Oviraptor

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Oviraptor
Description de cette image, également commentée ci-après
Reconstitution de l'holotype d'Oviraptor philoceratops avec, en blanc, les os retrouvés.
Classification
Règne Animalia
Classe Reptilia
Super-ordre Dinosauria
Ordre Saurischia
Sous-ordre Theropoda
Super-famille  Oviraptorosauria
Famille  Oviraptoridae
Sous-famille  Oviraptorinae

Genre

 Oviraptor
Osborn[1], 1924

Nom binominal

 Oviraptor philoceratops
Osborn[1], 1924
Dessin d'Henry Fairfield Osborn du crâne du spécimen type d'Oviraptor philoceratops, AMNH 6517, découvert en 1924.

Oviraptor (« voleur d'œufs ») est un genre éteint de petits dinosaures théropodes de Mongolie décrit pour la première fois en 1924 par Henry Fairfield Osborn[1]. Il a vécu au Crétacé supérieur.

Le genre est représenté par l'espèce Oviraptor philoceratops. Son nom latin lui vient du fait que son premier fossile a été retrouvé à côté d'une pile d'œufs qui avaient été pris pour des œufs de Protoceratops, ce qui valut à l'espèce le nom de O. philoceratops, philoceratops signifiant « qui aime les cératopsiens ». Cependant, on croit aujourd'hui que ces œufs appartenait plutôt à l'oviraptor lui-même - il les couvait probablement. Ce revirement de pensée des scientifiques est dû à une découverte d'un animal apparenté, Citipati, retrouvé couvant ses œufs (Clark, Makovicky & Barsbold, 2000). Le genre Oviraptor forme la base de la sous-famille des oviraptorinés et de la famille des oviraptoridés nommée par Barsbold Rinchen en 1976. Il utilisa aussi le nom pour former un groupe, les oviraptorosaures.

Oviraptor et Citipati[modifier | modifier le code]

Vues d'artiste de la tête de deux espèces de Citipati, souvent utilisées pour représenter un « Oviraptor »
Squelette de Citipati sp. à crête, servant fréquemment de base à la reconstitution d'« Oviraptor »

Le nom Oviraptor a connu un grand succès de par l'ancienneté de sa découverte (1924)[1] et par la présence d’œufs à proximité de ses restes fossiles. Cependant ces os fossiles retrouvés sont limités à un crâne écrasé et mal conservé et à une partie réduite du squelette (voir dessin).

Un autre oviraptoridé Citipati, trouvé sur les mêmes sites et donc contemporain d'Oviraptor est devenu la représentation par excellence d'« Oviraptor ». Il s'agit en effet de l'un des oviraptoridés les mieux connus, grâce à un certain nombre de squelettes bien conservés, notamment plusieurs spécimens trouvés en train de couver sur leur nid. Il apparaît même dans certaines anciennes publications scientifiques sous le nom Oviraptor philoceratops[2].

Il s'agit d'un très grand oviraptoridé (2,50 mètres de long) dont une des espèces est caractérisée par la présence d'une crête. Il dépasse sensiblement la taille d'Oviraptor qui devait se limiter à environ 1,50 mètre[3].

À l'heure actuelle, les illustrations les plus populaires d'« Oviraptor » représentent donc en fait des Citipati car le matériel actuellement disponible pour caractériser Oviraptor lui-même est trop fragmentaire pour permettre des reconstitutions fiables.

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

Œufs fossiles d'Oviraptor.

Oviraptor pourrait fort bien avoir mangé des œufs. En 1977 cependant, Barsbold prétendit que son bec était bien assez fort pour briser les coquilles de mollusques comme la palourde, commune dans les formations géologiques dans lesquelles on retrouve l'Oviraptor. L'idée d'une mâchoire pour briser les coquilles fut d'abord proposée par Osborn, qui croyait que ce bec édenté, avec l'extension de quelques os sous la mâchoire, aurait pu faire office d'outil pour briser les coquilles d'œufs. Ces os, les ectoptérygoïdes, ne font en fait pas partie d'une structure pour briser les œufs, rendant la théorie d'Osborn erronée. Néanmoins, d'autres crânes d'oviraptoridés trouvés dans les années 1970 et 1980 montrent que les os de la mâchoire sont effectivement aptes à briser des œufs, faisant partie de l'os principal de la mâchoire supérieure (ou maxillaire), qui converge au milieu pour former une paire de dents. Le reste du palais, contrairement à celui de tous les autres dinosaures, s'étirait sous la ligne de la mâchoire et aurait appliqué une pression dans l'espace entre les mâchoires inférieures, dépourvues de dents. La kératine formant le bec des oiseaux recouvrait les bords supérieurs et inférieurs du bec, et fort probablement le palais, tel que proposé par Barsbold et Osborn.

Datation[modifier | modifier le code]

Oviraptor vivait à la fin du Crétacé supérieur. Il n'est connu de façon certaine que dans la formation de Djadokhta sur le site de Bayn Dzak en Mongolie[1],[4]. La formation de Djadokhta date de la fin du Crétacé supérieur et, plus précisément, du Campanien supérieur, c'est-à-dire il y a environ entre 80 et 72 Ma (millions d'années)[5]. D'autres oviraptoridés découverts dans la formation de Bayan Mandahu en Chine (Mongolie-Intérieure) et même au Kazakhstan n'ont pas été confirmé comme appartenant au genre Oviraptor[4].

Morphologie[modifier | modifier le code]

Taille relative avec un humain.

