Onze d'or hongrois

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L'appellation Onze d'or (hongrois : Aranycsapat) ou Équipe en or définit l'équipe nationale hongroise de football de la première moitié des années 1950, championne olympique en 1952 et finaliste malheureuse de la coupe du monde de football de 1954.

La période dorée de l’équipe a commence au printemps 1950 pour prendre fin avec la révolution hongroise de 1956. L’équipe est à l’origine d’une véritable révolution tactique et technique dans le football en adoptant un placement plus fluide et en faisant entrer le jeu dans le monde contemporain. Son premier apport a été un nouveau placement sur le terrain en adoptant un schéma tactique en 4-2-4 et en pratiquant un football proche de celui pratiqué par les Hollandais dans les années 1970 et appelé le football total. Après la chute de l’équipe hongroise ce sont les Brésiliens qui reprendront le mieux cette organisation pour gagner les coupes du monde de 1958, 1962 et 1970.

Le onze d’or hongrois est l’une des équipes les plus compétentes techniquement de l’histoire. Leur ratio victoire/match, leur innovation tactique, leur participation à certains des matchs les plus marquants de l’histoire du football en font une des équipes majeures du XXe siècle.

Historique[modifier | modifier le code]

L'équipe prend forme fin 1949 sous l'impulsion de l'entraîneur Gusztáv Sebes, autour de joueurs tels József Bozsik, Zoltán Czibor, Gyula Grosics, Nándor Hidegkuti, Sándor Kocsis et Ferenc Puskás. Entre le et le , l'équipe sortit invaincue des 29 rencontres qu'elle disputa (record battu entre 1991 et 1993 par l'Argentine avec 40 rencontres).
Le « Onze d'or » connut sa première heure de gloire lors des Jeux olympiques d'été de 1952 à Helsinki. Ce fut la première occasion pour cette équipe, invaincue depuis deux ans, de sortir du bloc de l'Est pour un tournoi international. Après la victoire 2-0 en finale sur la Yougoslavie (le seul titre officiel de l'équipe), l'équipe hongroise fut invitée par la fédération anglaise pour un match amical à Wembley. Le , la Hongrie devint la première nation du continent à battre l'équipe anglaise sur sol anglais sur le score de 6-3 lors d'un match amical. Ce premier succès (retentissant) face à l'une des équipes des plus réputées inscrit le Onze d'or dans la légende mondiale[1].

Après un succès 7-1 lors de la revanche à Budapest en 1954, l'équipe hongroise partait comme le grand favori pour la coupe du monde qui avait lieu quelques mois plus tard en Suisse. Les joueurs hongrois se qualifièrent, non sans heurts, pour la finale avec quatre victoires en quatre matchs. Cette finale, perdue 3-2 face aux Allemands qu'ils avaient pourtant battu 8-3 au premier tour, fut la première défaite de l'équipe en quatre ans, laissant l'une des plus grandes équipes sans « couronne ».

Sculpture dédiée au Onze d'or

Pour éviter des supporters déçus, les joueurs hongrois furent ramenés en discrétion en Hongrie. Les « coupables » pour cette défaite furent désignés (notamment le gardien Gyula Grosics), et le défunt Onze d'or continua malgré cela à bien jouer. L'équipe réalisa une série de 18 matches sans défaite ponctuée notamment par la première défaite infligée à l'URSS en Union soviétique avant de perdre contre la Turquie en 1956. La période de domination du Onze d'or s'achèvera cette même année pour des raisons politiques. Pendant l'écrasement de l'insurrection de Budapest en novembre 1956, la majeure partie de l'équipe était en déplacement pour un match de coupe d'Europe avec le Budapest Honvéd. Suite aux troubles, certains décidèrent de ne plus rentrer. Seuls quelques joueurs de talent et quelques jeunes espoirs réussirent à s'exiler mais l'équipe était démantelée. Puskás et Kocsis décidèrent de jouer respectivement au Real Madrid et au FC Barcelone et ne jouèrent plus jamais pour la Hongrie.

Malgré les succès de l'équipe, les grands matchs (comme les finales ou le match à Wembley) ne furent pas télévisés pour des raisons de propagande. Le service de propagande ne voulait pas d'images en direct pour éviter de montrer une défaite, montrant par la suite des images reconstituées et plus « adaptées ».

Le Onze d'or hongrois[modifier | modifier le code]

Avec la mort de Jenő Buzánszky le 11 janvier 2015, tous les membres de ce onze légendaire sont à présent décédés.

Numéro Nom Date de naissance Sélections (buts)
1 Gyula Grosics 86 (0)
2 Jenő Buzánszky 48 (0)
3 Gyula Lóránt 37 (0)
4 Mihály Lantos 53 (5)
5 József Bozsik 101 (11)
6 József Zakariás 35 (0)
16 László Budai 39 (10)
8 Sándor Kocsis 23 septembre 1929 68 (75)
9 Nándor Hidegkuti 69 (39)
10 Ferenc Puskás 2 avril 1927 85 (84)
11 Zoltán Czibor 43 (17)

Entraîneur : Gusztáv Sebes

Les matchs du onze d'or[modifier | modifier le code]

Date Lieu Adversaire Score Compétition Buteurs hongrois Affluence
Drapeau de la Pologne Varsovie Drapeau de la Pologne Pologne 5–2 Match amical Puskás (2), Szilágyi (3) 60 000
Drapeau de la Hongrie Budapest Drapeau de l'Albanie Albanie 12–0 Match amical Puskás (4), Budai (3), Palotás (2), Kocsis (2) 38 000
Drapeau de la Hongrie Budapest Drapeau de l'Autriche Autriche 4–3 Match amical Puskás (2), Szilágyi 45 000
Drapeau de la Bulgarie Sofia Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 1–1 Match amical Szilágyi 35 000
Drapeau de la Hongrie Budapest Drapeau de la Pologne Pologne 6–0 Match amical Kocsis (2), Kocsis, Puskás (2), Czibor 42 000
Drapeau de la Tchécoslovaquie Ostrava Drapeau de la Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie 2–1 Match amical Kocsis (2) 45 000
Drapeau de la Hongrie Budapest Drapeau de la Finlande Finlande 8–0 Match amical Hidegkuti (3), Kocsis (2), Czibor, Puskás (2) 40 000
Drapeau de la Hongrie Budapest Drapeau de l'Allemagne de l'Est Allemagne de l'Est 5–0 Match amical Hidegkuti (2), Szusza, Kocsis, Sándor 38 000
Drapeau de la Pologne Varsovie Drapeau de la Pologne Pologne 5–1 Match amical Kocsis (2), Puskás (2), Hidegkuti 50 000
Drapeau de la Finlande Helsinki Drapeau de la Finlande Finlande 6–1 Match amical Puskás (2), Bozsik, Kocsis (3), Palotás 25 000
Drapeau de la Finlande Turku Drapeau : Roumanie Roumanie 2–1 JO 1952 Czibor, Kocsis 14 000
Drapeau de la Finlande Helsinki Drapeau de l'Italie Italie 3–0 JO 1952 Palotás (2), Kocsis 20 000
Drapeau de la Finlande Kotka Drapeau de la Turquie Turquie 7–1 JO 1952 Palotás, Kocsis (2), Lantos, Puskás (2), Bozsik 20 000
Drapeau de la Finlande Helsinki Drapeau de la Suède Suède 6–0 JO 1952 Puskás, Palotás, Lindh (c.s.c), Kocsis (2), Hidegkuti 35 000
Drapeau de la Finlande Helsinki Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie 2–0 JO 1952 Puskás, Czibor 60 000
Drapeau de la Suisse Berne Drapeau de la Suisse Suisse 4–2 Coupe internationale Puskás (2), Kocsis, Hidegkuti 30 000
Drapeau de la Hongrie Budapest Drapeau de la Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie 5–0 Match amical Hidegkuti, Egresi, Kocsis (3) 48 000
Drapeau de la Hongrie Budapest Drapeau de l'Autriche Autriche 1–1 Match amical Czibor 44 000
Drapeau de l'Italie Rome Drapeau de l'Italie Italie 3–0 Coupe internationale Hidegkuti, Puskás (2) 80 000
Drapeau de la Suède Stockholm Drapeau de la Suède Suède 4–2 Match amical Puskás, Budai, Kocsis, Hidegkuti 40 000
Drapeau de la Bulgarie Sofia Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 1–1 Match amical Szilágyi 45 000
Drapeau de la Tchécoslovaquie Prague Drapeau de la Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie 5–1 Match amical Csordás (2), Hidegkuti, M. Tóth, Puskás 47 000
Drapeau de l'Autriche Vienne Drapeau de l'Autriche Autriche 3–2 Match amical Csordás, Hidegkuti (2) 65 000
Drapeau de la Hongrie Budapest Drapeau de la Suède Suède 2–2 Match amical Palotás, Czibor 80 000
Drapeau de l'Angleterre Londres Drapeau de l'Angleterre Angleterre 6–3 Match amical Hidegkuti (3), Puskás (2), Bozsik 100 000
Drapeau de l'Égypte Le Caire Drapeau de l'Égypte Égypte 3–0 Match amical Puskás (2), Hidegkuti 28 000
Drapeau de l'Autriche Vienne Drapeau de l'Autriche Autriche 1–0 Match amical Happel (c.s.c) 65 000
Drapeau de la Hongrie Budapest Drapeau de l'Angleterre Angleterre 7–1 Match amical Lantos, Puskás (2), Kocsis (2), M. Tóth, Hidegkuti 92 000
Drapeau : Suisse Zurich Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 9–0 Coupe du monde 1954 Puskás (2), Lantos, Kocsis (3), Czibor, Palotás (2) 18 000
Drapeau : Suisse Bâle Drapeau : République fédérale d'Allemagne Allemagne de l'Ouest 8–3 Coupe du monde 1954 Kocsis (4), Puskás, Hidegkuti (2), J. Tóth 65 000
Drapeau : Suisse Berne Drapeau : États-Unis du Brésil Brésil 4–2 Coupe du monde 1954 Hidegkuti, Kocsis (2), Lantos 60 000
Drapeau : Suisse Lausanne Drapeau de l'Uruguay Uruguay 4–2 (a.p.) Coupe du monde 1954 Czibor, Hidegkuti, Kocsis (2) 37 000
Drapeau : Suisse Berne Drapeau : République fédérale d'Allemagne Allemagne de l'Ouest 2–3 Coupe du monde 1954 Puskás, Czibor 65 000

Statistiques[modifier | modifier le code]

Entre 1950 et 1956, le onze d'or a accumulé 42 victoires, 7 nuls et une défaite.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Puskas on Puskas: The Life and Times of a Footballing Legend, Robson Books,‎ (ISBN 1861051565)
  • (en) The World Cup: The Complete History, Aurum Press Ltd.,‎ (ISBN 1845131495)
  • (en) The World Encyclopedia of Soccer, Invisible Ink Press,‎ (ISBN 0810394421)