Osvalde Lewat

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Osvalde Lewat
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Osvalde Lewat en 2019
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Œuvres principales

Osvalde Lewat est une écrivaine, photographe et réalisatrice franco-camerounaise née le à Garoua au Cameroun[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, formations et débuts[modifier | modifier le code]

Née à Garoua[2],[note 1] au Cameroun, Osvalde Lewat est la fille d'un directeur d'une filiale du groupe français Pechiney spécialisée dans la transformation de l'aluminium, à Douala. Grâce à sa mère, l'adolescente se passionne pour la lecture et le cinéma[3]. Après le baccalauréat, elle intègre une école de journalisme.

Elle est diplômée de Sciences Po Paris et de l'École supérieure des sciences et techniques de l'information et de communication de Yaoundé (ESSTIC).

Elle travaille pour Cameroon Tribune[4], mais découvre les limites du métier et les exigences éditoriales d’un journal. Elle suit des stages de formation à l’image à la Femis à Paris et à Institut national de l'image et du son (INIS) de Montréal. Lors de son stage à l'INIS, en 2000, elle tourne Le Calumet de l'espoir, son premier court-métrage, avec des Amérindiens[3].

Réalisation de documentaires[modifier | modifier le code]

En 2003, elle réalise Au-delà de la peine, le portrait d'un prisonnier condamné à quatre ans de prison et laissé dans les geôles de son pays, le Cameroun, pendant trente-trois ans. Deux ans plus tard, au Congo-Kinshasa, la situation des femmes violées pendant la guerre est le sujet d’Un amour pendant la guerre, qui dénonce la démission et la passivité de l'État devant les horreurs dont sont victimes les femmes[3].

En 2007, son long-métrage documentaire, Une affaire de nègres, revient sur l'histoire d'une unité spéciale des forces de l'ordre au Cameroun qui a fait plus d'un millier de victimes : face au banditisme qui sévit à Douala, cette unité paramilitaire de la police a pour mission de terroriser les acteurs d'actes illégaux et procède à des exécutions sommaires sans chercher à établir au préalable une éventuelle culpabilité, ce qui est considéré par une partie de la population comme des dommages collatéraux inévitables[5],[6].

Photographie[modifier | modifier le code]

Osvalde Lewat expose son travail photographique en Europe, en Amérique et en Afrique.

Sa série « Couleur Nuit » a été exposée à Paris[7], à New-York, Bruxelles, Marseille.

Sa série Marges, prise en République démocratique du Congo, est exposée à Kinshasa en du 26 mai au 14 juin 2014[8].

Littérature[modifier | modifier le code]

En 2021, Osvalde Lewat publie son premier roman, Les Aquatiques, aux Éditions Les Escales[9].Le roman raconte l’histoire de Katmé, une femme d’une trentaine d’années, mariée à un homme de pouvoir, et dont la vie bascule le jour où, son meilleur ami, son presque frère est arrêté et emprisonné par l’Etat du Zambuena, le pays d’Afrique subsaharienne où ils vivent. Elle décide alors de se battre contre des forces qui la dépasse faire libérer son ami. Sur cette voie-là, elle rencontrera comme premier adversaire son mari, le tout puissant préfet de la capitale, membre du parti au pouvoir, homme politique qui entend continuer à gravir sans encombre l’échelle sociale. Elle rencontrera aussi un adversaire encore plus inattendu, c’est elle-même. Elle qui a grandi à l’ombre des injonctions du patriarcat et de la masculinité et qui a été élevée pour être « une vraie femme »[10].