Oviraptor était l'un des dinosaures ayant le plus l'allure d'un oiseau parmi les dinosaures non-aviens. Sa cage thoracique, entre autres, montre des traits typiques des oiseaux, dont un ensemble d'éléments sur chaque côte qui aurait gardé la cage rigide. Un parent de l'oviraptor, Nomingia, a été trouvé avec un pygostyle, une série de vertèbres soudées qui de nos jours aide à supporter les plumes de la queue des oiseaux.

Traditionnellement, l'oviraptor est dépeint avec une crête distinctive similaire à celle du Casoar. Une ré-examination de quelques oviraptoridés (Clark, Norell & Barsbold, 2001) montra cependant ce dinosaure bien connu n'était en fait qu'une espèce de Citipati. L'oviraptor avait fort probablement une crête, mais ses dimensions exactes, de même que son allure générale, ne sont pas connus de façon exacte, parce que les crânes retrouvés étaient souvent écrasés.

Anciennes représentations[modifier | modifier le code]

Représentation erronée d'Oviraptor sur un timbre d'Azerbaïdjan, montré avec une excroissance sur le museau, sans plumes, et dérobant les œufs d'autres dinosaures.

Lorsque les premiers ossements, dont un crâne fragmentaire, ont été trouvés en Mongolie, ce groupe n’était pas encore connu et l’on ignorait les caractéristiques aviaires de ce taxon. De la grande crête couvant la tête du spécimen, seul avait subsisté un petit fragment au bout du crâne, ce qui laissa penser qu’Oviraptor possédait une petite excroissance osseuse à cet endroit ; ainsi, et ce jusqu’à la découverte de Citipati, l’image typique de l’animal était celui d’un théropode glabre, avec une corne au bout du museau, pillant les nids d'autres dinosaures et notamment de Protoceratops ; cette représentation, erronée, est aujourd’hui révolue.

Classification[modifier | modifier le code]

La taxonomie des oviraptoridés n'est pas stabilisée comme en témoignent plusieurs cladogrammes proposés entre 2010 et 2014[4],[6],[7].

Les Oviraptoridae sont classiquement divisés en deux sous-familles :

Cependant, une étude phylogénétique conduite en 2014 par M. C. Lamanna et al. suite à la découverte d'un nouveau genre de caenagnathidé nord-américain (Anzu) a montré qu'Oviraptor serait en fait l'un des plus primitifs oviraptoridés connus et que Citipati serait proche des Ingeniinae, ce qui rendrait obsolète la subdivision classique entre oviraptoridés à crête ou sans crête[7]. C'est ce cladogramme qui est présenté ici[7] :

Caenagnathoidea

Caenagnathidae


Oviraptoridae


Nankangia jiangxiensis




Yulong mini



Nomingia gobiensis






Oviraptor philoceratops





Rinchenia mongoliensis




oviraptoridé de Zamyn Khondt (? Citipati)[8]



Citipati osmolskae







Wulatelong gobiensis



Banji long





Shixinggia oblita




Jiangxisaurus ganzhouensis



Ganzhousaurus nankangensis



Nemegtomaia barsboldi



Machairasaurus leptonychus



Conchoraptor gracilis



Khaan mckennai




Ingenia yanshini



Heyuannia huangi










Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) H. F. Osborn. 1924. « Three new Theropoda, Protoceratops zone, central Mongolia ». American Museum Novitates, 144, p. 1-12
  2. (en) Barsbold, R., Maryanska, T., and Osmolska, H. (1990). "Oviraptorosauria," in Weishampel, D.B., Dodson, P., and Osmolska, H. (eds.). The Dinosauria. Berkeley: University of California Press, pp. 249-258.
  3. (en) Clark, J.M., Norell, M.A., & Barsbold, R. (2001). « Two new oviraptorids (Theropoda:Oviraptorosauria), upper Cretaceous Djadokhta Formation, Ukhaa Tolgod, Mongolia ». Journal of Vertebrate Paleontology 21(2), p. 209-213, June 2001.
  4. a, b et c (en) Nicholas R. Longrich, Philip J. Currie, Dong Zhi-Ming, « A new oviraptorid (Dinosauria: Theropoda) from the Upper Cretaceous of Bayan Mandahu, Inner Mongolia », Palaeontology, vol. 53, no 5,‎ , p. 945–960 (DOI 10.1111/j.1475-4983.2010.00968.x)[1]
  5. (en) Minjin, Bolortsetseg, 2008, Descriptions of three new specimens of cimolodontans and a phylogenetic study of the postcranial anatomy of Multituberculata (Mammalia, Synapsida), Ph.D., City University of New York, 2008, 303 pages; 3303791 [2].
  6. (en) Fanti F, Currie PJ, Badamgarav D (2012). "New Specimens of Nemegtomaia from the Baruungoyot and Nemegt Formations (Late Cretaceous) of Mongolia." PLoS ONE, 7(2): e31330. doi:10.1371/journal.pone.0031330
  7. a, b et c (en) M. C. Lamanna, H. D. Sues, E. R. Schachner et T. R. Lyson, « A New Large-Bodied Oviraptorosaurian Theropod Dinosaur from the Latest Cretaceous of Western North America », PLoS ONE, vol. 9, no 3,‎ , e92022 (PMID 24647078, PMCID 3960162, DOI 10.1371/journal.pone.0092022)
  8. (en) H. Osmólska, P.J. Currie et R. Barsbold (2004). Oviraptorosauria. In: D.B. Weishampel, P. Dodson, and H. Osmólska (eds.), The Dinosauria (second edition). University of California Press, Berkeley p. 165-183.

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]