Opération Conjunto Michoacán

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Arrestations par l'armée mexicaine dans le Michoacán, 4 avril 2007.

L'opération Conjunto Michoacán (Operativo Conjunto Michoacán) est une opération anti-narcotrafiquants organisée par le Mexique dans l'État du Michoacán, où s'affrontent notamment le cartel du Golfe au cartel de Sinaloa, associé à Los Valencia (ou cartel du Milenio).

Début de l'opération[modifier | modifier le code]

Initiée le 11 décembre 2006 par le président Felipe Calderón, alors que les violences avaient fait plus de 500 morts dans l'année [1], elle associe la police (fédérale et locale) à l'armée, avec un déploiement initial de 5 000 hommes[1], et marque une étape importante dans la militarisation du conflit. Outre sécuriser ports et routes, en installant des check-points, l'opération vise à l'éradication des cultures (notamment de marijuana) et la mise en œuvre des mandats d'arrestations [1].

Elle était coordonnée au début par Gerardo Garay Cadena, le chef de la police fédérale préventive et un proche du ministre Genaro García Luna. Garay Cadena a depuis été arrêté, étant incarcéré depuis 2008, en raison d'accusations de liens avec le cartel de Sinaloa[2].

Cette opération est la première du genre depuis l'opération México Seguro, effectuée sous la présidence de Vicente Fox à partir de juin 2005 afin de mettre un terme aux violences à Nuevo Laredo, dans l'État frontalier du Tamaulipas. Cette opération avait été vivement critiquée en raison de ses maigres résultats et des violations afférentes des droits de l'homme [1].

L'opération Michoacán fut décidée avec l'accord du gouverneur Lázaro Cárdenas Batel (PRI), qui demandait depuis plusieurs années l'appui du gouvernement fédéral, aux mains du PAN depuis l'élection de Fox en 2000[1].

Résultats et critiques[modifier | modifier le code]

En mai 2007, le président de la Commission nationale des droits de l'homme, José Luis Soberanes (en), déclara qu'au moins 52 plaintes pour violations des droits de l'homme effectuées par les militaires avaient été enregistrées suite à cette opération armée[3]. Soberanes prôna de revenir sur la militarisation du conflit, demandant à ce que la police soit exclusivement chargée des opérations anti-stupéfiants et critiquant ainsi frontalement la stratégie adoptée par Felipe Calderon[3].

Le résultat exact de l'opération, qui demeure en cours, est inconnu, les autorités se refusant à publier des bilans.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Claudia Herrera Beltrán, « El gobierno se declara en guerra contra el hampa; inicia acciones en Michoacán », La Jornada, 12 décembre 2006
  2. Una historia de corrupción y fracaso, Por Esto! ((Anabel Hernández-Reporte Indigo)
  3. a et b Victor Ballinas, CNDH: graves abusos de militares en Michoacán, La Jornada, 16 mai 2007