Ostéoradionécrose

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L'ostéoradionécrose est une complication sévère, peu fréquente et tardive de la radiothérapie, liée à un défaut de cicatrisation du tissu osseux.

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

Les lésions radiques faisant suite à une radiothérapie peuvent être retardées de plusieurs mois voire de plusieurs années et concernent 5 à 15 % des patients irradiés[1]. Ces lésions tardives sont caractérisées par une détérioration progressive des tissus par diminution de la microvascularisation. Le tissu normal est remplacé par un tissu fibreux dense, qui nécrose lorsque l'apport sanguin d'oxygène se réduit encore[1]. En cas d'apparition d'une plaie cutanée, une biopsie doit s'assurer qu'il ne s'agit pas de récidive du cancer initial, souvent du sein. Une ostéoradionécrose intéressant la paroi thoracique doit faire envisager une pariétectomie de propreté[2]. Il est là encore important de dépister et traiter une dénutrition préopératoire ainsi qu'un tabagisme actif[2].

Manifestation[modifier | modifier le code]

Elle se manifeste parfois après des extractions dentaires réalisées sur un terrain déjà irradié lors de tumeurs de la sphère oro-faciale, ou des traumatismes, mais peut aussi résulter d'une blessure aux tissus mous (ex: plaie, ulcération) ou survenir de façon spontanée. La mise en état de la cavité buccale et une fluoration régulière des dents restantes permettent d'éviter (parfois) d'avoir à extraire des dents après irradiation car la sécheresse buccale et l'altération de la qualité de la trame organique des dents sont souvent inéluctables.

Risque[modifier | modifier le code]

Le risque est maximal pendant la première année suivant la fin de la thérapie.

L'os irradié est le site d'importants changements dégénératifs caractérisés par une sclérose des vaisseaux sanguins entraînant une diminution de la vascularisation osseuse et une dégénérescence de la trame fibrillaire osseuse, ce qui compromet graduellement le potentiel de guérison des structures affectées.

Fréquence[modifier | modifier le code]

La fréquence de l'ostéoradionécrose a considérablement diminué au cours des vingt dernières années[Quand ?]. Elle se situerait maintenant[Quand ?] entre 2 % et 4 %[réf. nécessaire]. Cette amélioration est attribuable à une meilleure utilisation (dosage et focalisation) des rayonnements ionisants.

Traitement[modifier | modifier le code]

Lorsqu'elle atteint la paroi thoracique, l'ostéoradionécrose peut imposer un traitement chirurgical à type de pariétectomie, où les tissus atteints sont retirés et une vascularisation locale restaurée par un lambeau musculaire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Justin D. Blasberg et Jessica S. Donington, « Infections and Radiation Injuries Involving the Chest Wall », Thorac Surg Clin, vol. 20, no 4,‎ , p. 487–494 (lire en ligne, consulté le 12 avril 2016)
  2. a et b (en) Tukiainen E, « Chest wall reconstruction after oncological resections », Scand J Surg, vol. 102,‎ , p. 9-13 (lire en ligne, consulté le 12 avril 2016)

Articles Connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]