Orlu (Ariège)

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Orlu
Orlu (Ariège)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Ariège
Arrondissement Foix
Intercommunalité Communauté de communes de la Haute Ariège
Maire
Mandat
Alain Naudy
2020-2026
Code postal 09110
Code commune 09220
Démographie
Gentilé Orlunais
Population
municipale
164 hab. (2019 en diminution de 15,46 % par rapport à 2013)
Densité 2,3 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 42′ 11″ nord, 1° 53′ 21″ est
Altitude Min. 830 m
Max. 2 773 m
Superficie 70,79 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Haute-Ariège
Législatives Première circonscription
Localisation
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Orlu
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Orlu

Orlu est une commune française, située dans le sud-est du département de l'Ariège en région Occitanie. Elle était dans le terroir historique du Sabarthès. Sur le plan historique et culturel, la commune fait partie du pays du Sabarthès, structuré par la haute vallée de l'Ariège en amont du pays de Foix avec Tarascon-sur-Ariège comme ville principale.

Exposée à un climat de montagne, elle est drainée par le Carol, l'Oriège, le ruisseau de la Vallée d'Orgeix, le ruisseau d'Eychouzé et par divers autres petits cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable : deux sites Natura 2000 (le site « Quérigut, Orlu » et « Quérigut, Laurenti, Rabassolles, Balbonne, la Bruyante, haute vallée de l'Oriège »), un espace protégé (« Orlu ») et huit zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.

Orlu est une commune rurale qui compte 164 habitants en 2019, après avoir connu un pic de population de 553 habitants en 1841. Ses habitants sont appelés les Orluséens ou Orluséennes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune d'Orlu se trouve dans le département de l'Ariège, en région Occitanie[I 1].

Elle se situe à 37 km à vol d'oiseau de Foix[1], préfecture du département, et à 4 km d'Ax-les-Thermes[2], bureau centralisateur du canton de Haute-Ariège dont dépend la commune depuis 2015 pour les élections départementales[I 1]. La commune fait en outre partie du bassin de vie d'Ax-les-Thermes[I 1].

Les communes les plus proches[Note 1] sont[3] : Orgeix (1,9 km), Ascou (3,0 km), Sorgeat (4,3 km), Ax-les-Thermes (4,5 km), Ignaux (5,1 km), Mérens-les-Vals (6,5 km), Savignac-les-Ormeaux (6,6 km), Vaychis (8,1 km).

Sur le plan historique et culturel, Orlu fait partie du pays du Sabarthès, structuré par la haute vallée de l'Ariège en amont du pays de Foix avec Tarascon-sur-Ariège comme ville principale[4].

Orlu en 1900 (par Eugène Trutat).

Commune des Pyrénées située dans la haute Ariège, à l'extrémité orientale du département, en limite avec les Pyrénées-Orientales. Ce territoire couvre 7 200 ha, étagés entre 830 m et 2 765 m.

Le territoire d'Orlu occupe la totalité de la partie en amont de cette vallée qui porte le même nom (vallée d'Orlu ou vallée de l'Oriège). On peut distinguer la haute vallée de l'Oriège et la basse vallée qui se séparent à la jasse de Justiniac. Même sur ce petit territoire, la notion de haute et basse vallée n'est pas superflue car les conditions physiques et naturelles ne sont pas identiques. La haute vallée est orientée quasiment sud/nord puis s’oriente ensuite est/ouest pour le bas, au niveau de la jasse de Justiniac ; cette orientation se poursuit sur quasiment 30 kilomètres.

Trois petites vallées suspendues sont parallèles à la haute vallée (orientation sud/nord) ; il s'agit des vallées de Paraou, de Naguilhes et de Coumanic. Une dernière vallée suspendue rejoint l’axe principal au niveau de son coude ; il s’agit de la vallée de Baxouillade, orientée d’abord nord/sud puis est/ouest.

Ce territoire est délimité par des lignes de crête avec :

  • au nord : la Table des Trois seigneurs, le Pic de la Calmette, la Dent d'Orlu et le Pic de Balbonne ;
  • à l'est : le Roc Blanc, le Pic de Baxouillade, la Porteille d’Orlu, le Pic de Terrers, le Pic de Mourtés et le Pic de la grande Porteille (point culminant d'Orlu) ;
  • au sud : le Pic de la Cometa, le Pic de la Grava et le Pic de Lanoux ;
  • à l'ouest : le Pic d'étang Faury, le Pic d'Esquine d'Ase, le Pic de l'Homme, le Pic des Estagnols et le Pic de Péréjat.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La commune est située dans les Pyrénées, une chaîne montagneuse jeune, érigée durant l'ère tertiaire (il y a 40 millions d'années environ), en même temps que les Alpes. Les terrains affleurants sur le territoire communal sont constitués de roches sédimentaires, métamorphiques ou plutoniques datant pour certaines du Paléozoïque, une ère géologique qui s'étend de −541 à −252,2 Ma (millions d'années), et pour d'autres du Protérozoïque, le dernier éon du Précambrien sur l’échelle des temps géologiques. La structure détaillée des couches affleurantes est décrite dans la feuille « n°1094 - Mont-Louis » de la carte géologique harmonisée au 1/50 000ème du département de l'Ariège[6],[7] et sa notice associée[8].

La superficie cadastrale de la commune publiée par l’Insee, qui sert de références dans toutes les statistiques, est de 70,79 km2[9],[Note 2]. La superficie géographique, issue de la BD Topo, composante du Référentiel à grande échelle produit par l'IGN, est quant à elle de 71,53 km2[7]. Son relief est particulièrement escarpé puisque la dénivelée maximale atteint 1 943 mètres. L'altitude du territoire varie entre 830 m et 2 773 m[12].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Carte en couleur présentant les réseau hydrographique de la commune
Réseaux hydrographique et routier d'Orlu.

La commune est dans le bassin versant de la Garonne, au sein du bassin hydrographique Adour-Garonne[13]. Elle est drainée par le Carol, l'Oriège, le ruisseau de la Vallée d'Orgeix, le ruisseau d'Eychouzé, un bras de l'Oriège, Rec de Brasseil, Rec de Caralp, Rec de Coume Greulière, Rec de Garabie, Rec de l'Abelanet, Rec de la Quère, Rec de la Trémege, Rec de Terrès, Rec du Sarrat, et par deux petits cours d'eau, constituant un réseau hydrographique de 95 km de longueur totale[14],[15].

Le Carol, d'une longueur totale de 29,9 km, prend sa source dans le massif du Carlit et s'écoule du sud-est vers le nord-ouest puis vers le nord. Il traverse la commune et se jette dans le Sègre à l'aval de Puigcerdà, après avoir traversé 6 communes[16].

L'Oriège, d'une longueur totale de 21,7 km, prend sa source dans la commune d'Orlu et s'écoule du sud vers le nord puis le nord-ouest. Il traverse la commune et se jette dans l'Ariège à Ax-les-Thermes, après avoir traversé 3 communes[17].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat semi-continental », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[18]. En 2020, la commune ressort du type « climat de montagne » dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Pour ce type de climat, la température décroît rapidement en fonction de l'altitude. On observe une nébulosité minimale en hiver et maximale en été. Les vents et les précipitations varient notablement selon le lieu[19]. À l'est du département, l’influence méditerranéenne accentue les contrastes saisonniers, le climat y est plus sec[20].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent aux données mensuelles sur la normale 1971-2000[Note 3]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré suivant[18].

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000

  • Moyenne annuelle de température : 10,2 °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 7,3 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 3,1 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 4] : 15,3 °C
  • Cumuls annuels de précipitation : 940 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 8,4 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 6,8 j

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[22] complétée par des études régionales[23],[24] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Ascou Lavail », sur la commune d'Ascou, mise en service en 1959[25] et qui se trouve à 3 km à vol d'oiseau[26],[Note 5], où la température moyenne annuelle est de 9,1 °C et la hauteur de précipitations de 1 270,9 mm pour la période 1981-2010[27]. Sur la station météorologique historique la plus proche, « Carcassonne », sur la commune de Carcassonne, dans le département de l'Aude, mise en service en 1948 et à 68 km[28], la température moyenne annuelle évolue de 13,7 °C pour la période 1971-2000[29], à 14,1 °C pour 1981-2010[30], puis à 14,5 °C pour 1991-2020[31].

Milieux naturels et biodiversité[modifier | modifier le code]

Espaces protégés[modifier | modifier le code]

La protection réglementaire est le mode d’intervention le plus fort pour préserver des espaces naturels remarquables et leur biodiversité associée[32],[33].

Un espace protégé est présent sur la commune : « Orlu », une réserve nationale de chasse et de faune sauvage d'une superficie de 4 358,4 ha[34].

Réseau Natura 2000[modifier | modifier le code]

Site Natura 2000 sur le territoire communal.

Le réseau Natura 2000 est un réseau écologique européen de sites naturels d'intérêt écologique élaboré à partir des directives habitats et oiseaux, constitué de zones spéciales de conservation (ZSC) et de zones de protection spéciale (ZPS)[Note 6]. Un site Natura 2000 a été défini sur la commune au titre de la directive habitats[36] :

  • « Quérigut, Laurenti, Rabassolles, Balbonne, la Bruyante, haute vallée de l'Oriège », d'une superficie de 10 255 ha, un vaste ensemble de type écocomplexe avec opposition de communautés de caractère boréo-alpin et de communautés de caractère oro-méditerranéen[37]

et un au titre de la directive oiseaux[36] :

  • le site « Quérigut, Orlu », d'une superficie de 10 255 ha, très régulièrement fréquenté par dix-sept espèces d'oiseaux de l'annexe 1, parmi elles, on retrouve huit espèces de rapaces diurnes et deux rapaces nocturnes[38].

Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique[modifier | modifier le code]

L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire. Cinq ZNIEFF de type 1[Note 7] sont recensées sur la commune[39] :

  • le « cours de l'Oriège entre Orlu et Ax-les-thermes » (20 ha), couvrant 3 communes du département[40] ;
  • les « montagnes et vallées du Donezan centre et ouest » (8 618 ha), couvrant 12 communes dont 7 dans l'Ariège, 3 dans l'Aude et 2 dans les Pyrénées-Orientales[41] ;
  • les « montagnes orientales d'Ax-les-Thermes » (9 524 ha), couvrant 20 communes dont 16 dans l'Ariège et 4 dans l'Aude[42] ;
  • « vallée et bassin versant de l'Oriège » (8 937 ha), couvrant 9 communes dont 6 dans l'Ariège et 3 dans les Pyrénées-Orientales[43] ;
  • le « versant en rive droite de la haute vallée de l'Ariège » (6 237 ha), couvrant 7 communes dont 5 dans l'Ariège et 2 dans les Pyrénées-Orientales[44] ;

et trois ZNIEFF de type 2[Note 8],[39] :

  • « le bassin versant de l'Oriège et montagnes orientales d'Ax-les-Thermes » (18 551 ha), couvrant 25 communes dont 18 dans l'Ariège, 4 dans l'Aude et 3 dans les Pyrénées-Orientales[45] ;
  • le « massif de l'Aston et haute vallée de l'Ariège » (0 ha), couvrant 24 communes dont 22 dans l'Ariège et 2 dans les Pyrénées-Orientales[46] ;
  • le « massif de Quérigut et forêt du Carcanet (Donezan) » (12 106 ha), couvrant 32 communes dont 18 dans l'Ariège, 10 dans l'Aude et 4 dans les Pyrénées-Orientales[47].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Orlu est une commune rurale[Note 9],[48]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[I 2],[49]. La commune est en outre hors attraction des villes[I 3],[I 4].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (97,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (97,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (43 %), forêts (31,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (22,6 %), eaux continentales[Note 10] (1,4 %), zones agricoles hétérogènes (0,8 %), prairies (0,6 %)[50].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Habitat et logement[modifier | modifier le code]

En 2018, le nombre total de logements dans la commune était de 227, alors qu'il était de 224 en 2013 et de 208 en 2008[I 5].

Parmi ces logements, 32,5 % étaient des résidences principales, 66,2 % des résidences secondaires et 1,4 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 71,6 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 15,3 % des appartements[I 5].

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Orlu en 2018 en comparaison avec celle de l'Ariège et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (66,2 %) supérieure à celle du département (24,6 %) et à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation de ces logements, 72,2 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (67,1 % en 2013), contre 66,3 % pour l'Ariège et 57,5 % pour la France entière[I 6].

Le logement à Orlu en 2018.
Typologie Orlu[I 5] Ariège[I 7] France entière[I 8]
Résidences principales (en %) 32,5 65,7 82,1
Résidences secondaires et logements occasionnels (en %) 66,2 24,6 9,7
Logements vacants (en %) 1,4 9,7 8,2

Risques majeurs[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune d'Orlu est vulnérable à différents aléas naturels : inondations, climatiques (grand froid ou canicule), feux de forêts, mouvements de terrains, avalanche et séisme (sismicité moyenne). Il est également exposé à un risque technologique, la rupture d'un barrage, et un risque particulier, le risque radon[51],[52].

Risques naturels[modifier | modifier le code]

Zonage de l'aléa retrait-gonflement des argiles sur la commune d'Orlu.

Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement, crue torrentielle d'un cours d'eau, ou ruissellement d'un versant[53].

Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont soit des chutes de blocs, soit des glissements de terrains, soit des mouvements liés au retrait-gonflement des argiles. Près de 50 % de la superficie du département est concernée par l'aléa retrait-gonflement des argiles, dont la commune d'Orlu[54]. L'inventaire national des cavités souterraines permet par ailleurs de localiser celles situées sur la commune[55].

La commune est exposée au risque d'avalanche lié à l’exposition d’habitations[56].

Ces risques naturels sont pris en compte dans l'aménagement du territoire de la commune par le biais d'un plan de prévention des risques (PPR) inondation, mouvement de terrain et avalanche approuvé le 26 juillet 2013[57].

Risques technologiques[modifier | modifier le code]

Sur le département de l’Ariège on dénombre cinq grands barrages susceptibles d’occasionner des dégâts en cas de rupture. La commune fait partie des 80 communes susceptibles d’être touchées par l’onde de submersion consécutive à la rupture d’un de ces barrages. Sur son territoire est en effet implanté le barrage de Naguilhes, faisant l'objet d'un PPI[58].

Risque particulier[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs parties du territoire national, le radon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population aux rayonnements ionisants. Toutes les communes du département sont concernées par le risque radon à un niveau plus ou moins élevé. Selon la classification de 2018, la commune d'Orlu est classée en zone 3, à savoir zone à potentiel radon significatif[59].

Histoire[modifier | modifier le code]

Stèle d'époque romaine découverte à Orlu conservée au musée Saint-Raymond de Toulouse

La première charte faisant mention d'Orlu date des toutes dernières années du Xe siècle (en 994), lorsque le comte Arnaud de Carcassonne offre le village ainsi que d'autres terres (comme la ville d'Ax) à l'abbaye de Lagrasse pour le cas où il n'aurait pas d'héritier.

Le village primitif (se trouvant près du lieu-dit « le Couillet ») sera détruit par une avalanche au XIIIe siècle ; il est reconstruit environ 400 mètres plus en aval. Il est cité dans l'inventaire des terres du comté de Foix en 1272. Au XIVe siècle, on y trouve une vingtaine de feux, un moulin, et les terres appartiennent au seigneur de Château-Verdun (Guilhem-Arnaud de Château-Verdun). Au XVe siècle, Orlu dépend de la châtellenie d'Ax, comme le village voisin d'Orgeix, mais appartient toujours au seigneur de Château-Verdun (Aymeric de Château-Verdun).Le village passe au seigneur de Mardogne en 1559, puis à Roger-Aymeric d'Ax en 1573. À l'époque des guerres des Religions, 600 huguenots se sont regroupés à Orlu pour attaquer la Cerdagne[60].

Un siècle plus tard, en 1672, la seigneurie devient la propriété de Louis-Fornier de Savignac. La famille Fornier d'Orlu naîtra de là. Au XVIIIe siècle, la famille de Thonel d'Orgeix possède les villages d'Orgeix et d'Orlu. Le , le président du Conseil français, Edouard Daladier, est venu à Orlu, à la suite du passage d'avions militaires d'origine inconnue au-dessus de la commune.

La position d'Orlu, proche de la frontière, le rend vulnérable à des attaques espagnoles : le village est pris sous Louis XIV (en 1695) et à l'époque napoléonienne (en 1812). Orlu a aussi connu quelques avalanches, notamment celle de 1895 qui détruit 16 maisons[61].

En ce qui concerne l'économie, l'activité métallurgique remonte au moins au Moyen Âge : une « mouline » (forge utilisant la force hydraulique pour actionner le marteau) est mentionnée dès 1292[62]. D'autres forges sont aussi citées au XVIe siècle. La centrale hydroélectrique sera mise en service en 1959. Aujourd'hui, le tourisme a remplacé la métallurgie et l'hydroélectricité comme activité principale dans la vallée.

Le 3 janvier 1895, des avalanches détruisent 16 maisons et font 15 victimes sur la commune[63].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Découpage territorial[modifier | modifier le code]

La commune d'Orlu est membre de la communauté de communes de la Haute Ariège[I 9], un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Luzenac. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[64].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Foix, au département de l'Ariège, en tant que circonscription administrative de l'État, et à la région Occitanie[I 9].

Sur le plan électoral, elle dépend du canton de Haute-Ariège pour l'élection des conseillers départementaux, depuis le redécoupage cantonal de 2014 entré en vigueur en 2015[I 9], et de la première circonscription de l'Ariège pour les élections législatives, depuis le redécoupage électoral de 1986[65].

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[66]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
juin 1966 juin 1995 Augustin Bonrepaux[67] SFIO puis PS Enseignant
Député de l'Ariège (1re circ.) (1981 → 2007)
Conseiller général d'Ax-les-Thermes (1976 → 2015)
Président du conseil général de l'Ariège (2001 → 2014)
Maire d'Ax-les-Thermes (1995 → 2001)
juin 1995 En cours
(au 30 mai 2016)
Alain Naudy PS Retraité de l'enseignement
Président de la CA des Vallées d'Ax (2014 → 2017)
Président de la Communauté de communes de la Haute-Ariège (depuis 2017)
Conseiller départemental de la Haute-Ariège (2015 → )
Vice-président du conseil départemental de l'Ariège (2015[68] → )
Réélu pour le mandat 2014-2020

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[69]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[70].

En 2019, la commune comptait 164 habitants[Note 11], en diminution de 15,46 % par rapport à 2013 (Ariège : +0,39 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
427332521543534521553499468
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
395364343347368343345309315
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
258308270243232231214191176
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
157125133147179195197197188
2017 2019 - - - - - - -
160164-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[71] puis Insee à partir de 2006[72].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus[modifier | modifier le code]

En 2018, la commune compte 78 ménages fiscaux[Note 12], regroupant 164 personnes. La médiane du revenu disponible par unité de consommation est de 22 720 [I 10] (19 820  dans le département[I 11]).

Emploi[modifier | modifier le code]

Taux de chômage
Division 2008 2013 2018
Commune[I 12] 7,9 % 6,5 % 6,7 %
Département[I 13] 8,9 % 11,1 % 11,2 %
France entière[I 14] 8,3 % 10 % 10 %

En 2018, la population âgée de 15 à 64 ans s'élève à 91 personnes, parmi lesquelles on compte 76,4 % d'actifs (69,7 % ayant un emploi et 6,7 % de chômeurs) et 23,6 % d'inactifs[Note 13],[I 12]. Depuis 2008, le taux de chômage communal (au sens du recensement) des 15-64 ans est inférieur à celui de la France et du département.

La commune est hors attraction des villes[Carte 2],[I 15]. Elle compte 37 emplois en 2018, contre 36 en 2013 et 30 en 2008. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la commune est de 65, soit un indicateur de concentration d'emploi de 56,8 % et un taux d'activité parmi les 15 ans ou plus de 51,1 %[I 16].

Sur ces 65 actifs de 15 ans ou plus ayant un emploi, 22 travaillent dans la commune, soit 33 % des habitants[I 17]. Pour se rendre au travail, 77,8 % des habitants utilisent un véhicule personnel ou de fonction à quatre roues, 1,6 % les transports en commun, 19 % s'y rendent en deux-roues, à vélo ou à pied et 1,6 % n'ont pas besoin de transport (travail au domicile)[I 18].

Activités hors agriculture[modifier | modifier le code]

18 établissements[Note 14] sont implantés à Orlu au [I 19]. Le secteur des autres activités de services est prépondérant sur la commune puisqu'il représente 22,2 % du nombre total d'établissements de la commune (4 sur les 18 entreprises implantées à Orlu), contre 8,8 % au niveau départemental[I 20].

Hydro-électricité[modifier | modifier le code]

Centrale EDF d'Orlu

Orlu possède une usine hydro-électrique utilisant les eaux accumulées dans le lac de Naguilles, dont la capacité de retenue atteint 42 millions de m3. L'usine, bénéficiant d'une hauteur de chute de 991 m, a une puissance installée de 85 000 kVA et sa productibilité est de l'ordre de 100 millions de kWh. Une visite est proposée par l'Observatoire de la montagne.

Agriculture[modifier | modifier le code]

1988 2000 2010
Exploitations 5 2 4
Superficie agricole utilisée (ha) 18 119 68

La commune fait partie de la petite région agricole dénommée « Région pyrénéenne »[73]. En 2010, l'orientation technico-économique de l'agriculture[Note 15] sur la commune est l'élevage de bovins pour la viande[74]. Quatre exploitations agricoles ayant leur siège dans la commune sont dénombrées lors du recensement agricole[Note 16] de 2010 (cinq en 1988). La superficie agricole utilisée est de 68 ha[74].

Tourisme et loisirs[modifier | modifier le code]

Observation du gypaète avec l'Observatoire de la montagne.

La vallée d’Orlu, à l’instar de nombreuses vallées de montagne, possède un patrimoine riche et varié qui lui permet de se revendiquer comme le pôle vert des Vallées d'Ax.

Un réseau d'acteurs touristiques a été mis en place depuis 2007. Le hameau des forges d'Orlu rassemble sur un même site quatre structures aux activités complémentaires :

  • la Maison des Loups : parc animalier de six hectares permettant d'observer, au long de sentiers aménagés en forêt et depuis des tours d'affût, des meutes de loups de différents continents vivant en semi-liberté. Le parc contient aussi un jardin botanique consacré à la flore pyrénéenne.
Loups 7.jpg

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

La Dent d'Orlu (2 222 m).
Faune (isard) dans la réserve nationale de chasse d'Orlu.
  • Orlu est proche de la Dent d'Orlu, un sommet granitique de 2 222 mètres de hauteur. Un sentier permet aux bons marcheurs d'accéder au sommet en moins de deux heures[76]. La Dent d'Orlu est surtout connue pour ses voies d'escalades : des voies relativement courtes (300 m) sur la face Est[77] qui s'apparentent à une « école d'escalade », et de très grandes voies (500 m-1 100 m) sur les faces Sud et Sud-Est[78].
  • La vallée d'Orlu est également connue pour sa Réserve nationale de chasse et de faune sauvage abritant une grande densité et diversité de faune et de flore de montagne.
  • Église Saint-Pierre.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes et cartes[modifier | modifier le code]

  • Notes
  1. Les distances sont mesurées entre chef-lieux de communes à vol d'oiseau.
  2. La superficie publiée par l’Insee est la superficie évaluée en 1975 par le service du cadastre de la Direction Générale des Impôts, corrigée des modifications communales intervenues depuis 1975. Elle comprend toutes les surfaces du domaine public et privé, cadastrées ou non cadastrées, à l'exception des lacs, étangs et glaciers de plus d'un kilomètre carré ainsi que des estuaires et ne correspond pas obligatoirement à la surface géographique[10],[11]
  3. Les normales servent à représenter le climat dans lequel nous vivons. Elles sont calculées sur 30 ans et mises à jour toutes les décennies. Après les normales 1971-2000, les normales pour la période 1981-2010 ont été définies et, depuis 2021, ce sont les normales 1991-2020 qui font référence en Europe et dans le monde[21].
  4. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
  5. La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
  6. Dans les sites Natura 2000, les États membres s'engagent à maintenir dans un état de conservation favorable les types d'habitats et d'espèces concernés, par le biais de mesures réglementaires, administratives ou contractuelles[35].
  7. Les ZNIEFF de type 1 sont des secteurs d’une superficie en général limitée, caractérisés par la présence d’espèces, d’association d’espèces ou de milieux rares, remarquables, ou caractéristiques du milieu du patrimoine naturel régional ou national.
  8. Les ZNIEFF de type 2 sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes.
  9. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  10. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  11. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.
  12. Un ménage fiscal est constitué par le regroupement des foyers fiscaux répertoriés dans un même logement. Son existence, une année donnée, tient au fait que coïncident au moins une déclaration indépendante de revenus et l’occupation d’un logement connu à la taxe d’habitation.
  13. Les inactifs regroupent, au sens de l'Insee, les élèves, les étudiants, les stagiaires non rémunérés, les pré-retraités, les retraités et les autres inactifs.
  14. L'établissement, au sens de l’Insee, est une unité de production géographiquement individualisée, mais juridiquement dépendante de l'unité légale. Il produit des biens ou des services.
  15. L'orientation technico-économique est la production dominante de l'exploitation, déterminée selon la contribution de chaque surface ou cheptel à la production brute standard.
  16. Le recensement agricole est une opération décennale européenne et obligatoire qui a pour objectif d'actualiser les données sur l'agriculture française et de mesurer son poids dans l'agriculture européenne[75].
  • Cartes
  1. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le )
  2. Agence nationale de la cohésion des territoires, « Carte de la commune dans le zonage des aires d'attraction de villes. », sur l'observatoire des territoires (consulté le ).

