Oophaga histrionica

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Oophaga histrionica
Description de l'image Oophaga histrionica.jpg.
Classification selon ASW
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Amphibia
Sous-classe Lissamphibia
Super-ordre Salientia
Ordre Anura
Sous-ordre Neobatrachia
Famille Dendrobatidae
Sous-famille Dendrobatinae
Genre Oophaga

Espèce

Oophaga histrionica
(Berthold, 1845)

Synonymes

  • Dendrobates histrionicus Berthold, 1845
  • Dendrobates tinctorius wittei Laurent, 1942
  • Dendrobates histrionicus confluens Funkhouser, 1956

Statut de conservation UICN

(CR)
CR :
En danger critique

Statut CITES

Sur l'annexe II de la CITES Annexe II , Rév. du 22/10/1987

Oophaga histrionica est une espèce d'amphibiens de la famille des Dendrobatidae[1].

Description[modifier | modifier le code]

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Reproduction[modifier | modifier le code]

Lors de la période de reproduction durant la saison des pluies, le mâle émet, perché sur une feuille, un chant afin d'attirer la femelle[2]. Lorsqu'il parvient à en attirer une, ils cherchent un endroit propice à la ponte[2]. La femelle y pond ensuite de 4 à 20 œufs que le mâle arrose de son sperme[2]. La femelle reste ensuite près de ses œufs pour les garder[2]. Lorsque les œufs éclosent après une dizaine de jours, les têtards grimpent à l'aide de leur queue sur le dos de leur mère qui les dépose ensuite un par un dans des petits coins d'eau, généralement situés au niveau des aisselles de broméliacées[2]. Après trois mois, les têtards, qui ont complété leur métamorphose, retournent sur la terre ferme[2].

Alimentation et prédateurs[modifier | modifier le code]

Comme les autres grenouilles, Oophaga histrionica utilise sa vue ainsi que sa langue collante et rétractable afin de capturer ses proies[2]. Une étude a été réalisée sur le régime alimentaire des Oophaga histrionica et des Phyllobates aurotaenia qui appartiennent également à la famille des Dendrobatidae. Pour cela, vingt spécimens de chacune des deux espèces ont été capturés en 2009 dans la localité de Pié de Pató, près d'Alto Baudó, en Colombie[3]. Après analyse du contenu de l'estomac et des intestins des grenouilles collectées, le résultat montre qu'elles ont un régime alimentaire très similaire qui se compose notamment de fourmis. En effet, selon l'herpétologiste américain Jeffrey Robert Parmelee, ce serait des proies lentes, facilement disponibles car regroupées en colonies. Cependant, elles ont une faible valeur nutritionnelle, ce qui nécessite d'en manger de grandes quantités[3]. Oophaga histrionica se nourrit également de collemboles, de diplopodes, de chilopodes, de blattes, de hémiptères, de pseudoscorpions, de termites, de gastéropodes, d'arachnides, de dermaptères, de mollusques et de larves de coléoptères[3]. Les têtards de cette espèce se nourrissent, quant à eux, d'œufs infertiles que leur apporte leur mère[2].

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

Cette espèce est endémique de Colombie[1]. Elle se rencontre dans les départements d'Antioquia, de Chocó et de Valle del Cauca jusqu'à 1 000 m d'altitude dans la plaine pacifique.

Elle vit dans les forêts tropicales humides[4].

Découverte et taxinomie[modifier | modifier le code]

Illustration par Berthold en 1846 de la Oophaga histrionica.

Oophaga histrionica et l'Homme[modifier | modifier le code]

Menaces et protection[modifier | modifier le code]

Depuis 2004, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considère qu'il s'agit d'une « espèce de préoccupation mineure » (LC)[5]. En effet, bien que ses effectifs décroissent, c'est une espèce commune avec une aire de répartition étendue et qui semble tolérer dans une certaine mesure la modification de son habitat[5]. Les populations ne semblent pas être fragmentées[5]. Oophaga histrionica est néanmoins menacée par plusieurs facteurs tels que la déforestation dans le cadre du développement agricole, des cultures illégales, de l'exploitation forestière et de l'urbanisation[5]. Elle est également exposée à la pollution de son environnement via l'épandage des cultures illégales[5]. Par ailleurs, cette espèce est capturée de façon illicite pour le commerce international des animaux de compagnie et celui des médicaments, mais cela ne constitue probablement pas une menace majeure[5]. Oophaga histrionica figure également dans l'annexe II de la CITES depuis le [6].

Le , 53 Oophaga histrionica, 50 Oophaga lehmanni et 13 Oophaga sylvatica sont saisies à l'aéroport international El Dorado par la police[7]. Considéré comme un crime environnemental en Colombie, le trafic d'espèces sauvages est sanctionné par des amendes pouvant atteindre un million de dollars[7]. Selon le secrétariat à l'environnement de la mairie de Bogota, il s'agit alors de « la plus importante saisie d'amphibiens confisqués à des trafiquants de faune sauvage à Bogota », avec une valeur marchande estimée à plus de 380 000 dollars[7].

Élevage en captivité[modifier | modifier le code]

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Berthold, 1845 : über verschiedene neue oder seltene Reptilien aus New Granada und Crustaceen aus China Nachrichten Gesellschaft Wissenschaftern Göttingen, vol. 1845, p. 3–49.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Amphibian Species of the World, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. a b c d e f g et h Myers, P., R. Espinosa, C. S. Parr, T. Jones, G. S. Hammond, and T. A. Dewey. The Animal Diversity Web (online). Accessed at https://animaldiversity.org, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  3. a b et c (es) Fabiola Arce Domínguez et Jhon Tailor Rengifo Mosquera, « Dieta de Phyllobates aurotaenia y Oophaga histrionica (Anura:Dendrobatidae) en el municipio del Alto Baudó, Chocó, Colombia », Acta Zoológica Mexicana, vol. 29, no 2,‎ , p. 255-268 (ISSN 0065-1737, lire en ligne) [PDF]
  4. AmphibiaWeb. <https://amphibiaweb.org> University of California, Berkeley, CA, USA, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  5. a b c d e et f UICN, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  6. CITES, consulté le 19 septembre 2018.
  7. a b et c « En Colombie, saisie de grenouilles vénéneuses protégées d'une valeur de 380 000 dollars », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )