Pâques sanglantes (film)

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Pâques sanglantes
Description de cette image, également commentée ci-après
Raf Vallone et Lucia Bosè dans une scène du film

Titre original Non c'è pace tra gli ulivi
Réalisation Giuseppe De Santis
Scénario G. De Santis
Libero De Libero
Carlo Lizzani
Gianni Puccini
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l'Italie Italie
Genre drame
Durée 100 minutes
Sortie 1950

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Pâques sanglantes (titre original : Non c'è pace tra gli ulivi) est un film italien réalisé par Giuseppe De Santis et sorti en 1950.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Francesco, démobilisé, retrouve sa région natale, la Ciociaria, au lendemain de la guerre. Sa famille est, par contre, dans un total dénuement, ayant été dépouillée de son troupeau de moutons par le voisin Bonfiglio. Celui-ci, devenu riche durant le conflit, veut, à présent, épouser Lucia, pourtant amoureuse de Francesco. Avec le soutien de Maria Grazia, sa propre sœur, Francesco reprend son bien par la force. Afin de se venger, Bonfiglio viole Maria Grazia et porte plainte contre lui à l'aide de faux-témoignages. Francesco est alors condamné à quatre ans de prison. Il parvient à s'évader, enlève Lucia et, grâce aux bergers jusqu'ici terrorisés, pourchasse Bonfiglio dans la montagne. Acculé, ce dernier se tue en tombant dans un précipice. Les cloches de Pâques sonnent, au même moment, à toute volée. De son côté, Francesco se livre à la police afin que justice soit rendue.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Commentaire[modifier | modifier le code]

Giuseppe De Santis manifesta très tôt sa volonté de tourner un film sur les problèmes agricoles de l'Italie et, en particulier, sur « les conflits de sa terre natale, Fondi, dans les âpres collines et les bois d'olivier de la Ciociaria, au sud de Rome. »[1]

Certains critiques ont noté chez le réalisateur italien une tendance au romanesque et au mélodrame populaire. Le film correspond toutefois aux volontés du cinéaste qui déclarait : « Ma position diffère de celle de Cesare Zavattini et de Rossellini surtout du point de vue de l' audience que je recherche. Je ne conçois pas le cinéma en vase clos. [...] Je voudrais être compris de tous. C'est cela le grand problème : vulgariser, populariser sans déchoir. »[2]

Freddy Buache, dans son ouvrage sur le cinéma italien, émet, quant à lui, cette opinion : « Dans ce récit qui ne craint pas le discontinu ni le prosaïque ou l'inflexion mélodramatisée, De Santis glisse des interjections d'humour, d'ironie, de tendresse qui suscitent peu à peu le réalisme lyrique. Dès lors, l'optimisme terminal de cette chronique montagnarde ne peut pas être considéré comme une concession au romanesque ni comme la preuve d'une idéaliste victoire de l'âme. »[3]

Mais, peut-être, faut-il voir Pâques sanglantes comme « une épopée d'anticipation. De Santis développe une morale de l"amour fou qui est celle du surréalisme. [...] Il se refuse à séparer l'engagement politique et l'érotisme libérateur. »[4] Jean A. Gili écrit : « Le cinéaste montre que l'homme doit se libérer simultanément à deux niveaux, celui, matériel, des contraintes économiques, et celui, intellectuel, du refoulement de la libido. »[5]

Jean-Pierre Bleys a, vraisemblablement, raison d'établir le fait que Pâques sanglantes s"éloigne déjà du néo-réalisme, ne voulant guère se limiter au constat mais cherchant à expliquer le réel. Il perçoit, cependant, dans la séquence finale un « discours de propagande à la gloire de la solidarité de classe. »[6] De Santis n'était-il pas, en effet, communiste ?

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean A. Gili in : Le cinéma italien, Éditions de La Martinière, 2011.
  2. in : Éducation et Cinéma, n° 20, mars 1959.
  3. F. Buache : Le cinéma italien 1945-1979, Éditions L'Âge d'Homme, 1979.
  4. Raymond Borde et André Bouissy in : Le néo-réalisme italien, Clairefontaine, Lausanne, 1960.
  5. J. A. Gili in : op. cité.
  6. in : Le Larousse des films, 2012, dernière édition.