Pâte feuilletée

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Pâte feuilletée
Image illustrative de l'article Pâte feuilletée
Une pâte feuilletée crue, avec le feuilletage bien visible

Lieu d’origine Drapeau de la France France
Place dans le service Pâtisserie
Ingrédients Beurre, eau, farine, sel
Journal, café et son croissant, viennoiseries en pâte feuilletée levée.
Soupe aux truffes noires VGE et son chapeau feuilleté, recette de Paul Bocuse.
Galette des Rois, pâte feuilletée et frangipane.

La pâte feuilletée, ou feuilletage, est un type de pâte obtenue par abaissage et pliages successifs de couches alternant une pâte basique (farine, eau et sel) et une matière grasse (huile, margarine ou beurre), technique culinaire dite de la pâte tourée. Après cuisson, cette pâte croustillante et légère est utilisée aussi bien en viennoiserie (croissants, palmiers, chaussons aux pommes… ), pâtisserie (mille-feuille, galette… ), qu'en charcuterie pâtissière (bouchée à la reine, tourtes, friand, quiches…).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le feuilletage (réalisé à l'huile) était utilisé par les Grecs et les Arabes. Ce sont les croisés qui l'importèrent en France et en Autriche. Il est à l'origine de nombreuses pâtisseries connues depuis le Moyen Âge, comme le strudel, le baklava, le pithiviers ou le vol-au-vent. Cependant, ce feuilletage était réalisé « feuille à feuille », par simple superposition de couches successives de pâtes et de matière grasse[1].

La pâte feuilletée actuelle, réalisée par pliages successifs, remonterait au XVIIe siècle ou au XVIIIe siècle. Elle est parfois attribuée à Claude Gellée (dit le Lorrain), alors apprenti pâtissier, qui aurait voulu réaliser un pain spécial pour son père[1]. D'autres l'attribuent à Feuillet, pâtissier du prince de Condé[2].

Cette technique culinaire a été perfectionnée par Antonin Carême au XIXe siècle.

Technique[modifier | modifier le code]

La pâte feuilletée est réalisée à partir d'une détrempe composée de farine, de sel et d'eau. Des produits d'addition peuvent être ajoutés à des fins technologiques ou pour optimiser la conservation du produit. Le type de mélange couramment réalisé est un pétrissage qui assure la répartition homogène et uniforme des constituants et l'obtention d'une masse. Des mouvements mécaniques de fraseurs dans une cuve mélange permettent une structuration de la pâte, son réseau de gluten est notamment formé.

Après un certain temps de repos, cette pâte est abaissée par le biais d'un processus de laminage qui consiste en l'utilisation de rouleaux en rotation en sens inverse qui exercent une pression sur celle-ci. Leur écartement est progressif afin d'éviter d'éventuels déchirement[3],[4],[5].L'épaisseur de la pâte étant alors diminuée, on y étale alors de la matière grasse (généralement du beurre sec dit de tourage, mais parfois de la margarine ou de l'huile), avant de replier la pâte, la pivoter et recommencer l'opération plusieurs fois (classiquement six), en faisant reposer la pâte au réfrigérateur entre chaque tour, pour que la pâte perde son élasticité et que la matière grasse durcisse. C'est cette opération dite de « tourage » (abaisser, tourner, plier) qui permet d'obtenir un nombre important de couches, par rapport à la pâte « feuille à feuille » classique, donnant ainsi une pâte plus légère[2].

Le nombre de feuilles de la pâte feuilletée peut ainsi se calculer selon la formule b = (p + 1) ⁿ (se rappeler que f = b + 1) où f est le nombre de feuilles de pâte, p le nombre de plis effectués, n le nombre de fois où la pâte a été pliée, b le nombre de couches de beurre.

Ainsi, dans la recette classique, en pliant la pâte en trois (deux plis type pli roulé) et en réalisant six tours, on obtient b = (2 + 1) ⁶ soit 729 couches de beurre, donc 730 feuillets de pâte.

Lors de la cuisson, la chaleur du four engendre une évaporation de l’eau sous forme de chaleur dirigée vers le sommet de la pâte. Cette vapeur d'eau exerce une pression sur les différentes couches de matière grasse qui sont imperméables[6]. rétention gazeuse provoquée permet le développement du feuilletage et ainsi l'acquisition du volume final requis par gonflement des feuillets. À la fin du cycle de cuisson, la matière grasse est adsorbée par la pâte et le caractère moelleux de la pâte est alors renforcé[7].

