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Oseledets

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Musicien de rue jouant du bandura au vieux-marché de Poznań, 2004.

L'oseledets, en ukrainien : оселедець, est une coiffure traditionnelle ukrainienne caractérisée par une longue mèche de cheveux poussant sur le dessus ou le devant d'un crâne rasé de près. Elle est surtout associée aux Cosaques zaporogues. Elle est semblable à une crête iroquoise moderne.

La plus ancienne description d'un oseledets proviendrait d'une description de Sviatoslav, prince de la Rus' de Kiev. L'apparence de Sviatoslav est décrite par l'historien byzantin Léon le Diacre, qui assiste lui-même à la rencontre de Sviatoslav avec l'empereur Jean Ier Tzimiskès. D'après ses souvenirs, Sviatoslav est chauve, porte une barbe clairsemée, une moustache fournie et une papillote, signe de sa noblesse[1].

Une coupe de cheveux très similaire, la czupryna, est portée par le peuple des Wendes du début du Moyen Âge polonais, puis par la noblesse polonaise, la Szlachta, du XIIe au XVIIIe siècle.

Aux XVIe et XVIIe siècles, les Cosaques d'Ukraine se rasent la tête, ne laissant qu'une longue bande centrale souvent tressée ou nouée en chignon[2].

Représentation de Sviatoslav Ier, prince de Kiev de 945 à 972, datant de 1869.

Les oseledets connaissent un regain de popularité auprès des romantiques et des nationalistes au début du XXe siècle. Les peintres romantiques associent la description que Léon le Diacre fait de l'apparence et du mode de vie équestre de Sviatoslav aux cosaques et le représentent comme tels. Cette coupe de cheveux est représentée dans divers films tels que La Dépeche perdue, 1972, qui est basé sur les œuvres de l'écrivain russe d'origine ukrainienne Nikolaï Gogol. Après l'indépendance, les oseledets font leur retour parmi les Ukrainiens modernes. On l'a vu lors des manifestations d'Euromaïdan en 2014[3].

Historiquement, les Ukrainiens utilisaient entre eux le terme khokhol comme une forme d'auto-identification ethnique pour se distinguer visiblement des Russes[4].

Un nom russe pour la coiffure oseledets, khokhol (en russe хохол) est couramment utilisé comme une insulte ethnique pour désigner un homme ukrainien[5],[6],[7], car c'était une coupe de cheveux courante chez les Cosaques ukrainiens. Le terme est généralement péjoratif ou condescendant[8],[9]. En conséquence, Khokhliandiya (en russe : Хохляндия, Хохландия) et Khokhlostan (russe : Хохлостан) sont des références insultantes à l'Ukraine[10].

Articles connexes

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Références

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  1. For the alternative translations of the same passage of the Greek original that say that Sviatoslav may have not shaven but wispy beard and not one but two sidelocks on each side of his head, see e.g. Ian Heath "The Vikings (Elite 3)", Osprey Publishing 1985; (ISBN 978-0-85045-565-6), p.60 or David Nicolle "Armies of Medieval Russia 750–1250 (Men-at-Arms 333)" Osprey Publishing 1999; (ISBN 978-1-85532-848-8), p.44
  2. Elsa Mignot, « En Ukraine, devenir parent dans la guerre », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. Kozlowska, « 'Cossack' at the Heart of Kiev Protests Refuses to Give In », Foreign Policy,
  4. Serhii Plokhy, Ukraine and Russia: Representations of the Past, University of Toronto Press, , 139–141 (ISBN 978-0-8020-9327-1, lire en ligne Inscription nécessaire) :

    « Ethnic identity became the basis for differentiating between 'one's own' from 'foreigners.' Alekseev's use of the terms 'Russians' and 'Ukrainians' - terms of modern national identity - was rooted in concepts characteristic of the revolutionary and postrevolutionary era. His own records, as well as those of other contemporary authors, attest that the names most often used by peasants of the prerevolutionary era with reference to ethnic Ukrainians and Russians were khokhly (referring to Cossack topknots, i.a. ethnic slur) and katsapy (a derogatory term). These terms, which hardly excluded negative connotations, were used to denote the two ethnic groups faute de mieux: as Rubel's own 'History' attests, Ukrainians used khokhol, inter alia, as a self-definition. »

  5. David D. Laitin, Identity in Formation: The Russian-speaking Populations in the Near Abroad, Cornell University Press, (ISBN 9780801484957, lire en ligne Inscription nécessaire), 175
  6. « Євген Наконечний. Украдене ім'я. - [22] Хахол. », exlibris.org.ua (consulté le )
  7. « Стр. 796 », vasmer.narod.ru (consulté le )
  8. « Інститут мовознавства ім. О.О.Потебні | Словник української мови », www.inmo.org.ua (consulté le )
  9. Ewa M. Thompson, The Search for Self-Definition in Russian Literature, John Benjamins Publishing Company, (ISBN 978-90-272-7759-6, lire en ligne), p. 22
  10. (ru) Alexander Bierich, Varietaeten Im Slavischen- Су стандартные варианты славянских языков: Ausgewaehlte Beitraege - Избранные статьи, Peter Lang,‎ (ISBN 978-3-631-57010-4, lire en ligne)

Bibliographie

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