Opération Mockingbird

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L'opération Mockingbird (« opération Oiseau moqueur ») est une opération de la CIA destinée à influencer les médias des États-Unis et de pays étrangers.

Commencées dans les années 1950, ces activités ont été rendues publiques par les investigations de la Commission Church en 1975, puis publiées en 1976.

Les noms des responsables impliqués font encore l'objet de débats : l’opération avait été identifiée sous le nom de Mockingbird dans l’exposé de Deborah Davis, Katharine the Great (en): Katharine Graham and her Washington Post Empire. L’idée que les médias aient été recrutés et infiltrés par la CIA pour diffuser de la propagande fut très controversée, et plusieurs erreurs ont depuis été démontrées dans l’exposé de Davis. Un « plombier » jugé coupable dans l’affaire Watergate), E. Howard Hunt, cite l'opération Mockingbird dans son livre American Spy : My Secret History in the CIA, Watergate and Beyond.

Ce projet employa jusqu'à 3 000 personnes de façon permanente.

Histoire[modifier | modifier le code]

À la fin de l’année 1948, Frank Wisner crée le projet Mockingbird (« oiseau moqueur »), un programme visant à influencer les médias américains. À partir de 1954, ce réseau d’influence sera supervisé par Allen Dulles, directeur de la CIA.

Parmi les journaux et médias infiltrés par l'intermédiaire de journalistes recrutés par le projet se trouvaient entre autres CBS, Time Magazine, Life, The New York Times, The Washington Post, The Washington Star, The Miami News, The Courier-Journal of Louisville, Copley Agency News et The Christian Science Monitor.

Thomas Braden, chef de l’IOD (« Division des organisations internationales »), expliqua ainsi les techniques de recrutement : « Si le directeur de la CIA voulait offrir un "cadeau", par exemple, à quelqu’un en Europe, un responsable, un syndicaliste, le directeur pouvait lui donner près de 50 000 dollars, s’il était un bon élément et faisait du bon travail, il pouvait le lui donner et ne jamais avoir à rendre compte à personne... Les journalistes en ont été la cible, les syndicats étaient une cible particulière, car c’était l’une des activités dans lesquelles les communistes mettaient le plus d’argent. »

Ce projet s'impliqua aussi dans la production de films, comme avec La Ferme des animaux, basé sur le livre de Georges Orwell, qui attaquait à la fois le communisme et le capitalisme. Par conséquent, il fallait faire un film qui se limiterait à une condamnation du communisme et de l’URSS. Le film fut réalisé en Grande-Bretagne pour cacher l’implication de la CIA dans le projet, le financement provenant d’une « société-écran » de la CIA, Touchstone. Une demande prioritaire fut de changer la fin du film, lorsque les porcs et les chiens font face au soulèvement des autres animaux.

Le projet intervint aussi dans la réalisation du film Un Américain bien tranquille de Joseph Mankiewicz, en déformant sciemment le scénario du livre[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le projet Mockingbird: La constitution d’un nouveau service de la CIA pour la subversion et la propagande.