Otto Frank

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Otto Frank
Image dans Infobox.
Otto Frank en 1961.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 91 ans)
BirsfeldenVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Otto FrankVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Bâle, Francfort-sur-le-Main, Amsterdam (jusqu'au XXe siècle)Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Marchand, banquier, photographe amateur, homme d'affairesVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Edith Frank (de à )
Elfriede Geiringer (en) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Autres informations
Propriétaire de
L'Annexe, images filmées d'Anne Frank (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Religion
Conflits
Lieux de détention
Stolperstein für Otto Frank (Amsterdam).jpg
Plaque commémorative

Otto Frank, né à Francfort-sur-le-Main en Allemagne et mort le à Birsfelden en Suisse, est un homme d'affaires néerlando-allemand.

Fils de Michael Frank et d'Alice Betty Stern, il émigre à Amsterdam en 1933 avec sa famille, fuyant les lois anti-juives d'Hitler. Il est l'époux d'Edith Frank et le père de Margot et Anne, laquelle est devenue une célébrité mondiale à la suite de la publication de son journal intime.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Otto Heinrich Frank est né à Francfort-sur-le Main. Il est le second fils de Michael et d'Alice Stern Frank. Ses frères et sœurs sont Robert Frank, Helene (Leni) Frank et Herbert Frank. Otto est le cousin du célèbre décorateur d'intérieur Jean-Michel Frank et le petit-fils de Zacharias Frank.

Otto Frank sert dans l'armée allemande en tant qu'officier durant la Première Guerre mondiale. Il travaille dans la banque familiale avant qu'elle ne cesse ses activités au début des années 1930. Il se marie à Edith Holländer - une héritière d'une entreprise de ferraille et d'approvisionnement industriel - le à Francfort, lors de son trente-sixième anniversaire. Leur première fille, Margot Betti, naquit le , suivie trois ans plus tard par Anne (Annelies Marie) le [1]. En ce moment la famille habite une grande maison au numéro 307 du Marbachweg à Francfort. La famille vit dans une communauté mixte de citoyens juifs et non-juifs, et les enfants grandissent en côtoyant des amis de confession catholique, protestante et juive. Les Frank sont juifs réformistes, pratiquant beaucoup des traditions de la foi juive, sans observer l'ensemble des coutumes. Dans la famille, Edith est la plus dévouée à sa foi[2].

Immigration de la famille Frank[modifier | modifier le code]

Lors de la montée du nazisme en Allemagne et des décrets antisémites encouragés par les attaques envers les personnes et familles juives, Otto Frank décide de fuir avec sa famille aux Pays-Bas. En , il part avec sa famille à Aix-la-Chapelle, où réside sa belle-mère, pour préparer son dernier départ vers Amsterdam, aux Pays-Bas. Là-bas, il fonde une entreprise qui vend des épices et des pectines utilisées dans la préparation des confitures: Opekta. La famille Frank habite sur la place « Merwedeplein », située dans le sud d'Amsterdam, où beaucoup de réfugiés juifs en provenance d’Allemagne s’installent[3]. Otto Frank travaille dur, les deux filles sont inscrites à l'école et s’adaptent rapidement à la vie aux Pays-Bas. Pour Edith la nouvelle vie est difficile, sa famille et ses amis lui manquent. Otto et Edith ont beaucoup de contacts avec leur famille en Allemagne et en Suisse. Ils se font des amis à Amsterdam et rencontrent par exemple la famille Van Pels, ainsi que Fritz Pfeffer, qui les rejoindront plus tard dans l’Annexe.[4] En 1938, Otto Frank démarre une seconde affaire (Pectacon) en partenariat avec Hermann van Pels, un boucher qui avait fui Osnabrück en Allemagne avec sa famille. Les frères d'Edith, Walter (1897-1968) et Julius (1894-1967) se réfugièrent aux États-Unis en 1939. En mars 1939, la mère d'Edith vient vivre avec les Frank et reste avec eux jusqu'à sa mort en janvier 1942[5].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Depuis l'invasion de la Hollande par l'Allemagne en , le gouvernement d'occupation persécute les Juifs en instaurant des lois répressives et discriminatoires, l'inscription obligatoire et la ségrégation des Juifs s'ensuivent rapidement. Otto Frank rend son commerce en apparence "aryen" en transférant son contrôle à des non-juifs[3].

En 1938 et 1941, Otto Frank tente d'obtenir des visas pour sa famille dans le but d'émigrer aux États-Unis ou à Cuba. Il reçoit un visa seulement pour lui vers Cuba le , mais personne ne sait s'il a pu le récupérer. Dix jours plus tard, lorsque l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste déclarent la guerre aux États-Unis, son visa est annulé par La Havane[6],[7]. Otto Frank avait deux compagnies basées à Amsterdam qui se trouvaient dans le même bâtiment : Opekta et Pectacon.

