Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

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Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Image illustrative de l’article Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Organe de l'ONU
Type d'organisation Agence spécialisée de l'ONU
Acronymes ONUAA
Directeur général José Graziano da Silva
Statut Active
Membres
Siège Drapeau de l'Italie Rome, Italie
Création
Site web http://www.fao.org/about/fr/
Organisation parente Conseil économique et social des Nations unies
Le siège de la FAO, Rome.
Lester Bowles Pearson préside une séance plénière de la conférence de fondation de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. octobre 1945.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (connue sous les sigles ONUAA ou, plus couramment, FAO soit en anglais Food and Agriculture Organization of the United Nations) est une organisation spécialisée du système des Nations unies, créée en 1945 à Québec. Son siège est à Rome, au Palazzo FAO, depuis 1951. Depuis le , la FAO compte 197 membres, soit 194 pays membres, une Organisation membre (l’Union européenne) et deux membres associés (les Îles Féroé et Tokelau)[1].

Son objectif suprême affiché est « Aider à construire un monde libéré de la faim », sa devise, inscrite sur son logotype, est « Fiat panis » (expression latine signifiant « qu'il y ait du pain (pour tous) »).

Pour aider les pays pauvres et riches à mieux maîtriser leurs ressources et à avoir une vision prospective, la FAO offre aux utilisateurs enregistrés, depuis le , gratuitement (l'abonnement était autrefois payant) toutes les statistiques de son service FAOSTAT, la plus vaste base de données mondiale sur l'alimentation, l’agriculture et la faim[2]. Son directeur général actuel est José Graziano da Silva. Le président indépendant du Conseil est Khalid Mehboob.

Historique[modifier | modifier le code]

Prémices d'une organisation internationale de l'alimentation et de l'agriculture[modifier | modifier le code]

L’idée d’une organisation internationale pour l’alimentation et l’agriculture est née à la fin du dix-neuvième siècle poussée par David Lubin, commerçant devenu agriculteur et philanthrope américain d'origine polonaise. En Italie, en 1904, le roi Victor-Emmanuel III comprend la nécessité d'une telle institution. L'année précédente, il a en effet participé au septième congrès international de la Commission internationale de l'agriculture, fondée en 1889, pour étudier les causes de la crise agricole et des moyens de la combattre[3]. Il soutient l'initiative de David Lubin. Des réunions sont organisées entre le 29 mai et le 6 juin 1905 à Rome et permettent d'élaborer une convention internationale pour la création de l’Institut international d’agriculture (IIA), signée à Rome le 7 juin 1905[4].

Création de la FAO en 1945[modifier | modifier le code]

L’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, premier organisme spécialisé des Nations unies est créée le 16 octobre 1945 à Québec[5]. Elle fait suite à l’engagement pris par 44 chefs de gouvernement lors de la conférence de l’alimentation et de l’agriculture tenue à Hot Springs en 1943[6] réunie à l'initiative du Président des Etats-Unis, Franklin D. Roosevelt[7].

La création de l’ONUAA prévoyait l’absorption de l’IAA. La fusion est réalisée dès 1946[8] et le siège de l’ONUAA transféré de Washington à Rome, ancien siège de l’IIA, en 1951.

Mission et activités[modifier | modifier le code]

La FAO a été allégée d'une partie de son mandat initial à la suite de la création du PAM, d'une part, et du FIDA, d'autre part, organisations également sises à Rome. Par suite, l'aide alimentaire ne relève plus de ses attributions principales.

La FAO ne fournit pas d’aide alimentaire. Cette tâche a été confiée au Programme alimentaire mondial.

Gouvernance et fonctionnement[modifier | modifier le code]

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Conférence[modifier | modifier le code]

La Conférence arrête la politique générale et approuve le budget de l'organisation. Elle élit le président du Conseil et le directeur général ainsi que les membres du Conseil. Elle se réunit tous les deux ans[11].

La Conférence élit un Conseil de 49 nations membres qui a le rôle d'organe exécutif dans l'intervalle des réunions de la Conférence. Les membres de ce Conseil sont élus pour une période de trois ans[12].

Pour la période 2017/2019, le président indépendant du Conseil de la FAO est Khalid Mehboob, du Pakistan[13].

