Opération Kama

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L'opération Kama est une opération militaire soviétique lancée le , sur ordre de Nikita Khrouchtchev, en prolongement de l'opération Anadyr. Elle consiste à baser dans le port de Mariel (Cuba) sept sous-marins lanceurs de missiles de la marine soviétique. L'opération sera un échec pour les Soviétiques.

Sous-marin B-59 forcé à faire surface, et survolé par un helicoptère américain.
28–29 October 1962

Déroulement de l'opération[modifier | modifier le code]

L'opération débute par le départ en éclaireurs, vers la mer des Caraïbes, de quatre sous-marins d'attaque à propulsion diesel-électrique. Les quatre sous-marins Project 641 soviétiques, de la classe Fox-trot (classification OTAN) sont les B-59, B-4 (appelé aussi Chelyabinski Komsomolets), B-36 et B-130.

Les submersibles, équipés de torpilles à tête nucléaire et destinés à renforcer l'arsenal destiné à Cuba, quittent leur base de la péninsule de Kola, commandés par quatre officiers de marine : les commandants Shumkov, Valentin Savisky, Ketov et Dubivko.

Indépendamment de l'opération Anadyr, l'opération Kama échoue puisque aucun des sous-marins n'atteint Cuba. Un sous-marin doit rentrer en URSS pour réparer le gouvernail endommagé. Les trois autres repérés dans la mer des Sargasses lors de la quarantaine - un blocus de Cuba qui ne veut pas dire son nom - sont serrés de près par les destroyers U.S. et les avions de chasse sous-marine U.S.:

  • le B-130 est forcé de faire surface pour des réparations aux moteurs diesel [1].
  • le debriefing de l'opération, rédigé par le quartier-général soviétique de la flotte du Nord révèle que :
    • la détection et la poursuite du B-36 est attribuée au destroyer USS Charles P. Cecil
    • la détection et la pousuite du B-59 est attribuée à plusieurs destroyers et avions
    • la détection du B-4 est attribuée à l'aviation anti-sous-marine. Mais c'est le seul sous-marin à avoir récemment rechargé ses batteries, grâce à quoi il resta immergé jusqu'à l'éloignement des destroyers.

Tous les sous-marins soviétiques présentent un large éventail de défauts de conception/fabrication, allant de la panne des systèmes de refroidissement jusqu'aux dommages au bateau. Le journal quotidien de Anatoly Petrovich Andreyev décrit la déshydratation permanente du personnel due à la température variant de 37° à 57°C., et signale des éruptions cutanées infectées chez tout l'équipage, dues au manque d'eau sanitaire [2]. Même le réfrigérateur à bord est accablé, compromettant la fraîcheur des provisions de bord. L'émersion partielle est utilisée comme une tentative de remédier au problème, au risque d'être repéré.

Quelques équipages de destroyers harcèlent les sous-marins soviétiques en jetant par-dessus bord des grenades à main, pas dommageables, pour informer les équipages que des grenades anti-sous-marines peuvent être larguées à n'importe quel moment.

L'opération Kama finit ignominieusement, avec trois sous-marins forcés de faire surface dans le champ visuel des équipages américains, et le quatrième incapable de faire quoi que ce soit d'autre qu'éviter la capture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Report about participation of submarines "B-4," "B-36," "B-59," "B-130" of the 69th submarine brigade of the Northern Fleet in the Operation "Anadyr" during the period of October- December, 1962 », The National Security Archive (George Washington University),‎ (consulté le 16 février 2015)
  2. Anatoly Petrovish Andreyev, « Letter to 'My Dear Sofochka!' (Translated by Svetlana Savranskaya) », National Security Archive,‎ (consulté le 21 février 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]