Ottramne

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Ottramne
Fonction
Archevêque de Vienne
jusqu'au
Biographie
Naissance
Date et lieu inconnusVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Activité

Ottramne ou Otran, mort probablement le , est un archevêque de Vienne, de la seconde moitié du IXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ottramne (latin Ottramnus[1], Ottrannus[ReD 1],[2]), que l'on trouve également sous les formes Octranne[ReD 2], Odtramne[ReD 2], Oltramne[3], Otramne[4], Oterame[ReD 3], Otram[5], Otran[6], serait d'origines nobles, selon le jésuite Claude Charvet (1761)[5]. Ce dernier indique que l'on ne connaît pas sa province de naissance et avance l'hypothèse d'un lien avec le comte Otram, présent à l'Assemblée de Sermorens (v. 850)[5].

Ottramne remplace sur le siège archiépiscopal de Vienne, Saint Adon, mort le [6],[7],[8]. Il est donc élu entre cette date et le mois de , où il est mentionné à la tête de l'Église de Vienne[6].

Il est présent au concile de Ponthion, en 876[7],[2]. À cette occasion, Charles II dit « le Chauve » est reconnu empereur. Il assiste au concile de Troyes, qui se déroule deux ans plus tard, présidé par le pape Jean VIII[7].

Il est également présent au concile de Mantaille, qui a lieu le , et au cours duquel Boson, comte d'Autun, est proclamé « roi de Bourgogne »[7]. L'historien René Poupardin (1901) considère qu'Ottramne était à la tête des « meneurs »[9]. Il aurait ainsi « [fait] croire aux membres de l'assemblée que la conduite de Boson était approuvée par son protecteur et père spirituel de l'année précédente, le pape Jean VIII »[9]. Ce rôle lui vaut les remontrances du pape, qui le blâme par lettres[10],[ReD 4]. La tension perdure lorsque le pape intervient pour désigner l'évêque de Genève, Optandus, à la demande de l'empereur Charles le Gros, contre l'avis Ottramne[ReD 3],[3],[10]. Genève est suffragant de Vienne. Ottramne fait enfermer Optandus et désigne un autre évêque[ReD 3],[3]. Le pape le menace d'excommunication s'il ne réintègre pas Optandus, qu'il avait consacré, et le somme de venir au synode de Rome, du [ReD 3],[3].

La dernière mention du prélat remonte à un acte du [6],[2].

L'année de la mort d'Ottramne fait débat. Il meurt, selon le Catalogue, le «  de la neuvième de son épiscopat »[6]. L'abbé et historien Ulysse Chevalier, dans sa Notice chronologico-historique sur les archevêques de Vienne (1879), retient le [7], tout comme son prédécesseur Claude Charvet (1761) qui concluait « Ainsi l'on ne peut gueres douter que ce ne soit en 885 que le siège de Vienne ait vacqué »[11]. Quelques années plus tard, l'auteur corrige l'année dans le Regeste dauphinois (1912), en donnant le [ReD 1], rejoignant les calculs des historiens René Poupardin (1901)[6] ou de Louis Duchesne (1907)[2].

Son successeur, Bernoin n'est mentionné qu'à partir de l'année 886[7],[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Regeste dauphinois[modifier | modifier le code]

  1. a et b Regeste dauphinois, p. 145, Tome 1, Fascicules 1-3, Acte no 850 (présentation en ligne).
  2. a et b Regeste dauphinois, p. 144, Tome 1, Fascicules 1-3, Acte no 849 (présentation en ligne).
  3. a b c et d Regeste dauphinois, p. 143, Tome 1, Fascicules 1-3, Actes no 842, no 843, février/mai (882) (présentation en ligne).
  4. Regeste dauphinois, p. 143, Tome 1, Fascicules 1-3, Acte no 841, (février/mai 882) (présentation en ligne).

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Jean-Barthélemy Hauréau, Gallia christiana, vol. XVI, Paris, 1865, coll. 51 (présentation en ligne)
  2. a b c et d Louis Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule. Provinces du Sud-Est (tome premier), Paris, Albert Fontemoing. Anc. Thorin et fils, , 2e éd., 376 p. (lire en ligne), p. 210-211.
  3. a b c et d Paul Lullin et Charles Le Fort, Régeste genevois ou Répertoire chronologique et analytique des documents imprimés relatifs à l'histoire de la ville et du diocèse de Genève avant l'année 1312, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, , 542 p. (lire en ligne), p. 30-31.
  4. Louis Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule. Provinces du Sud-Est (tome premier), vol. 3, Paris, Thorin et fils, , 356 p. (lire en ligne), p. 178.
  5. a b et c Claude Charvet, Histoire de la sainte église de Vienne, 1761, Chez C. Cizeron, 798 p. (lire en ligne), p. 212.
  6. a b c d e f et g René Poupardin, Le Royaume de Provence sous les Carolingiens, 855-933, Paris, Librairie Émile Bouillon, , 468 p. (lire en ligne), p. 251-254, Appendice n°8.
  7. a b c d e et f Ulysse Chevalier, Notice chronologico-historique sur les archevêques de Vienne : d'après des documents paléographiques inédits, Vienne, , 18 p. (lire en ligne), p. 10-11.
  8. Louis Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule. Provinces du Sud-Est (tome premier), vol. 3, Paris, Thorin et fils, , 356 p. (lire en ligne), p. 150.
  9. a et b René Poupardin, Le Royaume de Provence sous les Carolingiens, 855-933, Paris, Librairie Émile Bouillon, , 468 p. (lire en ligne), p. 92.
  10. a et b René Poupardin, Le Royaume de Provence sous les Carolingiens, 855-933, Paris, Librairie Émile Bouillon, , 468 p. (lire en ligne), p. 105.
  11. Claude Charvet, Histoire de la sainte église de Vienne, 1761, Chez C. Cizeron, 798 p. (lire en ligne), p. 233.