Nr Président indépendant du Conseil Pays Période Réf.
1 André Mayer Drapeau de la France France 1945-1947
2 Stanley Bruce Drapeau de l'Australie Australie 1947-1951
3 Josué de Castro Drapeau du Brésil Brésil 1951-1955
4 Shujaat Ali Hasnie Drapeau du Pakistan Pakistan 1955-1959
5 Louis Maire Drapeau de la Suisse Suisse 1959-1963
6 Georges Haraoui Drapeau du Liban Liban 1963-1964
7 Maurice Gemayel Drapeau du Liban Liban 1965-1969
8 Michel Cépède Drapeau de la France France 1969-1973
9 Gonzalo Bula Hoyos Drapeau de la Colombie Colombie 1973-1977
10 Bukar Shaib Drapeau du Nigeria Nigeria 1977-1981
11 Monkombu Swaminathan Drapeau de l'Inde Inde 1981-1985
12 Lassaad Ben Osman Drapeau de la Tunisie Tunisie 1985-1989
13 Antoine Saintraint Drapeau de la Belgique Belgique 1989-1993
14 José Ramón López Portillo Drapeau du Mexique Mexique 1993-1997
15 Sjarifudin Baharsjah Drapeau de l'Indonésie Indonésie 1997-2001
16 Aziz Mekouar Drapeau du Maroc Maroc 2001-2005
17 Mohammad Saeid Noori-Naeini Drapeau de l'Iran Iran 2005-2009
17 Luc Guyau Drapeau de la France France 2009-2013 [14]
18 Wilfred Joseph Ngirwa Drapeau de la Tanzanie Tanzanie 2013-2017 [15]
19 Khalid Mehboob Drapeau du Pakistan Pakistan Depuis 2017 [13]

Financement[modifier | modifier le code]

Le budget total de l'agence s'élève à 2,2 milliards d'euros en 2018-2019. Il est constitué à 39 % par des cotisations obligatoires des Etats membres et à 61 % par des contributions volontaires des membres et d'autres partenaires[16].

Direction générale[modifier | modifier le code]

L'élection du directeur général a lieu à l'occasion de la Conférence pour un mandat renouvelable une fois. En 2019, cinq candidats sont en lice pour l'élection : Qu Dongyu (Chine), Catherine Geslain-Lanéelle (France), Davit Kirvalidze (Géorgie), Médi Moungui (Cameroun) et Ramesh Chand (Inde)[17]. Le 23 juin 2019, le nouveau directeur général, Qu Dongyu, est nommé pour un mandat de quatre ans à partir du jusqu'au 31 juillet 2023.

Directeur général[modifier | modifier le code]

Nr Directeur Pays Période
1 John Boyd Orr Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni octobre 1945 – avril 1948
2 Norris E. Dodd Drapeau des États-Unis États-Unis avril 1948 – décembre 1953
3 Philip V. Cardon Drapeau des États-Unis États-Unis janvier 1954 – avril 1956
4 Herbert Broadley Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (interim) avril 1956 – novembre 1956
5 Binay Ranjan Sen Drapeau de l'Inde Inde novembre 1956 – décembre 1967
6 Addeke Hendrik Boerma Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas janvier 1968 – décembre 1975
7 Édouard Saouma Drapeau du Liban Liban janvier 1976 – décembre 1993
8 Jacques Diouf Drapeau du Sénégal Sénégal janvier 1994 – décembre 2011
9 José Graziano da Silva Drapeau du Brésil Brésil janvier 2012 – juillet 2019
10 Qu Dongyu Drapeau de la République populaire de Chine Chine à partir d'août 2019

Directeurs généraux adjoints[modifier | modifier le code]

Secteurs de travail prioritaires[modifier | modifier le code]

Pour le biennium 2014-2015, la FAO a défini les priorités [18] suivantes dans sa lutte contre la faim

