Annexion de l'État de Hyderabad par l'Inde

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Opération Polo
Description de cette image, également commentée ci-après
L'ancien État d'Hyderabad, au centre de l'Inde.
Informations générales
Date -
(5 jours)
Lieu Deccan
Issue Annexion de l'État d'Hyderabad par l'Inde
Belligérants
Drapeau de l'Inde IndeDrapeau Hyderabad.png État Princier d'HyderabadDrapeau Hyderabad.png État Princier d'Hyderabad
Commandants
le général Joyanto Nath Chaudhuri
le ministre Sardar Vallabhbhai Patel
Syed Ahmed El EdroosQasim Razvi
Forces en présence
35 00022 000 réguliers200 000 Razakars, irréguliers
Pertes
32 tués
97 blessés
490 tués et 122 blessés dans l'armée régulière1 370 tués chez les Razaraks
entre 27 000 et 40 000 civils tués

Opération Polo

L'Annexion de l'État d'Hyderabad par l'Inde, menée sous le nom de code d'Opération Polo et présentée comme une « opération de police »[1], est une invasion qui s'est déroulée en et fut menée par l'armée indienne. Cette opération abouti à l'annexion de l'État de Hyderabad par le Dominion de l'Inde[2].

Contexte[modifier | modifier le code]

L'Etat de Hyderabad fut fondé en 1586 par Muhammad Qulî Qutb Shâh, le cinquième sultan de la dynastie des Qutb Shahi (en) du Sultanat de Golconde. Conquis en 1686 par l'empereur moghol Aurangzeb, puis indépendant à la faveur de l'affaiblissement de l'empire moghol à partir de 1724, il devient en 1798 l'un des États princiers de l'Inde les plus importants et les plus riches du Raj britannique.

Au moment de l'indépendante de l'Inde, prononcée le 15 août 1947 avec l'Indian Independence Act de 1947 qui annonce la Partition des Indes, les Britanniques abandonnent toutes les alliances passées avec les États Princiers. La plupart de ces états accepteront de rejoindre l'Inde ou le Pakistan.

Une exception majeure a été celle de l'État Princier le plus riche, le plus grand et le plus puissant, possédant sa propre monnaie et sa propre armée, l'Hyderabad, où le Nizam, Osman Ali Khan, Asif Jah VII, dirigeant musulman qui présidait une population largement hindoue, a choisi l'indépendance. Pour la préserver, il formera une armée irrégulière recrutée depuis l'aristocratie musulmane, connue sous le nom de Razakars (en).

De son coté, soucieux d'éviter ce qu'il appelait une balkanisation de l'ancien Raj, le gouvernement indien de Jawaharlal Nehru était déterminé à opérer l'intégration de l’État de Hyderabad dans la nouvelle Union Indienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Nizam a également été assailli par le soulèvement de Telangana, qu'il était incapable de subjuguer.

Du fait des atrocités commises par les Razakars, le ministre indien Sardar Patel décida d'annexer Hyderabad dans ce qui a été appelé une « action de police ».

L'opération elle-même a pris cinq jours, pendant lesquels les Razakars et l'armée d'Hyderabad ont été rapidement défaits.

L'opération a conduit à une violence massive. Le Premier ministre indien Jawaharlal Nehru a nommé une commission connue sous le nom de Comité Sunderlal. Son rapport, qui n'a été publié qu'en 2013, a conclu que « d'après une estimation prudente, 27 000 à 40 000 personnes avaient perdu la vie pendant et après l'action policière ». D'autres chercheurs[Qui ?] ont émis le chiffre d'au moins 200 000 morts.


Le Nizam Fateh Jang `Othman `Alî Khân Asaf Jâh VII ou Asaf Jâh VII est le dernier souverain régnant de la dynastie des Nizâm de l'Hyderâbâd et de Berar. Il règne et décide que la principauté ne rejoindra pas le Dominion de l'Inde.

Montée des tensions[modifier | modifier le code]

Le Quazim Ravi arma des milices, les Razarkars et offrit un soutien moral au Pakistan. Les négociations eurent lieu entre l'Inde et la Principauté, mais des massacres d'hindous eurent lieu. Le Premier ministre Patel ne pouvait accepter cet état hostile au centre de son territoire et décida d'envoyer les Forces armées indiennes. Les forces d'Hyderabad furent défaites en cinq jours. L'opération est suivie par l'installation d'une administration indienne le 19 septembre 1948. Le 26 janvier 1950, l'État d'Hyderâbâd est dissout et découpé en deux d'après les frontières linguistiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) John Zubrzycki, The Last Nizam: An Indian Prince in the Australian Outback, Pan Macmillan Australia, (ISBN 978-0-330-42321-2)
  • (en) Benjamin Cohen, Kingship and Colonialism in India's Deccan : 1850-1948, Springer, (ISBN 978-0-230-60344-8, lire en ligne), p. 159–161 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Mike Thomson, « Hyderabad 1948 : India's hidden massacre », BBC News,‎ (lire en ligne)
  • Guillaume Gandelin, « Vie et mort de l'Etat indépendant d'Hyderabad (1947-48) », Asialyst.com,‎ (lire en ligne)

Sources primaires[modifier | modifier le code]

  • (en) « The Hyderabad Police Action », Official Indian Army Web Portal,‎ (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]