Opération Épervier (Cameroun)

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Paul Biya

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image illustrant le Cameroun
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L'Opération Épervier est une vaste opération judiciaire initiée dans le cadre de la lutte anti-corruption au Cameroun. Cette opération a été lancée par le gouvernement du Premier ministre Ephraïm Inoni en 2006, sous la pression des bailleurs de fonds internationaux[1]. Ce même Ephraïm Inoni arrêté depuis, en 2012, dans le cadre de cette même opération[2].

D'anciens ministres et des dirigeants d'entreprises publiques ont ainsi été arrêtés et condamnés[3]. Ainsi, en mars 2008, l'ancien ministre de l'Économie et des Finances Polycarpe Abah Abah et l'ancien ministre de la Santé Urbain Olanguena Awono ont été arrêtés pour détournements de fonds. Gervais Mendo Zé, l’ex-patron de l’audiovisuel public, est emprisonné à Kondengui[4]. L'ex-ministre Alphonse Siyam Siwé écope de 30 ans de prison pour des détournements de fonds au port autonome de Douala en décembre 2007.Roger Ntongo Onguéné, l’ancien patron des Aéroports du Cameroun, écope de 30 ans de prison. L'homme d'affaires Yves Michel Fotso est arrêté en 2010, et fait l'objet de plusieurs condamnations dont la prison à vie[5],[6].

Le président Paul Biya a toutefois été accusé d'utiliser en partie cette opération anti-corruption pour écarter des personnalités, souvent eux-mêmes anciens protégés du président, à des fins politiques[7],[8],[9]. On lit d'ailleurs à ce sujet sur l'article Paul Biya:"La lutte contre la corruption a fait l'objet de nombreuses initiatives sous le règne de Paul Biya[10], avec notamment la mise sur pied en 2006 de l'Opération épervier. Une opération judiciaire anti-corruption qui s'est illustrée par l'arrestation de très haut fonctionnaires de l’État, mais aussi de ce fait même a éveillé des soupçons de manipulation, le régime étant soupçonné d'en user pour écarter ou sanctionner des concurrents, des compagnons de route infidèles ou encombrants[11]. Le succès mitigé de l'"Opération Obama", ainsi que l'a rebaptisé l'auteur camerounais Eric Mendi dans son ouvrage éponyme primé aux GPAL 2013, ("Obama" signifiant "Épervier" dans un dialecte du pays), pourrait aussi s'expliquer par la quasi-impossibilité de récupérer les fonds détournés des établissements financiers étrangers qui les accueillent"[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Cameroun: L’impitoyable machine judiciaire de Paul Biya », Mondafrique,‎ (lire en ligne)
  2. Georges Dougueli, « Cameroun : Marafa et Inoni, plus dure est la chute… », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  3. Mathieu Olivier, « Cameroun – Opération Épervier : ces poids-lourds qui restent en prison », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  4. « Cameroun : Gervais Mendo Zé, l’ex-patron de l’audiovisuel public, emprisonné à Kondengui », Investir au Cameroun,‎ (lire en ligne)
  5. Johanna Bukasa-Mfuni, « Cameroun : Yves Michel Fotso condamné à la perpétuité », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. « Cameroun : Double condamnation à vie pour Yves Michel Fotso », Cameroun Liberty,‎ (lire en ligne)
  7. « Paul Biya accusé d’instrumentaliser Epervier », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  8. Philippe Bernard, « Au Cameroun, la lutte contre la corruption sert d'arme politique », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. Sarah Sakho, « Cameroun: la chasse aux sorcières fait rage », Slate,‎ (lire en ligne)
  10. Petit bilan sur Koaci.com
  11. "Cette opération a profondément divisé la classe politique. Des enquêtes portant sur les avoirs d’une soixantaine de personnalités – dont des membres du gouvernement – ont alimenté les colonnes des journaux par le biais de fuites émanant du cabinet du garde des Sceaux, ravivant ainsi des suspicions de règlements de comptes.", in Jeune Afrique no 2542 (cité dans "Opération Obama" d'Eric Mendi).
  12. "Je suis toujours offusqué lorsqu’on met en accusation un Africain sans parler des banques qui accueillent l’argent. Si quelqu’un dépose des millions de dollars, on sait très bien que ce n’est pas son salaire! La banque se trouve alors en situation de recel. En droit, un voleur et un receleur sont condamnés au même titre. On devrait donc exercer la même pression sur les établissements financiers du Nord que sur les pays supposément corrompus. Par ailleurs, pourquoi l’argent suspect n’est pas placé sur des comptes sous séquestre lorsqu’il y a une enquête? Les dossiers d’instruction se baladent dans les tribunaux, les banques conservent cet argent et touchent les intérêts! Ce fut le cas durant la procédure de restitution des fonds de la famille Abacha au Nigeria. Et pour l’affaire des « biens mal acquis » en France, qui sont par exemple les agents immobiliers qui ont servi d’intermédiaires ?... Les voleurs au Sud, les receleurs au Nord. Il est trop facile de ne juger que les plus faibles." Akere Muna pour Jeune Afrique (cité dans "Opération Obama" d'Eric Mendi).

Sources[modifier | modifier le code]