Os oraculaire

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Les os oraculaires (甲骨片 pinyin: jiǎgǔpiàn) sont des morceaux d'os ou de carapace de tortue employés dans la divination royale à partir du milieu de la dynastie Shang jusqu'au début de la dynastie Zhou dans la Chine ancienne, et présentant souvent des inscriptions dans le style calligraphique chinois appelé écriture ossécaille.

Os oraculaire

Découverte[modifier | modifier le code]

Les os oraculaires de la dynastie Shang ont été exhumés au XIXe siècle en Chine, et sont vendus en tant qu’os de dragon dans les marchés traditionnels chinois, utilisés à la fois entiers ou broyés pour guérir de divers affections, y compris les blessures au couteau. Ils n'ont été reconnus en tant que support d'anciennes écriture chinoise qu'en 1899, quand ils tombèrent sous la main de deux lettrés, Wang Yirong (王懿榮), qui selon la légende souffrait de la malaria, et son ami Liu E (劉鶚), qui était passé le voir et examina sa médecine. Il s'aperçurent que l'os portait des glyphes étranges, qu'ils identifièrent comme étant des écritures anciennes. Les collectionneurs d'antiquités furent mis au courant, et le marché de l'os oraculaire explosa. Il s'ensuivit des décennies de fouilles incontrôlées, et beaucoup de ces pièces entrèrent dans des collections en Europe, aux États-Unis et au Japon[1].

Après la fondation de l'Institut d'Histoire et de Philologie à l'Academia sinica en 1928, ses études font remonter les sources des os oraculaires à l'actuel village de Xiaotun (小屯 Hsiao-t’un), près d'Anyang, dans la province du Henan. Les fouilles officielles menées de 1928 à 1937 par Li Ji (李濟 Lee Chi) permettent de découvrir ving mille pièces qui forment le cœur de la collection de l'Academia sinica à Taïwan. Outre les os oraculaires, onze tombes royales sont découvertes. L'histoire traditionnelle relate que douze rois Shang gouvernèrent à Yin Xu, la dernière des capitales de l'empire Shang. Le dernier roi est mort lors de la conquête de Zhou et n'aurait pas pu bénéficier d'un enterrement royal. Cela renforce l'hypothèse que Xiaotun est bien le site de Yin Xu. Les inscriptions sur les os oraculaires, une fois déchiffrées, se révèlent être des actes de divination effectués pour le compte de la maison royale. Cela démontre, sans aucun doute, pour la première fois, l'existence de la dynastie Shang ainsi que l'emplacement de sa capitale. Les inscriptions forment aussi le plus ancien corpus significatif d'écriture chinoise, essentiel pour l'étude étymologique du chinois car elles sont les ancêtres directes de l'écriture moderne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]


  1. « Les origines de l'écriture chinoise », sur Logoi.com, (consulté le 19 mai 2011)