Pêche à l'aimant

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Pêche à l'aimant dans la Scarpe à Lallaing, en France.

La pêche à l'aimant, également appelée pêche magnétique, est la recherche d'objets ferromagnétiques dans les eaux extérieures à l'aide d'un puissant aimant au néodyme[1].

Ce loisir combine l'écologie avec la chasse au trésor. Les aimants utilisés sont assez puissants pour repêcher de gros déchets comme des morceaux de bicyclettes, des fusils, des coffres-forts, des bombes, des pièces de monnaie et des pièces automobiles (jantes, etc.) dans des plans d'eau. Certains de ceux qui s'engagent dans ce passe-temps le font dans un but de dépollution et pour l'environnement[2], tandis que d'autres ont l'espoir de trouver des objets rares ou précieux.

Les aimants utilisés sont spécialement conçus pour récupérer des objets perdus au fond des plans d'eau[3]. Il existe trois types principaux de ces aimants : à double face, simple face et 360°[réf. nécessaire].

Les personnes qui pratiquent la pêche à l'aimant dans les pays anglo-saxons peuvent être nommés « magnetfishers », « magneteers », ou « neodemons » (selon un jeu de mot sur néodyme). Ce passe-temps étant encore balbutiant, aucun des noms ne s'est encore imposé[4]. En France ils sont nommés "pêcheurs à l'aimant"[5].

Des pêcheurs à l'aimant amateurs en Belgique ont aidé la police par la récupération de nouveaux éléments de preuve, plus précisément des armes à feu et de munitions, liées aux crimes des tueurs du Brabant[6]. D'autres ont remonté des bombes[7], certaines encore actives ayant entraîné des blessures[8].

Il n'existe à ce jour pas de loi régissant la pratique de la pêche à l'aimant, la question a été posée au Sénat le et est toujours en attente de réponse du Ministère de la transition écologique et solidaire[9].

Pratiquée fréquemment sans aucune autorisation administrative ou de celle du propriétaire des lieux, elle fait encourir un risque aux magneteers[10], à la faune et à la flore aquatique et au patrimoine archéologique immergé. Aussi des arrêtés municipaux et préfectoraux ont été pris pour interdire la pêche à l'aimant sauvage et pour informer le public.

Vélos et scooters pêchés à l'aimant (et/ou au grappin) exposés le long du Canal du Midi (Toulouse, France).

Le , le préfet de la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises placée près le Ministère de l'Intérieur a diffusé une note[11] à l'attention des préfets de département pour confirmer les risques de la pêche à l'aimant, notamment suite à l'incident du à Ferrière-La-Grande (59). Elle y affirme que « Les règles de la pêche à l'aimant sont identiques à celles encadrant la détection d'objets enfouis [...] ». Les autorisations du propriétaire des lieux (terrains privés dont aquatiques) et du préfet sont obligatoires ainsi que pour les cours d'eau, lacs, rivières, fleuves et canaux avec celle de l'État, propriétaire des biens sous-marins. Des préfets et des élus ont mis en œuvre des arrêtés interdisant ce type de pêche[12]. C'est le cas des préfectures départementales de la Somme, de la Vienne, de Meurthe-et-Moselle etc. Un rappel à la législation en vigueur est fait par d'autres préfectures pour informer le public. C'est le cas des préfectures des Alpes-de-Haute-Provence et du Var.

La pêche à l’aimant est moins exigeante que la détection. La législation ne demande aucune autorisation particulière[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Magnet Fishing », sur K&J Magnetics (consulté le 26 avril 2017)
  2. « Environnement : la pêche à l'aimant utilisée pour assainir les rivières », sur Franceinfo, (consulté le 22 mars 2020)
  3. (en) « How to Go Fishing With Magnets », sur Apex Magnets (consulté le 26 avril 2017)
  4. (en) « We're called "magnateers?" » [html], sur Reddit, reddit inc, (consulté le 20 octobre 2017)
  5. « [Diaporama] Les pêcheurs à l'aimant ne chôment pas à Mulhouse », sur www.dna.fr (consulté le 22 mars 2020)
  6. (nl) Raad voor de journalistiek, « 'Magneetvissers' bezorgen dozen met munitie en wapens aan speurders Bende van Nijvel », De Standaard, Antwerp, Belgium, Nieuwsblad.be,‎ (lire en ligne [html], consulté le 27 octobre 2017)
  7. « Morbihan. Il pêche à l’aimant et remonte une bombe de la Première Guerre mondiale », sur https://www.ouest-france.fr/, Ouest France,
  8. T. M., « Ferrière-la-Grande : un pêcheur à l'aimant gravement brûlé par une bombe au phosphore », sur https://france3-regions.francetvinfo.fr/, France 3 Hauts-de-France,
  9. « Réglementation de la pêche à l'aimant dans les rivières et cours d'eau - Sénat », sur www.senat.fr (consulté le 22 mars 2020)
  10. Pierre-Antoine Cristante, « Ferrière-la-Grande : Le maire prend un arrêté contre la pêche à l'aimant », sur Lavoixdunord.fr, quotidien, (consulté le 5 novembre 2019)
  11. Note de la DGSCGC/SPGC/SDMN/GID/2019/N°67 du 5 juin 2019
  12. Article de Christophe Declercq, lavoixdunord.fr, du 17 juillet 2019c : « L'interdiction de la pêche à l'aimant attire aussi d'autres maires de l'Armentiérois », https://www.lavoixdunord.fr614367/article/2019-07-17/l-interdiction-de-la-peche-l-aimant-attire-aussi-d-autres-maires-de-l
  13. « https://www.lanouvellerepublique.fr/poitiers/poitiers-des-pecheurs-a-l-aimant-depolluent-le-clain », sur lanouvellerepublique.fr (consulté le 7 avril 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]