  • Contribuer à éliminer la faim, l'insécurité alimentaire et la malnutrition – Libérer le monde de la faim en promouvant des politiques et des engagements politiques en faveur de la sécurité alimentaire et en veillant à ce que soient disponibles et accessibles des informations actualisées sur les problèmes relatifs à la faim et à la nutrition, et sur les solutions qui peuvent y être apportées.
  • Rendre l'agriculture, la foresterie et la pêche plus productives et plus durables – Promouvoir des politiques et des pratiques scientifiquement éprouvées qui favorisent une productivité élevée des secteurs agricoles (cultures, élevage, foresterie et pêches), tout en épargnant la base de ressources naturelles.
  • Réduire la pauvreté rurale – Aider les ruraux pauvres à accéder aux ressources et aux services dont ils ont besoin – notamment l'emploi rural et les dispositifs de protection sociale – pour éloigner le spectre de la pauvreté.
  • Favoriser la mise en place de systèmes agricoles et alimentaires ouverts et efficaces – Contribuer à mettre en place des systèmes alimentaires sûrs et efficaces qui soutiennent la petite agriculture et font reculer la pauvreté et la faim dans les zones rurales.
  • Améliorer la résilience des moyens d’existence face aux catastrophes – Aider les pays à être mieux préparés en cas de catastrophe naturelle ou anthropique, en atténuant les risques et en améliorant la résilience de leurs systèmes alimentaires et agricoles.

FAO et agriculture biologique[modifier | modifier le code]

Dans un rapport[19] sur la conférence internationale sur l'agriculture biologique et la sécurité alimentaire qui s'est tenue à Rome en mai 2007, la FAO constate que l'agriculture biologique, étendue à grande échelle, aurait un impact relativement limité sur la disponibilité alimentaire, et les prix n'évolueraient pratiquement pas. Elle souligne sa pertinence face à l'agriculture intensive usant des pesticides, des engrais issus de la pétrochimie, voire des OGM. Cette analyse est faite par rapport aux coûts, aux rendements obtenus à long terme, à une résistance accrue des écosystèmes face aux stress climatiques, à la réduction de l'utilisation des carburants fossiles et à l'indépendance qu'elle procure aux agriculteurs et aux États. Par ailleurs, elle constate que l'agriculture biologique est à même d'empêcher le gonflement des bidonvilles, de maintenir les structures rurales, notamment grâce au fait qu'elle nécessite plus de main-d'œuvre[20]. Ce rapport a cependant été l’objet d’une controverse. Il émane d’une conférence accueillie par la FAO, mais certaines de ses conclusions, et notamment celle affirmant que « l’agriculture biologique devrait pouvoir produire suffisamment d’aliments pour nourrir la population mondiale actuelle » ne sont pas reconnues par l’Organisation. Une mise au point fut faite six mois plus tard par son président, Jacques Diouf, dans laquelle il précise notamment que « le potentiel de l’agriculture biologique n’est pas suffisant, loin s’en faut, pour nourrir le monde »[21].

Les Programmes[modifier | modifier le code]

Les Ambassadeurs de bonne volonté[modifier | modifier le code]

Le Programme des ambassadeurs de bonne volonté de la FAO a été lancé en 1999. Son but principal est d'attirer l'attention du public et des médias sur la situation inacceptable de près d'un milliard de personnes qui continuent à souffrir de la faim et de malnutrition chronique à une époque de prospérité sans précédent. Ces personnes mènent une vie de misère et sont privées du droit de l'homme le plus fondamental : le droit à la nourriture. Les gouvernements à eux seuls ne peuvent éradiquer la faim. La mobilisation des secteurs public et privé, la participation de la société civile et la mise en commun des ressources collectives et individuelles sont autant de facteurs nécessaires pour rompre le cercle vicieux de la faim et de la sous-alimentation chronique.

En devenant des Ambassadeurs de bonne volonté de la FAO, ces personnalités (célébrités du monde de l'art, de la culture, du sport et du spectacle telles que le prix Nobel de médecine Rita Levi Montalcini, l'actrice Gong Li, les footballeurs Roberto Baggio et Raúl, la chanteuse malienne Oumou Sangaré, la chanteuse québécoise Céline Dion et la maintenant disparue Miriam Makeba) se sont engagées à titre personnel et professionnel à affronter les questions humanitaires universelles sur lesquelles se fonde la mission de la FAO : construire un monde où règne la sécurité alimentaire pour les générations présentes et futures.

Grâce à leur talent et à leur influence, les ambassadeurs de bonne volonté de la FAO entraînent jeunes et moins jeunes, riches et pauvres dans la lutte contre la faim et la pauvreté, afin que le rêve de la nourriture pour tous devienne une réalité au XXIe siècle et au-delà.

