 signalements reçus par la plateforme en 2018 est la suivante :

  • 90 190 signalements dans le domaine des escroqueries et extorsions ;
  • 20 547 dans le domaine des atteintes aux mineurs (pédopornographie, prédation sexuelle, etc.) ;
  • 14 332 signalements dans le domaine des discriminations ;
  • 4 567 signalements dans le domaine de l'apologie et de la provocation à des actes terroristes[11].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Les signalements peuvent être réalisés par n'importe quel citoyen sur le site Internet de la plateforme. Une équipe de 50 agents de police et de gendarmerie analysent les signalements, et peuvent « alerter les services compétents tels la police nationale, la gendarmerie nationale, les douanes, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes en France et à l’étranger (en passant par Interpol) »[2],[14].

L’équipe de Pharos communique avec les grandes plateformes comme Facebook ou Twitter, à qui elle demande régulièrement la suppression de contenus faisant l'apologie du terrorisme, ou à caractère pédopornographique[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Comment fonctionne Pharos, la plateforme de signalement sur internet ? », sur LExpress.fr, (consulté le ).
  2. a b et c « Comment fonctionne Pharos, la plate-forme de signalement des contenus illicites en ligne ? », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. David Di Giacomo, « Enseignant décapité : la plateforme Pharos avait reçu un signalement du compte Twitter de l'assaillant », sur francetvinfo.fr, (consulté le ) : « Depuis sa création en 2009, cette plateforme a déjà traité plus d'un million et demi de signalements, selon le bilan établi en février 2020. ».
  4. Pharos : 9.720 demandes de retrait de contenus internet à caractère terroriste depuis janvier sur franceinter.fr du 14 octobre 2021
  5. Julien Lausson, « Le portail PHAROS va désormais traiter les signalements 24h/7j », sur Numerama, (consulté le )
  6. « Les cyber-policiers de Pharos veulent tirer les leçons du désastre Paty », sur LExpress.fr, (consulté le )
  7. a et b « Question n°29955 - Assemblée nationale », sur questions.assemblee-nationale.fr (consulté le )
  8. a b et c Direction générale de la police nationale, « L'OCLCTIC de la DCPJ présente PHAROS »
  9. a b et c « 153.000 signalements de contenus illicites sur la plateforme Pharos », sur www.20minutes.fr (consulté le )
  10. Xavier Berne, « Dans les coulisses de la plateforme de signalement Pharos », sur www.nextinpact, (consulté le )
  11. a et b Rapport 2018 sur la lutte contre le racisme - Contribution complémentaire du ministère de l'intérieur, (lire en ligne), p. 27-31
  12. #LeBrief, « 228 545 signalements adressés à PHAROS en 2019 », sur www.nextinpact.com, (consulté le )
  13. CNCDH, La lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie, La documentation française, (lire en ligne), p. 146
  14. « Cybercriminalité : la plateforme Pharos va désormais fonctionner 24h sur 24h », sur France Bleu, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]