Ourika (roman)

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Ourika
Image illustrative de l'article Ourika (roman)
2e édition (1824).

Auteur Claire de Duras
Genre Roman
Éditeur Imprimerie royale
Date de parution 1823
Lieu de parution Paris
Pays d'origine Drapeau de la France France

Ourika est un roman publié anonymement, en 1823, par Claire de Duras.

Claire de Duras ne comptait pas faire carrière dans la littérature et c’est à contrecœur et afin d’empêcher les possibilités de plagiat, qu’elle céda aux pressions de Chateaubriand en publiant ce roman tombé de sa plume alors qu’elle s’était retirée à la campagne lors d’une maladie contractée vers 1820.

L’histoire[modifier | modifier le code]

Achetée avant son embarquement sur un navire négrier par le gouverneur du Sénégal qui l’amène à Paris pour l’offrir à sa tante, la jeune Africaine Ourika reçoit une bonne éducation. À l’âge de quinze ans, elle se rend compte du préjudice que suscite sa couleur de peau. Après le mariage de Charles, dont elle est amoureuse, avec une Française, elle se retire au couvent où elle finira par mourir prématurément.

Introduction[modifier | modifier le code]

Un jeune médecin a été appelé un matin pour soigner une religieuse de couleur noire, qui était très renfermée sur elle même suite à de nombreuses déceptions personnelles, mais après plusieurs visites, le médecin obtient et gagne la confiance de cette jeune femme. Elle lui raconte ensuite son histoire et ses chagrins.

Ourika[modifier | modifier le code]

Ourika est une jeune orpheline sénégalaise que Mme de B. a sauvée de l'esclavage en la recueillant et en l'élevant comme sa propre fille. Pourtant, Ourika est différente, c'est ce qu'elle apprend à l'âge de douze ans, en entendant une conversation qu'elle écoute sans être vue. Elle se rend compte alors qu'elle ne pourra pas se marier et qu'elle est condamnée à rester seule à cause de sa couleur et de son éducation. Elle se rend finalement compte qu'elle est amoureuse de Charles, le fils de Mme de B, qui ne la voit que comme une sœur et qui se marie avec une autre. Seule et désespérée, Ourika se tourne vers Dieu et devient alors religieuse dans un couvent. Elle finit par mourir au couvent de ses peines et de ses chagrins, après avoir raconté la fin de son histoire au médecin.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Ourika : Personnage principal du livre, d'origine sénégalaise, achetée par le chevalier de B. à l'âge de deux ans puis adoptée par madame de B. Physiquement elle a de grands yeux brillants ainsi qu'une dentition blanche et éblouissante. C'est une jeune femme charmante, cultivée, attentive, avec une belle voix ainsi qu'un talent pour la peinture. Elle parle d'autres langues étrangères telles que l'anglais et l'italien. C'est une femme éduquée à la mode des lumières.
  • Le médecin : Appelé par le couvent, le jeune médecin soigne Ourika qui est très malade. C'est un homme des Lumières car il n'a pas de préjugés la concernant : « Je ne refuse pas de soigner Ourika à cause de sa couleur de peau. »
  • Madame de B. : Femme affectueuse, sans préjugés raciaux, généreuse, cultivée, femme des Lumières, mère de Charles et mère adoptive d'Ourika. Sa générosité s'est retournée contre Ourika, en en faisant une personne qui ne pourra jamais vraiment s'intégrer dans la société de son époque.
  • Chevalier de B. : Gouverneur du Sénégal, neveux de Mme de B. Il a confié Ourika à Mme de B.
  • Charles de B. : Cadet de la famille, élevé avec Ourika qui la soutient et la protège depuis son enfance. Ourika finit par découvrir qu'elle est amoureuse de lui.
  • Anaïs de Thémines : Riche héritière intelligente et douce qui se fiance à Charles et l'épouse par la suite.
  • La Marquise de … : Amie intime de Mme de B, froide, elle est très franche quitte à blesser autrui. Ourika en a peur. Elle révèle le destin d'Ourika deux fois au cours du roman. Elle lui apprend d'abord accidentellement qu'elle ne pourra jamais se marier, puis en lui disant qu'elle est amoureuse de Charles.

