Ornette Coleman

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Ornette Coleman
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Ornette Coleman

Informations générales
Naissance
Fort Worth, Texas
Décès (à 85 ans)
Manhattan (New York)
Genre musical Jazz, free jazz
Instruments Saxophone, trompette, violon
Années actives 1958 - 2015
Labels Blue Note, Verve, Columbia...
Site officiel ornettecoleman.com

Ornette Coleman, né le à Fort Worth (Texas) et mort le à New York[1],[2], est un saxophoniste ténor et alto, trompettiste, violoniste et compositeur, précurseur majeur du free jazz.

Parcours[modifier | modifier le code]

À quatorze ans, Ornette Coleman étudie le saxophone alto puis, deux ans plus tard, le saxophone ténor. Il commence par jouer dans des orchestres de rhythm and blues dans le Sud des États-Unis. Il s'installe à Los Angeles où il est contraint de travailler comme liftier tout en étudiant l'harmonie, la théorie musicale (largement en autodidacte) et en élaborant ce qui deviendra l'essentiel de son style, tant sur le plan harmonique que rythmique (frôlant l'atonalité soutenue par un tempo fluctuant).

Coleman épouse, en 1954, la poète Jayne Cortez (en) dont il divorce en 1964. Leur fils Denardo, naît en 1956[3].

L'accueil parmi ses pairs est mitigé, mais déjà il reçoit l'appui de certains d'entre eux. C'est le bassiste Red Mitchell qui le découvre. Il enregistre en 1958 son premier disque pour la firme Contemporary de Lester Koenig (Something Else! The Music Of Ornette Coleman, avec Don Cherry, Walter Norris (en), Don Payne, Billy Higgins), puis en 1959 Tomorrow Is the Question! (avec un quartet sans piano incluant Don Cherry, Red Mitchell, Shelly Manne)... La même année, il obtient ses premiers engagements dans des clubs de jazz, à Los Angeles, puis New York où il utilise un saxophone alto en plastique.

Déjà il suscite de fortes oppositions, mais continue régulièrement à enregistrer, désormais pour la firme Atlantic, avec Charlie Haden, Billy Higgins, Ed Blackwell, Don Cherry : The Shape of Jazz to Come (1959), Change of Century (1959), This Is Our Music (1959).

En 1960, l'album Free Jazz: A Collective Improvisation sonne comme un manifeste, bien que son auteur ait exprimé plus tard sa gêne devant ce concept. Dans ce disque, improvisé sans préparation par deux quartets (un sur chaque canal stéréo) : Don Cherry et Freddie Hubbard à la trompette, Ornette et Eric Dolphy, Scott LaFaro et Charlie Haden à la contrebasse, Higgins et Ed Blackwell à la batterie. C'est le premier exemple d'improvisation collective dans le jazz d'avant-garde.

En 1962, on le retrouve aussi à la trompette et au violon.

En 1965, il revient sur la scène musicale (après deux ans de relative inactivité), en Europe ou au cinéma (Chappaqua Suite) souvent avec David Izenzon (b) Charles Moffett (d), puis avec son fils Denardo, batteur dès l'âge de douze ans (1966). Il obtient une certaine reconnaissance (il est couronné « Jazzman of the Year » en 1966 ; puis entre au « Hall of Fame » en 1969 par la revue Down Beat).

Ornette Coleman en 1971, Ornette Coleman Quartet, Sigma 7.
Ornette Coleman à Ludwigshafen (2005).
Ornette Coleman au Enjoy Jazz Festival à Heidelberg (2008).

En 1972, il développe le concept d'harmolodie (Skies of America avec le London Symphony Orchestra, où les musiciens jouent simultanément la même mélodie à différentes hauteurs et dans différentes tonalités), et poursuit une carrière un peu chaotique, enregistrant cependant régulièrement dans de multiples contextes (intégrant musiques traditionnelles, free jazz, rock, funk), mais aussi avec un de ses anciens quartettes (Cherry, Haden, Higgins), avec le guitariste Pat Metheny et avec son groupe électro-acoustique Prime Time.

En 1991, Coleman participe à la bande-son du film de David Cronenberg, Naked Lunch.

Gai, primesautier, timide, réservé, provocateur, voire scandaleux, dynamiteur tranquille, habile compositeur, instrumentiste discuté, admirateur de Charlie Parker dont il prolonge mais dynamite le style, même pas artiste maudit pourtant tant il se plaît à vivre dans une relative obscurité, il a longtemps suscité jugements contrastés, polémiques, voire agressions physiques. Son influence est diffuse et contrastée ; le free jazz perdure en partie sur les bases qu'il a énoncées, mais le funk le revendique également comme précurseur, témoignage du vivant paradoxe de son existence et de son art. Lou Reed et Daevid Allen ont souvent fait part de leur profonde admiration pour son travail.