Références[modifier | modifier le code]

Site de l'Insee[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Métadonnées de la commune d'Orlu » (consulté le ).
  2. « Commune urbaine-définition » (consulté le ).
  3. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », (consulté le ).
  4. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », (consulté le ).
  5. a b et c « Chiffres-clés - Logement en 2018 à Orlu - Section LOG T2 » (consulté le ).
  6. « Chiffres-clés - Logement en 2018 à Orlu - Section LOG T7 » (consulté le ).
  7. « Chiffres clés - Logement en 2018 dans l'Ariège - Section LOG T2 » (consulté le ).
  8. « Chiffres clés - Logement en 2018 dans la France entière - Section LOG T2 » (consulté le ).
  9. a b et c « Code officiel géographique- Rattachements de la commune d'Orlu » (consulté le ).
  10. « REV T1 - Ménages fiscaux de l'année 2018 à Orlu » (consulté le ).
  11. « REV T1 - Ménages fiscaux de l'année 2018 en Ariège » (consulté le ).
  12. a et b « Emp T1 - Population de 15 à 64 ans par type d'activité en 2018 à Orlu » (consulté le ).
  13. « Emp T1 - Population de 15 à 64 ans par type d'activité en 2018 en Ariège » (consulté le ).
  14. « Emp T1 - Population de 15 à 64 ans par type d'activité en 2018 dans la France entière » (consulté le ).
  15. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur site de l'Insee (consulté le ).
  16. « Emp T5 - Emploi et activité en 2018 à Orlu » (consulté le ).
  17. « ACT T4 - Lieu de travail des actifs de 15 ans ou plus ayant un emploi qui résident dans la commune en 2018 » (consulté le ).
  18. « ACT G2 - Part des moyens de transport utilisés pour se rendre au travail en 2018 » (consulté le ).
  19. « DEN T5 - Nombre d'établissements par secteur d'activité au 31 décembre 2019 à Orlu » (consulté le ).
  20. « DEN T5 - Nombre d'établissements par secteur d'activité au 31 décembre 2019 en Ariège » (consulté le ).

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. Stephan Georg, « Distance entre Orlu et Foix », sur https://fr.distance.to (consulté le ).
  2. Stephan Georg, « Distance entre Orlu et Ax-les-Thermes », sur https://fr.distance.to (consulté le ).
  3. « Communes les plus proches d'Orlu », sur www.villorama.com (consulté le ).
  4. Frédéric Zégierman, Le guide des pays de France - Sud, Paris, Fayard, (ISBN 2-213-59961-0), p. 365-366.
  5. Carte IGN sous Géoportail
  6. « Carte géologique d'Orlu » sur Géoportail (consulté le 22 avril 2022).
  7. a et b « Caractéristiques géologiques et hydrogéologiques de la commune d'Orlu », sur le Système d’information pour la gestion des eaux souterraines (SIGES) en Occitanie (consulté le )
  8. « Notice associée à la feuille n°1094 - Mont-Louis de la carte géologique harmonisée au 1/50 000ème de la France métropolitaine », sur Infoterre, le site du BRGM (consulté le )
  9. Insee, « Comparateur de territoire - Commune d'Orlu », sur le site de l'Insee (consulté le )
  10. Agence nationale de la cohésion des territoires, « Indicateurs en données ouvertes (superficie) », sur l'Observatoire des territoires (consulté le )
  11. Agence nationale de la cohésion des territoires, « Répertoire géographique des communes d'Île-de-France - définition de certains champs (dont la superficie) », sur data.iledefrance.fr (consulté le )
  12. IGN, « Répertoire géographique des communes (RGC) 2014 », sur drive.google.com
  13. « Le réseau hydrographique du bassin Adour-Garonne. » [PDF], sur draaf.occitanie.agriculture.gouv.fr (consulté le )
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  77. Dent d'Orlu, face Est
  78. Dent d'Orlu, face Sud Est
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