Ouerghemma

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Localisation de la confédération des Ouerghemma

Les Ouerghemma (arabe : ورغمة) sont une confédération tribale issue de tribus berbères, plus précisément des Zénètes. Elle forme depuis le XVIe siècle une alliance de sécurité pour la majeure partie des populations vivant entre la mer et le désert et qui ont étendu leur influence sur une vaste zone du sud-est de la Tunisie, de l'oued ez-Zess dans la région de Mareth jusqu'à la frontière tuniso-libyenne, représenatant la majeure partie de la plaine de la Djeffara.

Étymologie[modifier | modifier le code]

La dénomination de la confédération, Ouerghemma, vient certainement des Beni Ourghma, une branche des Beni Demmer. Demmer désigne une montagne de la région de Tripoli formant l'extrémité occidentale de la chaîne qui s'étend au sud de cette ville, jusqu'aux environs de Gabès[1]. On appelle Aït Demmer ou Aïd Demmer les habitants de cette montagne, c'est-à-dire « tribu des Demmer »[1].

Origines[modifier | modifier le code]

Les Beni Demmer, Aït Demmer ou Aïd Demmer, une tribu zénètienne, fournissent un grand nombre de branches qui habitent les montagnes et les environs de Tripoli. L'une de leurs fractions s'adonne à la vie nomade et fréquente les plaines de l'Ifriqiya occidentale[2].

Les Beni Ourghma, branche des Aïd Demmer, habitent les montagnes proches de Tripoli ; les Beni Ournîd forment aussi une branche considérable de la tribu des Demmer et possèdent de nombreuses ramifications, parmi lesquelles les Beni Ourtantîn, les Beni Gharzoul et les Beni Tofourt[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation du Djebel Demmer selon la description du commandant Rebillet
Groupes de la confédération tribale des Ouerguemma

Selon le commandant François Rebillet (capitaine du 4e régiment d'infanterie) dans son ouvrage Le Sud de la Tunisie (1886), citant les auteurs arabes du Moyen Âge, le terme Djebel Demmer s'applique à toute la région montagneuse qui s'étend du Djebel Nefoussa jusqu'au sud de Gabès, « sur une longueur de sept jours de marche ». Les cartes modernes divisent cette région entre le plateau des Matmata, le Djebel Douiret et le Djebel Abiodh : ce sont des divisions exactes et nécessaires mais c'est une restauration utile que celle du seul terme par lequel on puisse désigner l'ensemble des plissements qui forment l'ossature du Sud tunisien[réf. nécessaire].

Composition[modifier | modifier le code]

  • Ouderna de Tataouine :
    • Oulad Slim (أولاد سليم) : Ch'hida (شهيدة), Dabbeb (دباب), Dghaghra (دغاغرة), Ajerda (عجاردة), Dhibet (ذهيبات), Mekbla (مقابلة), Ghefarra (غفافرة), Mkhalba (مخالبة)
    • Oulad Abdelhamid (أولاد عبد الحميد) : Al Krachoua (الكرشاوة), Oulad al Azreq' (الزرقان), Oulad Mehiri, Oulad Aoun, Al Hemidia (حميدية)
  • Touazine de Ben Gardane : Aouled Hamed (أولاد حامد), Mazrouta (مزروطة), Aouled Khelifa (أولاد خليفة)
  • Accaras de Zarzis : Aouled Emhamed (أولاد امحمد), Aouled Bou Ali (أولاد بوعلي), Aouled Abd Edayem (أولاد عبد الدايم), Ezouaya (الزاوية), Elmouwensa (الموانسة), Elekheleyfia (الخلايفية)
  • Khezour et Mhabel de Médenine : Hzara (حرارزة), Tsaoua (تساوة), Khemaylia (خمايلية), Aouled Belgacem (أولاد بالقاسم), Aouled Youssef (أولاد يوسف)
  • Jelidet (جليدات) de Tataouine et Beni Blel : Hamed (حامد), Bouras (بوراس), Aouled Abdejelil (أولاد عبد الجليل), Aouled Mohamed (أولاد محمد), Boujlida (بوجليدة), Outaouta (الوطاوطة)
  • Ghomrassen (غمراسن) de Ghomrassen
  • Hewaya (حواية) : Jebah (جباه), Melala (ملالة), Aouled Atia (أولاد عطية), Kerza (كارزة), Aouled Mehdi (أولاد مهدي)
  • Tribus montagnardes : Douiret (دورات), Sedra (سدرة), Beni Yekhzer (بني يخزر), Mekdamine (مقدمين), Guetoufa (قطوفة), Guermessa (قرماسة)
  • Autres tribus : Hdeda (حدادة), Ghbonten (غبنتن), Jelalta (جلالطة), Rebayaa (ربايع)

La confédération des Ouerghemma (Ouderna de Tataouine et Touazine de Ben Gardane) fournissait des contingents de goumiers au bey de Tunis, moyennant l'exemption de l'impôt de capitation.

Dialecte[modifier | modifier le code]

Le dialecte de ces tribus est majoritairement un arabe similaire à celui parlé par les tribus libyennes voisines. Certaines tribus comme les Ghomrassen et les Douiret utilisent encore la langue berbère, avec un dialecte similaire à celui de Zaouïa et du Djebel Nefoussa (Libye) ou au chaoui (Algérie).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ibn Khaldoun (trad. William Mac Guckin de Slane), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, vol. I, Alger, Imprimerie du gouvernement, , p. LXXX
  2. a et b Ibn Khaldoun (trad. William Mac Guckin de Slane), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, vol. III, Alger, Imprimerie du gouvernement, , p. 288