Au début de juillet 1942 les Allemands commencent à convoquer les juifs aux Pays Bas afin de les déporter. Le 5 juillet 1942, Margot reçoit une convocation du Bureau central de l’immigration juive (Zentralstelle für jüdische Auswanderung) lui ordonnant de se présenter pour être relogée dans un camp de travail en Allemagne. Le , après avoir aménagé secrètement un petit appartement à l'arrière de ses bureaux, Otto s'y installe clandestinement avec sa famille dans le but d'échapper au nazisme. Ils sont aidés généreusement par des employés de l'entreprise: Victor Kugler, Johannes Kleiman, Miep Gies et Bep Voskuijl. Ils sont rejoints une semaine plus tard par la famille Van Pels, et en novembre 1942 par le dentiste Fritz Pfeffer [8]. C’est enfermée dans cette cachette, dans laquelle ils vécurent plus de deux ans, que sa fille cadette d’Otto, la jeune Anne Frank, rédigera son journal intime, lequel deviendra à l'issue de la guerre un grand témoignage mondialement connu.

Le , les clandestins sont arrêtés sur dénonciation anonyme. Ils restent dans une cellule de prison à Amsterdam pendant quatre jours. Le 8 août, ils sont transportés au camp de transit de Westerbork et le 3 septembre 1944 les clandestins partent avec le dernier convoi de train pour le camp d'extermination d'Auschwitz[3].

Après 1945[modifier | modifier le code]

Otto Frank se trouve toujours au camp d'Auschwitz lorsque les Russes le libèrent le 27 janvier 1945. Des huit personnes qui se cachèrent dans l'Annexe, seul Otto Frank survit à l'arrestation et au génocide. Lorsqu'il revient à Amsterdam, une de ses amies et collaboratrices, Miep Gies, lui remet les manuscrits de sa fille, qu'elle avait récupérés après l'arrestation des clandestins, et après avoir eu la certitude de la mort d'Anne en 1945 dans le camp de Bergen-Belsen. Otto Frank décide de publier le journal et recherche un éditeur. Ce faisant, Otto Frank réalise le vœu d’Anne: devenir un jour écrivain. Otto utilisa son journal original, connu sous le nom de « version A », et la version corrigée, connue sous le nom de « version B », pour produire la première publication du journal. La première édition néerlandaise paraît le 25 juin 1947. Le Journal d'Anne Frank a été traduit en plus de 70 langues.[9]

Otto Frank déménage à Bâle et se remarie en 1953 avec Fritzi Geiringer, ancienne déportée d'Auschwitz ayant perdu son mari et son fils pendant la shoah. La fille de Fritzi, Eva, était une connaissance d'Anne et Margot Frank. Avant que leurs familles dussent se cacher, Otto et elle se voyaient de temps en temps et discutaient en allemand.

Otto Frank consacrera le restant de sa vie au journal de sa fille, et à la lutte contre la discrimination et les préjugés. Il participera activement à l'ouverture de l'annexe en tant que musée en 1960. En 1963, Otto Frank crée le Fonds Anne Frank de Bâle, une association qui détient les droits d’auteur sur les écrits d’Anne Frank y administre l’héritage de la famille Frank.[10] Les revenus sont consacrés à des œuvres caritatives dans le monde entier, par exemple la lutte contre les discriminations et l’injustice, les droits des femmes et des enfants.[11] Jusqu' à sa mort, survenue en , Otto Frank répond aux lettres de milliers de lecteurs du journal d'Anne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ouvrage The Hidden Life of Otto Frank, p. 8-9
  2. (en) Rian Verhoeven, Ruud van der Rol, Anne Frank Beyond the diary: a photographic remembrance,, New York, Puffin, , 113 p. (ISBN 9780670849321), p. 9
  3. a b et c (en) « Otto Frank », sur Anne Frank Fonds (consulté le ).
  4. (en) « Edith Frank Holländer », sur Anne Frank Fonds Bâle (consulté le )
  5. (en) « Remembering Kristallnacht », sur Maison Anne Frank, (consulté le )
  6. (en) « Anne Frank family letters released », CNN.com, (consulté le )
  7. (en) Patricia Cohen, « In Old Files, Fading Hopes of Anne Frank's Family », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le ) :

    « In order to reach a neutral country, Frank then tried to obtain a Cuban visa, a risky, expensive and often corrupt process. In a Sept. 8 letter to Straus, he wrote, “I know that it will be impossible for us all to leave even if most of the money is refundable, but Edith urges me to leave alone or with the children.” On Oct. 12, 1941, he wrote, “It is all much more difficult as one can imagine and is getting more complicated every day.” Because of the uncertainty, he decided first to try for a single visa for himself. It is granted and forwarded to Otto Frank on Dec. 1. No one knows if it ever arrived; 10 days later, Germany and Italy declared war on the United States, and Havana cancelled the visa. »

  8. « Qui était Anne Frank ? », sur Maison Anne Frank (consulté le )
  9. (en) « Diary », sur Anne Frank Fonds Bâle (consulté le )
  10. (en) « History of the foundation », sur Anne Frank Fonds (consulté le )
  11. « Bâle : le fonds Anne Frank, pour ne pas oublier », sur France3, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]