Pélage de Cordoue

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint Pélage et Pélage.
Saint Pélage de Cordoue
Image illustrative de l'article Pélage de Cordoue
Martyre de San Pelayo, 1532
par Juan Soreda
Église de San Pelayo, Olivares de Duero
Naissance 911
Albeos ou Crecente (Galice)
Décès 23 juin 925  (à 14 ans)
Cordoue (Al-Andalus)
Nationalité Espagnole
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 26 juin

Pélage (en espagnol Pelayo, né en 911 à Albeos, Crecente (Galice) et mort le à Cordoue (al-Andalus) est un chrétien matyrisé au cours du califat d'Abd al-Rahman III, et canonisé peu après par l’Église catholique, comme exemple de vertu de la chasteté juvénile. Sa fête dans le calendrier catholique est le 26 juin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pélage est éduqué à Tui par son oncle, l’évêque de Tui, Hermoigio. En 920, il accompagne l’évêque et la cour du roi de Léon en appui du royaume de Pampelune, lequel est attaqué par le calife Abd al-Rahman III. Après la déroute de la Bataille de Valdejunquera (es), l’oncle et le neveu sont capturés. Après trois ans de captivité, l’évêque est libéré mais Pélage demeure comme otage. Certains disent qu'Abd al-Rahmán III exige des contacts sexuels, lui promettant richesses et honneurs s’il renonce à la foi chrétienne et accède aux propositions du calife, contacts auxquels Pélage se refuse, ce qui amène son martyre et sa mort. Pour ses refus répétés, Pélage est soumis au martyre, décrit de façon lugubre dans le martyrologe, par écartèlement au moyen de tenailles de fer. Peu après, il est dépecé et ses restes jetés aux abords du Guadalquivir le 26 juin 925.

Ses restes sont recueillis pieusement par les chrétiens de Cordoue et enterrés au cimetière de Saint-Genès et son crâne à celui de Saint-Cyprien, étant considéré martyr par la foi et la pureté. En 967, les restes de Saint Pélage sont déposés au monastère dédié au saint en Léon, fondé par son successeur le roi Don Sancho. Entre 984 et 999, son corps est transporté à Oviedo et finalement déposé au monastère des bénédictins de Saint-Pélage de cette ville. Un os de ses bras est vénéré depuis longtemps au monastère des bénédictins de Saint-Pélage d’Anteatares de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Son hagiographie indique que, durant les quatre années qu’il passe à Cordoue comme otage, sans que la rançon ne soit payée par son oncle évêque, le garçon se fait remarquer par son intelligence et sa foi, faisant prosélytisme du Christ, insistant que cette activité est ce qui provoque la demande d'Abd al-Rahmán III de se convertir à l’Islam, ce que Pélage rejette avec véhémence :

« Si, mon roi, je suis chrétien. Je l’ai été et le serai par la grâce de Dieu. Toutes tes richesses ne valent rien. Ne crois pas que pour ces choses si éphémères je vais renier le Christ, qui est mon Seigneur et quoique toi tu ne l'aimes pas[1]. »

Vénération[modifier | modifier le code]

Le martyre en défense de sa foi justifie sa canonisation. Aussitôt, il commence à être l’objet d’un culte. À partir du XIe siècle, alors que les royaumes chrétiens interviennent dans la politique intérieure des royaumes de taïfas, plusieurs restes de saints sont déplacés au nord et deviennent des reliques et c’est ce qui se passe avec ceux de saint Pélage : en premier lieu à León puis au Monastère de San Pelayo (Oviedo) (es) qui porte son nom[2].

La paroisse de San Pelayo de Olivares de Duero (Valladolid), possède un retable peint vers 1532 par Juan Soreda, et d'abord attribué à Topaz[3]. Les premiers des cinquante et un panneaux, racontent la légende du saint[4].

Flechas y Pelayos[modifier | modifier le code]

Pelayos est le nom donné à l’organisation de jeunes requetés (carlistes), dont la section féminine était désignée sous le nom de las margaritas (les marguerites). En 1938, durant la Guerre civile espagnole et après le décret d’unification, on appelle Flechas y Pelayos (Flèches et Pélages) la fusion des bulletins ou revues de jeunes de ces organismes, avec les semblables de Phalange espagnole, dont les membres se dénommaient flechas. La revue jeunesse Flechas y Pelayos (es) est une bande dessinée publiée entre 1938 et 1949. Les dénominations seront reprises par la Organisation juvénile espagnole (es) durant le franquisme. Le nom de Pélages ou Pelayos, qui évoque le saint enfant, est particulièrement approprié comme modèle proposé par cette organisation de jeunes de la Nouvelle Espagne ou Espagne impériale de l’époque du national-catholicisme. Son usage coïncide avec celui d’un autre modèle référant à Don Pelayo ou Pélage le Conquérant, décrit comme caudillo providentiel qui débute la Reconquista et comparé à Franco lui-même.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Toponymes[modifier | modifier le code]

De nombreuses localités espagnoles ainsi qu’une commune colombienne porte le nom de San Pelayo en l’honneur de Pélage de Cordoue (Voir San Pelayo (homonymie) (es)).

Saint patron[modifier | modifier le code]

Saint Pélage martyr est le saint patron de plusieurs localités espagnoles.

De même qu’en Colombie :

Institutions et édifices[modifier | modifier le code]

De nombreuses institutions et plusieurs édifices d’Espagne sont nommés d’après Saint Pélage (San Pelayo ou San Paio) :

Notes et références[modifier | modifier le code]

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Pelayo (mártir) » (voir la liste des auteurs).

  1. (es) Hagiografía
  2. À ne pas confondre avec le nom de Pélage le Conquérant, premier roi des Asturies.
  3. Ramos Gómez, F. Javier, «Juan Soreda y las tablas del antiguo retablo de Luzón (Guadalajara)», Archivo Español de Arte, LXXV, 299 (2002), págs. 293-334
  4. Raphaël Pic, « Exposition, Fièvre flamande dans l’Espagne très catholique », Muséart, no 53,‎ , p.92
  5. (es) Mairie de Castro-Urdinales

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]