Otto Weidt

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Otto Weidt, né le à Rostock et mort le à Berlin, a été reçu « Juste parmi les nations ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Rosenthaler Strasse 39 à Berlin.

Otto Weidt grandit à Berlin où s'est installée sa famille, il y apprend le métier de son père, tapissier. Pacifiste convaincu, ses problèmes auditifs lui évitent de participer à la Première Guerre mondiale. Au début des années 1940, il crée à l'adresse Rosenthaler Straße 39 un atelier de fabrication de balais et de brosses classé wehrwichtiger Betrieb – entreprise importante pour l'effort militaire – car il vend l'essentiel de sa production à la Wehrmacht. La plupart des collaborateurs, mal-voyants ou sourds-muets, sont juifs ; Weidt leur évite la déportation en leur procurant de faux papiers et en achetant certaines complicités. Inge Deutschkron est une de celles qui lui doivent la vie, tout comme Alice Licht, déportée au camp d'Auschwitz : Weidt n'hésite pas à y proposer ses produits pour établir le contact. Déplacée au camp de Groß-Rosen, elle réussit à s'enfuir et à se réfugier dans une chambre louée à cet effet par Otto Weidt. Il a également caché pendant neuf mois la famille Horn dans une pièce qu'on peut encore voir au fond de l'atelier devenu aujourd'hui un lieu de mémoire. Après la guerre, Weidt a déployé son énergie pour faire construire un orphelinat et une maison pour personnes âgées afin d'y accueillir les survivants des camps de concentration.

Honneurs posthumes[modifier | modifier le code]

Plaque à l'entrée du 39 de la Rosenthaler Straße : « Dans cette maison se trouvait l'atelier pour aveugles de Otto Weidt. Ici travaillèrent de 1939 à 1945 des aveugles et des sourds-muets, juifs pour la plupart ; Weidt les protégea au péril de sa vie et fit tout pour les sauver d'une mort certaine. Plusieurs personnes lui doivent d'avoir survécu. »

Depuis 1993, et à l'initiative de Inge Deutschkron, l'entrée du 39 de la Rosenthaler Straße porte une plaque en l'honneur de Otto Weidt, et depuis 1994, le cimetière de Zehlendorf lui rend hommage par un tombeau honorifique. Son atelier devenu musée est pris en charge par le Mémorial de la Résistance Allemande (Gedenkstätte Deutscher Widerstand).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Inge Deutschkron, Lukas Ruegenberg: Papa Weidt: Er bot den Nazis die Stirn. Butzon & Bercker, Kevelaer 2001, (ISBN 3-7666-0210-1)
  • (en) Horst Biesold, Crying Hands, Eugenics and Deaf People in Nazi Germany [« Klagende Hände (1988, Jarick Oberbiel, Solms, Germany). »], Washington D.C., Gallaudet University Press, , 230 p. (ISBN 1-56368-077-7) (histoire de Otto Weidt évoquée page 138).
  • Leuner, Heinz David. Als Mitleid ein Verbrechen war: Deutschlands stille Helden 1939-1945. Limes Verlag, 1967. (cité comme source par Horst Biesold, page 138).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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