Analyse[modifier | modifier le code]

On pense que ce roman est le premier dans la littérature française à étudier le problème des relations interraciales et, en particulier, de l’amour entre ceux qui appartiennent à différentes races ; c’est la raison pour laquelle l’intérêt littéraire et scientifique pour ce roman s’est beaucoup accru, à partir de la deuxième moitié du XXe siècle[1].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Traduit en anglais par John Fowles, Ourika a eu, pense-t-on, une influence considérable sur son roman Sarah et le lieutenant français.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chantal Bertrand-Jennings, « Problématique d’un sujet féminin en régime patriarcal : Ourika de Mme de Duras », Nineteenth-Century French Studies, 1994, Fall-Winter 1995, no 23 (1-2), p. 42-58 ;
  • Michèle Bissière, « Union et désunion avec le père dans Ourika et Édouard de Claire de Duras », Nineteenth-Century French Studies, 1995 Spring-Summer; 23 (3-4), p. 316-23 ;
  • (en) Michelle Chilcoat, « Civility, Marriage, and the Impossible French Citizen: From Ourika to Zouzou and Princesse Tam Tam », Colby Quarterly, June 2001, no 37 (2), p. 125-44 ;
  • (en) Michelle Chilcoat, « Confinement, the Family Institution, and the Case of Claire de Duras’s Ourika », Esprit Créateur, Fall 1998, no 38 (3), p. 6-16 ;
  • (en) Grant Crichfield, « Three Novels of Madame de Duras: Ourika, Edouard, and Olivier. », Paris, Mouton, 1975 ;
  • (en) Marylee Susan Crofts, Duras’s ‘Ourika’: Race and Gender in Text and Context, Thèse de Ph.D. de l’Université du Wisconsin à Madison, décembre 1992, no 53 (6): 1 937 A ;
  • Thérèse De Raedt, « Ourika : L’Inspiration de Mme de Duras », Dalhousie French Studies, Winter 2005, no 73, p. 19-33 ;
  • Thérèse De Raedt, « Ourika en noir et blanc : une femme africaine en France », Thèse de l’Université de Californie à Davis, 2000 ;
  • (en) Thérèse De Raedt, « Ourika in Black and White: Textual and Visual Interplay », Women in French Studies, 2004, no 12, p. 45-69 ;
  • (en) Damon DiMauro, « Ourika, or Galatea Reverts to Stone », Nineteenth-Century French Studies, Spring-Summer 2000, no 28 (3-4), p. 187-211 ;
  • (en) Doris Y. Kadish, Françoise Massardier-Kenney, et al., Translating slavery : gender and race in French women's writing, 1783-1823, Kent, Kent State University Press, 1994 ;
  • (en) Doris Y. Kadish, « Ourika’s Three Versions: A Comparison », Translating Slavery: Gender and Race in French Women’s Writing, 1783-1823, Éd. Françoise Massardier-Kenney, Préf. Albrecht Neubert, Gregory M. Shreve, Kent, Kent State UP, 1994, xiv, p. 217-28 ;
  • (en) Doris Y. Kadish, « Rewriting Women’s Stories: Ourika and The French Lieutenant’s Woman », South Atlantic Review, Spring 1997, no 62 (2), p. 74-87 ;
  • (en) Roger Little, « A Further Unacknowledged Quotation in Césaire: Echoes of Ourika » French Studies Bulletin: A Quarterly Supplement, Summer 1992, no 43, p. 13-16 ;
  • Roger Little, « Le Nom et les origines d’Ourika », Revue d’Histoire Littéraire de la France, July-Aug 1998, no 98 (4), p. 633-37 ;
  • Lisa McNee, « Ourika en famille : mémoire collective et altérité », French Prose in 2000, Éd. Michael Bishop, Elson Christopher, Amsterdam, Netherlands, Rodopi, 2002, p. 225-32 ;
  • Anjali Prabhu, « Deux Nègres à Paris : La Voix de l’autre », Romance Languages Annual, 1995, no 7, p. 133-37 ;
  • (en) David O’Connell, « Ourika: Black Face, White Mask », French Review, Spring 1974; (Spec. issue 6), p. 47-56 ;
  • (en) Sylvie Romanowski, Through Strangers’ Eyes: Fictional Foreigners in Old Regime France, West Lafayette, Purdue UP, 2005 ISBN 9781557534064 ;
  • (en) Linda Marie Rouillard, « The Black Galatea: Claire de Duras’s Ourika », Nineteenth-Century French Studies, Spring-Summer 2004, no 32 (3-4), p. 207-22 ;
  • Marie-Ange Somdah, « Ourika ou l’univers antithétique d’une héroïne », LitteRealite, Autumn-Winter 1996, no 8 (2), p. 53-63 ;
  • (en) Eileen Warburton, « Ashes, Ashes, We All Fall Down: Ourika, Cinderella, and The French Lieutenant’s Woman », Twentieth Century Literature: A Scholarly and Critical Journal, Spring 1996, no 42 (1), p. 165-86 ;
  • (en) Kari Weil, « Romantic Exile and the Melancholia of Identification », Differences: A Journal of Feminist Cultural Studies, Summer 1995, no 7 (2), p. 111-126.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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