Stanislas Claude évoque dans Publik'Art « un premier ouvrage passionnant » : « L’écriture est belle et fluide, la profusion de détails concourt à la profondeur des tumultes internes, la lecture est épileptique[11]. » Le réalisateur Fasséry Kamissoko (TV5 Monde).« Ambitieux et percutant, le livre d’Osvalde Lewat est une critique du pouvoir et des traitements auxquels sont exposés les femmes et les homosexuels dans l'Afrique contemporaine[10]. »

« La principale qualité des Aquatiques se concentre in fine dans la charge de subjectivité assumée par l’autrice, écrit le critique Pierre Gelin-Monastier (Profession Audio|Visuel). Nous y sentons un regard singulier et une plume qui, sans être allée au bout de son chemin (qui le pourrait en un premier roman ?), a déjà parcouru bien des paysages brûlants, des vallées de cendres aux vernales frondaisons[1]. »

Vie privée[modifier | modifier le code]

Osvalde Lewat est mariée et mère de deux enfants.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Le Calumet de l'espoir, documentaire, 2000
  • 140, rue du bac, documentaire, 2001
  • Itilga (Les destinées), documentaire, 2001
  • Au-delà de la peine, documentaire, 2003, 50 min
  • Un amour pendant la guerre, documentaire, 2005, 63 min
  • Les Disparus de Douala, documentaire, 2007, 52 min
  • Une affaire de nègres, documentaire, 2009, 88 min
  • Sderot, seconde classe, documentaire, 2011, 80min
  • Land Rush, moyen métrage, Osvalde Lewat, Hugo Berkeley, 2012

Expositions[modifier | modifier le code]

Couleur nuit[modifier | modifier le code]

  • Galerie 29, Paris, 2015
  • Galerie Marie-Laure de l'Ecotais, Paris, 2015
  • New-York, août, 2016
  • Marseille, 2017
  • Ostende, 2017

Marges[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Congo couleur nuit, textes de Yannick Vigouroux, Lye Yoka, Atiq Rahimi, photographies d'Osvalde Lewat, éditions Phenix, 2015
  • Les Aquatiques, édition les Escales, 2021

Prix, récompenses et honneurs[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michelle Chilcoat, Cheikh Ndiaye, « Entretien avec Osvalde Lewat-Hallade, jeune réalisatrice d'origine camerounaise », The French Review, vol. 83, n° 2, 2009, p. 388-396
  • Blandine Stefanson, Sheila Petty, Directory of World Cinema Africa: Directory of World Cinema Africa, Intellect Books, 2014 lire sur Google Livres

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. D'autres sources mentionnent une naissance à Douala ou à Yaoundé.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pierre Gelin-Monastier, « “Les Aquatiques” : du documentaire au roman, l’élan vital d’Osvalde Lewat », sur Profession Audio|Visuel,
  2. « Bio | Osvalde Lewat », sur Site personnel (consulté le )
  3. a b et c Georges, « Osvalde Lewat », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  4. Osvalde Lewat, « Roi sans couronne », Cameroon Tribune, 9 octobre 2001, à l'occasion de la mort de Mongo Beti lire sur Google Livres
  5. Thomas Sotinel, « "Une affaire de nègres" : au cœur des ténèbres », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. Christophe Ayad, « Le silence de Douala », Libération,‎ (lire en ligne)
  7. Sandrine Dippa, « Exposition : Couleur nuit d'Osvalde Lewat à la Galerie 29 », sur Le Monde de la photo,
  8. a et b Nioni Masela, « Halle de la Gombe : Youssoupha clôture la Semaine française », sur Agence d'information d'Afrique centrale,
  9. « Les Aquatiques », sur Lisez (consulté le ).
  10. a et b Fasséry Kamissoko, « "Les Aquatiques" : le récit du parcours émancipateur d’une femme en Afrique », sur TV5 Monde, .
  11. Stanislas Claude, « Un premier ouvrage passionnant avec Les Aquatiques d’Osvalde Lewat aux éditions Les Escales », sur Publik'Art, .
  12. Yasmine Chouaki, « L'invitée : la cinéaste Osvalde Lewat », sur RFI,
  13. « Palmarès Fespaco 2009 », sur www.africultures.com (consulté le )
  14. (en) Maureen Ryan, « Peabody Awards Winners: 'Louie,' 'Girls,' Robin Roberts And CNN Honored », sur HuffPost,

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Liens externes[modifier | modifier le code]