Oppien d'Apamée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Oppien de Syrie)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Oppien.

Oppien d’Apamée, dit aussi Oppien de Syrie, (Ὀππιανός), vivait en Syrie, province romaine, au début du IIIe siècle apr. J.-C.. Il est l'auteur d'un poème didactique sur la chasse, les Cynégétiques. On l'a souvent confondu avec Oppien de Corycos, auteur d'un ouvrage sur la pêche.

Biographie[modifier | modifier le code]

La confusion entre les deux Oppien remonte à l'Antiquité ; on peut donc se demander si nous connaissons le vrai nom de cet auteur. Mais il semble certain qu'Oppien d'Apamée connaissait l'ouvrage de son homonyme. On le désigne parfois aujourd'hui sous le nom de « Pseudo-Oppien »[1].

La dédicace de son œuvre à Caracalla (qui passe dans la région entre 215 et l'année de sa mort, 217) permet par contre une certaine précision chronologique.

Il vit à Apamée ; cette ville située au sud-est d'Antioche est à l'époque un grand centre intellectuel, mais il n'en reste aujourd'hui que d'importants vestiges.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Son œuvre s'appelle les Cynégétiques, titre également porté par d'autres ouvrages. Les Cynégétiques d'Oppien se présentent comme un poème de 2042 ou 2144 hexamètres, divisé en quatre ou cinq chants. S'il a existé un cinquième chant, ce dernier est perdu ; le quatrième chant est incomplet.

Chacun des quatre chants connus commence par un préambule et compte entre 453 et 628 vers.

  1. 538 vers. Le chasseur idéal, l'équipement, les chiens de chasse, les chevaux[2].
  2. 628 vers. Animaux chassés : bison, mouflon, oryx[3].
  3. 525 vers. Félins, (lions et panthères) que l'empereur a reçus en présent et autres animaux exotiques : girafe, ichneumon, chameau, autruche[4].
  4. 453 vers. Techniques : filets, armes…[5].

Outre les aspects techniques de la chasse, l'auteur fait de fréquentes digressions, sur la mythologie, la philosophie et les sciences naturelles[6].

Cet ouvrage a connu une bonne diffusion, comme en témoigne le nombre de manuscrits, mais il apparaît aujourd'hui comme un recueil d'affirmations fantaisistes. L'auteur affirme ainsi que les éléphants sont doués de la parole (même s'il ne faut voir là qu'une formule poétique pour décrire leur intelligence). Il écrit que les rhinocéros ne comptent qu'un seul sexe, le masculin, les femelles n'existant pas chez cette espèce. Que la lionne met bas cinq lionceaux lors de sa première portée, quatre à sa deuxième, puis trois, puis deux et enfin un seul. Que l'ourse donne naissance à des petits informes, que c'est leur mère qui, en les léchant, leur donne une apparence d'ourson. Qu'un tambour fait de peau d'agneau reste muet si on frappe près de lui un tambour fait avec une peau de loup…

Ne pas confondre avec Oppien de Corycos, qui est l'auteur des Halieutiques. Une autre œuvre est attribuée à Oppien : les Ixeutika, qui porte sur la chasse aux oiseaux, poème aujourd'hui perdu, mais dont il existe une paraphrase due au sophiste Eutecnius, qui a également écrit des paraphrases des deux premiers ouvrages[7].

Éditions[modifier | modifier le code]

Sélection d'éditions, par ordre chronologique :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Adam Bartley, « Recension de l'édition critique de Papathomopoulos », Exemplaria Classica, no 8,‎ , p. 223-226.
  • (es) Tomás Silva Sánchez, Sobre el texto de Opiano de Apamea, Cadix, Servicio de Publicaciones, Universidad de Cádiz, 2002.
  • (de) Otto Tüselmann, Die Paraphrase des Euteknios zu Oppians Kynegetika, Berlin, .