Crise[modifier | modifier le code]

La FAO a commandé en 2005 à un groupe d'experts un audit d'Évaluation Externe Indépendante[22]. Un pré-rapport[23] (fin juillet 2007) estime que la FAO est « au bord du gouffre » ; son personnel étant démotivé par des « systèmes administratifs dépassés et rigides » et une « bureaucratie tatillonne ». L'influence de la FAO « décline », ses services perdant de leur avantage comparatif, ce qui encourage les financeurs à diminuer son budget (de 370 millions d’USD/an, soit 270 millions d'€, mais qui a diminué de 20 % depuis 1995). Ses prises de position sont jugées parfois contradictoires et mal comprises ; promotion d’une agriculture productiviste d'après-guerre, lutte contre la faim, puis promotion des OGM en 2004 avant d’inversement annoncer que l'agriculture biologique « avec une véritable volonté politique », pourrait contribuer à la sécurité alimentaire de la planète.

Ce pré-rapport invite la FAO à se « réinventer », son existence restant nécessaire et ses objectifs initiaux n'étant pas atteints. Elle devrait se repositionner, notamment par rapport aux ONG qui occupent une place croissante dans le domaine de l’aide alimentaire et au développement d'une agriculture durable. Le pré-rapport se conclut par 110 recommandations pour s’adapter à un contexte qui a évolué. Le rapport final est attendu en novembre 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, La Conférence a voté l'adhésion du Brunei Darussalam, de Singapour et du Soudan du Sud. .
  2. Accès libre et gratuit à FAOSTAT (Archives centrales de statistiques de la FAO, d'après communiqué FAO du . Voir la page la page Support/FAQ pour plus d'explication sur l'usage de la base de données, puis la page Utilisateurs Enregistrés FAOSTAT.
  3. Marcel Rieul Paisant, La Commission internationale d'agriculture (Union internationale des associations agricoles) et son rôle dans l'économie européenne, Paris, Extrait des annales de la Commission internationale d'agriculture, (lire en ligne), « La création de l'institut de Rome en 1905 et le congrès de Vienne en 1907 »
  4. « Texte de la convention internationale pour la création de l'Institut international de l'agriculture », sur fco.gov.uk,
  5. « Acte constitutif de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) », sur admin.ch, (consulté le 3 mars 2019)
  6. « 18 mai 1943 : le rendez-vous de Hot Springs », sur lhistoireenrafale.lunion.fr, (consulté le 4 mars 2019)
  7. (en) Franklin D. Roosevelt, Public papers of the Presidents of the United States. Franklin D. Roosevelt, (lire en ligne), chap. 52 (« A letter to the United Nations Conference on Food and Agriculture. May 18, 1943 »)
  8. « Protocole de dissolution de l'Institut international de l'Agriculture », sur fco.gov.uk, (consulté le 4 mars 2019)
  9. Codex Alimentarius, « Liste des Normes officielles », sur www.codexalimentarius.net, FAO/OMS (consulté le 16 juin 2008).
  10. JECFA, FAO, « FICHE D’INFORMATION – LE JECFA », sur www.fao.org, FAO, (consulté le 16 juin 2008), p. 4.
  11. « La FAO, qu'est-ce que c'est ? », sur geo.fr, (consulté le 4 mars 2019)
  12. « Luc Guyau élu président du conseil de la FAO », sur liberation.fr, (consulté le 5 mars 2019).
  13. a et b « Pakistan nominee elected chairperson of FAO », sur dawn.com, (consulté le 5 mars 2019).
  14. « Luc Guyau à la tête de la FAO », sur lefigaro.fr, (consulté le 8 mars 2019).
  15. « Éradiquer la faim en Afrique », sur republicoftogo.com, (consulté le 16 mars 2019).
  16. « La FAO, objectif « Faim Zéro » », sur la-croix.com, (consulté le 4 mars 2019)
  17. « FAO : cinq candidats en lice pour la direction », Le Figaro, (consulté le 29 juin 2019).
  18. Les Objectifs stratégiques de la FAO .
  19. Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, « Conférence internationale sur l’agriculture biologique et la sécurité alimentaire » [archive du ] [PDF], Rapport, sur rue89.com, FAO, 3 - 5 mai 2007 (consulté le 16 juin 2008), p. 13.
  20. http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000550/index.html.
  21. http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000726/index.html.
  22. Évaluation Externe Indépendante, Audit confié à 6 experts (dirigés par Leif E. Christoffersen). Sur le site de la FAO).
  23. FAO: The Challenge of Renewal An Independent External Evaluation of the Food and Agriculture Organization Rapport intermédiaire, pour consultation, en anglais (FAO).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]