Péricardite constrictive

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Une péricardite constrictive est une péricardite caractérisée par un épaississement des feuillets constituant le péricarde, gênant ainsi l'expansion des cavités et leur remplissage.

Causes[modifier | modifier le code]

Elle peut survenir comme complication de péricardites récidivantes ou chroniques. Elle peut compliquer également une chirurgie cardiaque. Une cause classique est la péricardite tuberculeuse. Aucune cause n'est retrouvée dans la moitié des cas[1].

Signes[modifier | modifier le code]

Elle se présente sous forme d'une insuffisance cardiaque à prédominance droite, avec œdèmes des membres inférieurs, augmentation de la taille du foie (hépatomégalie qui peut être pulsatile[2]) et douleur à la palpation de ce dernier. L'examen clinique peut montrer une turgescence jugulaire particulièrement marquée à l'inspiration (alors que la veine jugulaire tend à s'aplatir dans ce cas dans les sitations normales) donnant le signe de Kussmaul[3].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Le tableau clinique est proche de celui d'une cardiomyopathie restrictive mais plusieurs signes sont en faveur d'une péricardite constrictive[4].

La radiographie du thorax peut montrer des calcifications du péricarde. Ces dernières (ou un simple épaississement du péricarde) peuvent être également visualisé au scanner thoracique ou à l'IRM cardiaque. Cet épaississement est cependant absent dans un cas sur cinq[5]. Il peut exister un épanchement pleural mais il n'existe pas de signe de surcharge vasculaire.

L'échocardiographie montre une fonction normale du ventricule gauche. Elle peut visualiser plus difficilement un épaississement du péricarde. typiquement, il existe un mouvement de recul du septum interventriculaire variable avec la respiration[6] ainsi que des variations des flux mitraux et tricuspides avec cette dernière[7], ce qui la différencie avec une cardiomyopathie restrictive. en doppler tissulaire, la vitesse à l'anneau de la paroi septale est supérieure à celle de la paroi latérale (contrairement à ce qui est trouvé chez le sujet normal)[8].

Le taux sanguin de BNP est peu élevé, ce qui la distingue des cardiomyopathies restrictives[9].

Le cathétérisme cardiaque montre une élévation des pressions cardiaques qui varient avec la respiration (pressions augmentant dans les cavités droite en inspiration et dans les cavités gauches en expiration)[10].

Traitement[modifier | modifier le code]

Le traitement médical est celui du syndrome œdémateux : diurétiques et restriction hydrosodée. Dans certains cas, un traitement anti-inflammatoire peut améliorer l'atteinte[11].

On peut proposer une décortication chirurgicale du péricarde (ou péricardectomie) entraînant une amélioration des symptômes[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bertog SC, Thambidorai SK, Parakh K et al. Constrictive pericarditis: etiology and cause-specific survival after pericardiectomy, J Am Coll Cardiol, 2004;43:1445–1452
  2. Manga P, Vythilingum S, Mitha AS, Pulsatile hepatomegaly in constrictive pericarditis, Br Heart J, 1984;52:465–467
  3. Meyer TE, Sareli P, Marcus RH et al. Mechanism underlying Kussmaul's sign in chronic constrictive pericarditis, Am J Cardiol, 1989;64:1069–1072
  4. Garcia MJ, Constrictive pericarditis versus restrictive cardiomyopathy?, J Am Coll Cardiol, 2016:67:2061–2076
  5. Talreja DR, Edwards WD, Danielson GK et al. Constrictive pericarditis in 26 patients with histologically normal pericardial thickness, Circulation, 2003;108:1852–1857
  6. Himelman RB, Lee E, Schiller NB, Septal bounce, vena cava plethora, and pericardial adhesion: informative two-dimensional echocardiographic signs in the diagnosis of pericardial constriction, J Am Soc Echocardiogr, 1988;1:333–340
  7. Oh JK, Hatle LK, Seward JB et al. Diagnostic role of Doppler echocardiography in constrictive pericarditis, J Am Coll Cardiol, 1994;23:154–162
  8. Reuss CS, Wilansky SM, Lester SJ et al. Using mitral 'annulus reversus' to diagnose constrictive pericarditis, Eur J Echocardiogr, 2009;10:372–375
  9. Leya FS, Arab D, Joyal D et al. The efficacy of brain natriuretic peptide levels in differentiating constrictive pericarditis from restrictive cardiomyopathy, J Am Coll Cardiol, 2005;45:1900–1902
  10. Hurrell DG, Nishimura RA, Higano ST et al. Value of dynamic respiratory changes in left and right ventricular pressures for the diagnosis of constrictive pericarditis, Circulation, 1996;93:2007–2013
  11. Feng D, Glockner J, Kim K et al. Cardiac magnetic resonance imaging pericardial late gadolinium enhancement and elevated inflammatory markers can predict the reversibility of constrictive pericarditis after antiinflammatory medical therapy: a pilot study, Circulation, 2011;124:1830–1837
  12. DeValeria PA, Baumgartner WA, Casale AS et al. Current indications, risks, and outcome after pericardiectomy, Ann Thorac Surg, 1991;52:219–224


Voir aussi[modifier | modifier le code]