Oued Fouarat

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oued Fouwarat
(oued Fouarat)
Illustration
Caractéristiques
Longueur ?
Bassin ?
Bassin collecteur oued Sebou
Débit moyen ?
Régime intermittent
Cours
Source Al Arjate
· Altitude 300 m
Confluence le Sebou
· Localisation Kénitra
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Seheb el Ghaba
· Rive droite oued Foul, oued MBarek
Pays traversés Drapeau du Maroc Maroc
Rharb-Beni Hssen
Régions traversées Mamora

L'oued Fouwarat (ou Fouarat) est une rivière du Maroc, un affluent de l'oued Sebou. Il prend sa source dans la forêt de la Mamora, à Al Arjate, entre Salé et Si Allal El Bahraoui, au pied du plateau travers par la route de Rabat-Salé-Meknès. Sa source est captée pour l'alimentation en eau potable de la ville de Salé.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1910, près du confluent de l'oued Fouwarate avec l'oued Sebou existait un petit pont qui permettait à la route impériale Rabat-Fez-Tanger (Trek es Soltane) de franchir l'oued Fouwarate. De là vient le nom de la ville de Kénitra (petit pont en arabe) qui s'est développée à partir de cette date autour de la kasbah de ce nom proche du petit pont.

Description[modifier | modifier le code]

L'oued Fouwarate coule entre deux importants cordons dunaires quaternaires orientés SO-NE, son cours bifurque à angle droit, au débouché de la Mamora, vers l'ouest, en arrivant dans la région de Kénitra. Il traverse là une zone de maraîchages et longe, au sud-ouest la Merdjat Si Ali Bouchta (du nom d'une kouba voisine ou lac Fouarat) qui le sépare de la ville (selon le Centre d'échanges sur la biodiversité au Maroc, CEBM) « un large marais à la végétation luxuriante » voir ci-dessous lac Fouwarat, fiche CEBM[1]).

Selon le CEBM, cette rivière coule entièrement dans la forêt de la Mamora. C'est un des rares cours d'eau de la plaine atlantique qui est encore partiellement en eau. La partie amont de son cours est à sec et sans flore, le tracé est plus ou moins effacé. Si cette rivière n'a pas un débit important en surface et dépend de la pluviométrie, dans la région de Oued Mbarek (un affluent de la rive droite dans son cours moyen), un ensemble de petites sources le réalimente, certaines ont tari mais sont exploitées par des puits. Dans son cours souterrain en aval, en arrivant dans la région de Kenitra, il alimente un marais à végétation luxuriante (zone désignée, par ailleurs comme lac du Fouarat).

Ressource en eau potable[modifier | modifier le code]

L'importante nappe d'eau douce qui a été reconnue sous la Mamora, a été exploitée par des forages importants datant de 1934 (extensions en 1987 et 1991, près de Kénitra[2], forage du Fouarat). Cet endroit est une zone d'approvisionnement en eau potable (AEP) importante qui ravitaille Kenitra et par une longue conduite, Rabat et Casablanca avec d'autres forages de la nappe de la Mamora (voir ci-après).

Aspect biologique[modifier | modifier le code]

C'est une zone protégée.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est subhumide à hiver chaud.

Flore[modifier | modifier le code]

La flore est celle de la forêt de la Mamora, la rivière coule entre des versants peu élevès. Selon le CEBM, il s'agit d'une prairie plus ou moins bien conservée.

Faune[modifier | modifier le code]

La faune, dans la partie de la Merdjat (ou lac), est très riche en invertébrés d'eaux stagnantes. Là, nichent des colverts, des foulques, des poules d'eau et plusieurs passereaux. La Merdjat est visitée par les cigognes blanches qui nidifient dans les environs, même en ville (à Kenitra).

Découvertes paléontologiques[modifier | modifier le code]

Selon Camille Arambourg (1969, p. 10[3]), les forages dans les sables villafranchiens réalisés pour l'alimentation en eau potable, dans la nappe phréatique de la Mamora ont permis d'identifier de nombreux fossiles d'animaux disparus (décrits en 1948 par Choubert, Ennouchi et Marçais, cités par C. Arambourg, 1969, p. 10[3]). Ce sont essentiellement des Proboscidiens fossiles (éléphants) appartenant au genre Ananchus et à l'espèce Elephas africanus. Ces fossiles font partie des collections de l'Université de Rabat.

Défense de l'Environnement[modifier | modifier le code]

La région situés au débouché de l'oued à Kenitra est concernée par trois problèmes susceptibles de porter atteinte à l'Environnement et particulièrement à la ressource d'alimentation en eau potable (AEP).

Impact de l'autoroute A1[modifier | modifier le code]

L'autoroute A1 contourne Kenitra par l'est et passe au-dessus de la Merdjat et de l'oued Fouwarat. Une étude d'impact a été effectuée afin de déterminer l'impact éventuel des travaux sur la ressource en eau et prévenir toute menace sur la ressource AEP.

Impact de la ligne grande vitesse[modifier | modifier le code]

La ligne grande vitesse (LGV) contourne Kenitra par l'est et passe au-dessus de la Merdjat et de l'oued Fouwarat. Une étude d'impact a été effectuée afin de déterminer l'impact éventuel des travaux sur la ressource en eau et prévenir toute menace sur la ressource AEP.

Pollution des eaux de surface[modifier | modifier le code]

Selon un article de El Guamiri et Belghyti (résumé p. 53, 2006[4]), des eaux usées brutes sont rejetées dans le lac Fouarat (ou Fouwarat, vraisemblablement la Merdjat Si Ali Bouchta, selon la vue satellite), en provenance de la commune urbaine (district ou quartier urbain) des Saknia. Les auteurs parlent d'eaux usées « ... drainées sans traitement dans le lac Fouarat ... ». À ces eaux usées s'ajoutent « les rejets d'une industrie textile raccordée au collecteur. Ces effluents servent à irriguer les cultures maraîchères du périmètre du Fouarat et constituent un risque environnemental pour la nappe phréatique sous-jacente et pour les eaux du lac Fouarat. ».

Un autre article (Ben Bouih et al., 2006[5]) expose que les agglomérations urbaines de la ville de Kenitra sont susceptibles de « perturber l'équilibre écologique du lac Fouarat, à cause de leur essor démographique et industriel. » L'analyse des sédiments montre des teneurs en zinc, chrome et cadmium diminuant de la surface vers la profondeur. La pollution est en marche vers une ressource en eau potable.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • B. Lepoutre et M. Combes, « La Mamora », Les Cahiers de la Recherche Agronomique, série Congrès de Pédologie méditerranéenne, 1966, Madrid, no 24 « Description des régions traversées »,‎ , p. 279-295

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « CEBM - Oued Fouwarate », (consulté le 26 octobre 2011)
  2. « Bassin du Bou-Regreg » (consulté le 27 octobre 2011)
  3. a et b Camille Arambourg, « Les vertébrès du Pléistocène de l'Afrique du Nord », Archives du Muséum National d'Histoire Naturelle, 7e série, vol. 10,‎ , p. 1-126
  4. Youssef El Guamiri et Driss Belghyti, « Etude de la qualité physico-chimique des eaux usées brutes de la commune urbaine de Saknia, rejetées dans le lac Fouarat (Kenitra, Maroc) », Journal Africain des Sciences de l'Environnement, no 1,‎ , p. 53-60
  5. *H. Ben Bouih, H. Nassali, M. Leblans et A. Shriiri, « Contamination en métaux traces des sédiments du lac Fouarat (Maroc) », Afrique Science, vol. 1, no 1,‎ , p. 109-125 (ISSN 1813-548X)