Variantes[modifier | modifier le code]

Rustico leccese. Pâte feuilletée garnie de mozzarella, béchamel, tomate, poivron et noix muscade

Il existe de nombreuses techniques de réalisation de la pâte feuilletée, qui diffèrent généralement par le nombre de plis ou de tours.

La méthode rapide (dite hollandaise) diffère de la méthode classique (dite française) par le fait que la matière grasse est directement incorporée à la détrempe au lieu d'être ajoutée seulement en début de tourage. Sa réalisation, plus simple, donne néanmoins une pâte moins légère et gonflée[8].

La méthode inversée consiste elle à envelopper l'abaisse de détrempe dans du beurre manié, c'est-à-dire à commencer par une abaisse de matière grasse au lieu d'une abaisse de détrempe. La pâte obtenue est ainsi plus fondante et friable[2].

En boulangerie (notamment pour les viennoiseries), on utilise une pâte feuilletée levée. Si la technique est la même, la détrempe réalisée est différente, puisqu'elle contient de la levure et parfois des œufs. La fermentation due à la levure permet d'augmenter le volume de pâte[9]

Il existe des pâtes feuilletées dites non levées, principalement utilisées pour confectionner des fonds de tartes. Contrairement aux pâtes feuilletées levées, celles-ci ne comprennent pas de levures actives dans leur fomulation, et n'ont donc aucune activité fermentaire. Le volume obtenu après cuisson est ainsi inférieur.

Une pâte feuilletée non levée est composée en majorité de farine de blé et d’eau. L’ajout de matière grasse lors de l’étape de mélange ou pétrissage est facultatif, il permet tout comme après un ajout d’eau, de diviser la matrice de pâte et de diminuer sa résistance afin de la rendre plus souple et extensible, Une quantité importante de matière grasse est incorporée à la pâte préalablement laminée au moment du tourage, celle-ci étant néanmoins inférieure à celle utilisée dans le cas de la fabrication de pâtes feuilletées. L’incorporation peut se faire selon différents modes et a une influence sur la qualité du feuilleté. Les types de matières grasses employés à ces fins sont des graisses solides à température ambiante telles que les margarines qui présentent jusqu’à 80% de triglycérides, les shortenings, ou du beurre[10],[11].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Charcuterie pâtissière[modifier | modifier le code]

Viennoiseries[modifier | modifier le code]

Paille nantaise.
Mille-feuille.

Pâtisseries[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Frédéric Robert, Alain Ducasse, Grand livre de cuisine d'Alain Ducasse : Desserts et pâtisserie, éd. Ducasse, 2009 (ISBN 2848440511), p. 502.
  2. a, b et c Comité Gastronomique (présidé par Joël Robuchon), Larousse Gastronomique, éd. Larousse, 1997 (ISBN 2-03-507300-6), p. 456-457.
  3. Armand Boudreau, Le blé, éléments fondamentaux et transformation, Saint Foy,Canada, Les presses de l'université Laval, (ISBN 276377296x)
  4. Anne-Marie Filloux, « Evaluation de la qualité technologique d’une pâte feuilletée », Industries Alimentaires et Agricoles,‎ (lire en ligne)
  5. Philippe Roussel, Les pains français: Evolution, qualité, production, 2ème édition, Mae-Erti, (ISBN 2913338100)
  6. Frédéric Robert, Alain Ducasse, Grand livre de cuisine d'Alain Ducasse : Desserts et pâtisserie, éd. Ducasse, 2009 (ISBN 2848440511), p. 505.
  7. Armand Boudreau, Le blé, éléments fondamentaux et transformation, Saint Foy, Canada, Les presses de l'université Laval, (ISBN 276377296x)
  8. André Antoine, Syllabus Pâtisserie, IFAPME, 2005, p. 21 [lire en ligne].
  9. André Antoine, Syllabus Boulangerie, IFAPME, 2005, p. 76 [lire en ligne].
  10. La boulangerie d'aujourd'hui, Bruxelles (lire en ligne)
  11. (en) Kazier H., « Reduced-fat pastry margarine for laminated dough in Puff, Danish, and croissant applications », Cereal food worlds, no 40,‎ , p. 363,364,365 (ISSN 0146-6283)