Ouvrage d'Eth

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Ouvrage d'Eth
Type d'ouvrage Petit ouvrage d'infanterie
Secteur
secteur fortifié de l'Escaut
Année de construction 1934-
Régiment 54e RIF
Nombre de blocs 2
Type d'entrée(s) Entrée par un bloc (casemate)
Effectifs 134 hommes et 5 officiers
Coordonnées 50° 19′ 04″ nord, 3° 39′ 22″ est
Géolocalisation sur la carte : Nord
Géolocalisation sur la carte : France

L'ouvrage d'Eth est un ouvrage fortifié de la ligne Maginot, situé sur la commune d'Eth, dans le département du Nord.

Il s'agit d'un petit ouvrage d'infanterie (de quatrième classe) comptant deux blocs. Construit à partir de 1934, l'ouvrage a été abimé par les combats de .

Position sur la ligne[modifier | modifier le code]

L'ouvrage d'Eth se trouve à l'extrémité orientale du secteur fortifié de l'Escaut, juste avant la limite avec le secteur fortifié de Maubeuge. L'ouvrage est flanqué d'une part à l'ouest par la casemate d'intervalle de Jeanlain (CORF), d'autre part au sud-est par les blockhaus STG et 1re RM[1] de Wargnies.

Il s'agit de l'ouvrage le plus au nord de la ligne : il est isolé, aucun ouvrage d'artillerie ne le couvrant de ses tirs.

Description[modifier | modifier le code]

L'ouvrage devait être complété en second cycle avec une entrée des hommes, une entrée du matériel, une caserne, une usine et un bloc armé d'une tourelle pour deux canons de 75 mm. Ces organes restèrent à l'état de projet faute de financement. Une galerie souterraine relie les deux blocs, avec une petite usine et une caserne. L'ouvrage est relié par un égout visitable (qui sert de sortie de secours) à la casemate de Jeanlain, qui se trouve à 600 m à l'ouest[2].

Le bloc 1 sert d'entrée et en même temps de casemate d'infanterie flanquant vers l'ouest. Il est armé avec un créneau mixte pour JM/AC 47 (jumelage de mitrailleuses et canon antichar de 47 mm), un autre créneau pour jumelage de mitrailleuses, une cloche d'arme mixte et deux cloches GFM (guetteur et fusil mitrailleur type B, dont l'un sert d'observatoire avec un périscope).

Le bloc 2 sert de bloc-tourelle et de casemate d'infanterie flanquant vers l'est. Il est armé avec une tourelle pour deux armes mixtes, un créneau pour JM/AC 47, un autre créneau pour JM, une cloche GFM et une cloche lance-grenades.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le marché de la construction est daté du , pour un prix tout compris de 7 580 000 francs de l'époque[3].

Pendant la bataille de France, Eth se retrouve sur la ligne de combat dès le , pendant lequel le bloc 2 et la casemate de Jeanlain sont, après une préparation d'artillerie, pris à partie par deux pièces allemandes de 88 mm qui cherchent à faire des coups d'embrasure. La tourelle ne peut que rester éclipsée pour éviter d'exposer sa muraille. Le 23 et 24, les tirs au percutant reprennent, disloquant en surface le béton du bloc 2 et de la casemate voisine. La cloche AM de Jeanlain disperse les servants d'un 88 mm imprudemment installée dans son angle de tir, avec deux rafales de mitrailleuses et six obus de 25 mm.

Le 26 au matin, la façade du bloc 2 est percée, tuant un adjudant-chef. Les armes du bloc 1 sont neutralisées les une après les autres, avant qu'un assaut d'infanterie allemand ne couronne les dessus. Le capitaine commandant l'ouvrage donne alors l'ordre d'évacuer l'ouvrage par l'égout le reliant à la casemate de Jeanlain. À 10 h 20, cette dernière cesse aussi le combat, avec 160 hommes à l'intérieur[4].

Accès[modifier | modifier le code]

L'ouvrage est à l'ouest de la route qui va d'Eth à Wargnies-le-Grand, relié par l'impasse du Bois Godefroy ; le bloc 2 correspond à la côte 110 et le bloc 1 se trouve aujourd'hui à côté d'une ferme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le niveau de protection d'une casemate de la ligne Maginot dépend de son modèle et de sa période de construction. De 1928 à 1935 sont construits les modèles les plus puissamment protégés : les casemates et ouvrages CORF (Commission d'organisation des régions fortifiées), avec des murs et dalles épais jusqu'à 3,5 mètres de béton). Puis viennent à partir de 1935 les blockhaus MOM (main d'œuvre militaire), avec de 0,60 à 1,5 m de béton, avec des modèles très variés selon la région : RFM (région fortifiée de Metz), RFL (région fortifiée de la Lauter), 1re, 2e, 20e et 7e RM (région militaire). Les MOM les plus protégés sont appelés FCR (fortification de campagne renforcée). De 1937 à 1940, le STG (Service technique du Génie) standardise les constructions, avec une protection de 1,50 à 2 m de béton.
  2. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 65.
  3. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 1, p. 52.
  4. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 185-186.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel, Jacques Sicard et François Vauviller (ill. Pierre-Albert Leroux), Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 1, Paris, éditions Histoire & collections, coll. « L'Encyclopédie de l'Armée française » (no 2), (réimpr. 2001 et 2005), 182 p. (ISBN 2-908182-88-2).
    • Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 2 : Les formes techniques de la fortification Nord-Est, , 222 p. (ISBN 2-908182-97-1).
    • Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 3 : Le destin tragique de la ligne Maginot, , 246 p. (ISBN 2-913903-88-6).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Descriptions et photos

Articles connexes[modifier | modifier le code]