Coleman a rarement participé aux albums d'autres musiciens : Jackie McLean, en 1967, (album sur lequel Coleman joue de la trompette), Claude Nougaro en 1976 (adaptation du Gloria de Don Byas sur l'album Femmes et famines), James Blood Ulmer en 1978, Joe Henry (Scar) en 2001 et Lou Reed en 2003 sont les rares exceptions.

Instruments[modifier | modifier le code]

Il a joué principalement du saxophone alto, un rare Selmer Mark VI descendant au la (mais sans fa ♯), comme un saxophone baryton moderne.

Récompenses[modifier | modifier le code]

En 1984, Ornette Coleman est nommé Jazz Master au National Endowment for the Arts - NEA Jazz Master, la plus prestigieuse récompense de la nation américaine en matière de jazz[4].

Le 9 juillet 2009, il reçoit le Miles Davis Award, attribué par le Festival International de Jazz de Montréal aux musiciens qui perpétuent la tradition du jazz [5],[6].

Le , Coleman est nommé docteur honoraire de musicologie par l'University of Michigan pour ses contributions à la musique[7].

Discographie personnelle[modifier | modifier le code]

  • 1958 : Something Else : The Music of Ornette Coleman (Contemporary/OJC)
  • 1959 : Tomorrow Is The Question ! (Contemporary/OJC)
  • 1959 : The art of the improvisers (Atlantic)
  • 1959 : The Shape of Jazz to Come (Atlantic)
  • 1959 : Change of The Century (Atlantic)
  • 1960 : This Is Our Music (Atlantic)
  • 1960 : Free Jazz: A Collective Improvisation (Atlantic)
  • 1961 : Jazzlore : Ornette Coleman, vol. 29 (Atlantic)
  • 1961 : Ornette ! (Atlantic)
  • 1961 : Twins (Atlantic)
  • 1961 : Ornette on Tenor (Atlantic)
  • 1962 : Town Hall concert 1962 [live] (ESP-Disk)
  • 1965 : The Great London Concert [live] (Freedom)
  • 1965 : At the « Golden Circle » in Stockholm, vol. 1 [live] (Blue Note)
  • 1965 : At the « Golden Circle » in Stockholm, vol. 2 [live] (Blue Note)
  • 1965 : Chappaqua Suite (Sony Jazz), musique de film non retenue pour le film du même nom de Conrad Rooks
  • 1965 : An Evening with Ornette Coleman [live] (Black Lion)
  • 1966 : The Empty Foxhole (Blue Note)
  • 1966 : Who's Crazy (Affinity)
  • 1967 : Saints and Soldiers (RCA)
  • 1967 : The Music of Ornette Coleman : Forms and Sounds (Bluebird)
  • 1968 : Love Call (Blue Note)
  • 1968 : New York is Now (Blue Note)
  • 1969 : Crisis [live] (Impulse!)
  • 1969 : Ornette at 12 (Impulse!)
  • 1970 : Friends and Neighbors : Live at Prince Street (Flying Dutchman)
  • 1971 : Science-fiction (Columbia)
  • 1971 : Broken Shadows (Tristar)
  • 1972 : Skies of America (Columbia/Legacy)
  • 1973 : Dancing In Your Head (A&M)
  • 1975 : To Whom Who Keeps a Record (Atlantic)
  • 1976 : Body Meta (Verve)
  • 1977 : Soapsuds, Soapsuds (Artists House)
  • 1979 : Of Human Feelings (Antilles)
  • 1980 : The Unprecedented Music of Ornette Coleman [live] (Lotus)
  • 1985 : Opening The Caravan of Dreams (Caravan Of Dreams)
  • 1985 : Prime Design Time Design (Caravan Of Dreams)
  • 1986 : Song X (Geffen)
  • 1987 : In All Languages (Caravan of Dreams)
  • 1988 : Virgin Beauty (Portrait)
  • 1995 : Tone Dialing (Harmolodic)
  • 1996 : Colors : Live From Leipzig (Harmolodic/Verve)
  • 1996 : Hidden Man (Harmolodic/Verve)
  • 2006 : Sound Grammar

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ben Ratliff, « Ornette Coleman, Jazz Innovator, Dies at 85 », sur Nytimes.com,‎ (consulté le 11 juin 2015)
  2. « Le saxophoniste de jazz Ornette Coleman est mort » sur LeMonde.fr, 11 juin 2015.
  3. Margalit Fox, « Jayne Cortez, Jazz Poet, Dies at 78 », New York Times,‎ (lire en ligne)
  4. (en) « Ornette Coleman : 1984 NEA Jazz Master » (consulté le 19 mai 2010)
  5. Montreal Jazz Festival official page
  6. « Spectra News », Nouvelles.equipespectra.ca (consulté le 14 octobre 2012)
  7. Lee Mergner, « Jazz Articles: Ornette Coleman Awarded Honorary Degree from University of Michigan - By Lee Mergner — Jazz Articles », Jazztimes.com (consulté le 14 octobre 2012)

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]