Orbe (photographie)

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Tache blanche sur la façade de l'église Saint-Martin de Patrimonio

En photographie, les orbes sont un phénomène optique représenté par des taches blanches ou blanchâtres, souvent transparentes, de taille variable et de forme circulaire qui apparaissent parfois sur les photos.

Il s'agit d'un phénomène optique de réflexion des rayons du flash sur une particule (poussière, gouttelette, etc) passant devant l'objectif. Comme la mise au point n'est pas faite pour des objets si proches de l'objectif, la poussière apparaît non comme un point mais comme un rond. Le phénomène a lieu aussi bien sur les photos argentiques, numériques ou même Polaroïd.

L'explication scientifique[modifier | modifier le code]

Quand une particule (poussière, grain de pollen, gouttelette, etc) passe devant l'objectif d'un appareil photo, la lumière du flash s'y réfléchit et est renvoyée dans toutes les directions. Une partie de ces rayons réfléchis pénètrent dans l'objectif, traversent le système de lentilles et atteignent le capteur (CCD ou pellicule). Comme la focalisation ne peut être parfaite pour des poussières passant si près de l'objectif, l'image n'est pas réduite à un point, mais forme un rond appelé orbe. En somme la forme circulaire de l'orbe n'est due qu'à la forme circulaire de l'objectif. L'orbe est d'autant plus grand que la défocalisation est importante. Le mécanisme de focalisation explique que les petits orbes apparaissent brillants et les plus grands orbes moins brillants et transparents.

Comme les orbes sont formés sur le capteur par la lumière du flash, ils ne sont vus ni avant la prise de vue, ni pendant. Ils ne sont vus qu'après, à l'examen de l'image. On parle alors de « photo surprise ». Ce ne sont pas des reflets car la lumière ne subit aucune réflexion entre la particule et le capteur. Il s'agit plutôt d'artéfacts, d'images parasites.

Le physicien français Jean de Talois fait remarquer que la limite du rond de l'orbe est souvent formée d'un système de cercles concentriques[1]. Selon le physicien ces cercles s'interprètent comme un système de franges de diffraction de Fresnel. La source lumineuse est constituée par la poussière. L'ouverture diffractante est l'objectif ou plus précisément le diaphragme limitant le faisceau de rayons pénétrant dans l'objectif.

Le physicien américain Bruce Maccabee pense que l'observation des orbes a été favorisée par des changements techniques apportés aux appareils photographiques, à savoir l'augmentation de la puissance des flashs, la plus grande sensibilité des capteurs numériques, enfin la diminution de la distance séparant le flash de l'objectif[2].

Au bilan, l'explication scientifique considère les orbes comme un phénomène purement optique. Elle rend compte, entre autres, de leur forme circulaire, des conditions de leur apparition, de leurs franges d'interférence, de leur brillance et de leur transparence.

Croyance populaire[modifier | modifier le code]

Les orbes sont à l'origine d'une croyance populaire célèbre qui dit que les orbes sont des "esprits" au même titre que les fantômes[3]. Ayant surtout émergé dans les années 1990 avec la popularisation des caméras digitales, cette croyance court encore aujourd'hui à tel point que des sites internet tentent de référencer les dates et lieux où de telles photographies ont été prises.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean de Talois, Le (non) mystère des orbes, "Science et Inexpliqué" no 38, mars-avril 2014.
  2. Bruce Maccabee, The Orb Phenomenon, (en anglais) sur son site personnel http://brumac.8k.com/index.html.
  3. Blog expliquant le phénomène et son origine réelle, paranormal-encyclopédie.com, 17 juin 2011

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Steven T. Parsons, « Orbs, some definitive evidence that they are not paranormal », dans Paranthropology, vol. 5, n° 1, jan. 2014, p. 44-49 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]