One-Two-Two

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir 122 (homonymie).
Le One-Two-Two
One-two-two, 122 rue de Provence, Paris 2009.jpg

L'immeuble où se trouvait le One Two Two,
au n°122 rue de Provence.

Présentation
Type
Habitation
Destination initiale
Hôtel particulier
Destination actuelle
Habitation
Style
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
Localisation sur la carte de Paris
voir sur la carte de Paris
Red pog.svg

Le One-Two-Two (« Un Deux Deux » en anglais) était l'une des plus luxueuses et illustres maisons closes de Paris dans les années 1930 et 1940. Le nom était tiré de l'adresse, 122 (traduite en anglais, Un, deux, deux = One, two, two).

Le One-Two-Two était situé rue de Provence dans le 8e arrondissement, tout proche du Printemps et du boulevard Haussmann. L'immeuble abrite aujourd'hui le siège de la Fédération française de la tannerie-mégisserie[2].

Les origines du One-Two-Two[modifier | modifier le code]

À l'origine, il s'agit d'un immeuble de trois étages, ancien hôtel particulier du prince Joachim Murat. Il est surélevé de quatre étages par Marcel Jamet en 1933 : au total, sept étages imposants aux volets blancs toujours clos.

Le One-Two-Two est ouvert en 1924 par Marcel Jamet, et sa première femme Fernande qui se fait appeler Doriane, une ancienne prestataire de services du Chabanais. Par l'intermédiaire de son époux, Doriane se porte acquéreur du 122, rue de Provence. Celle-ci n'emploie au début que trois « essoreuses ».

Mme Doriane abandonne le One-Two-Two, pour suivre un riche diplomate en 1939. Elle est remplacée par Georgette Pélagie dite Fabienne, une jeune femme devenue sous-maîtresse à l'âge de 21 ans. Marcel Jamet l'épouse en 1942 et offre un festin hors norme pour cinquante-six invités triés sur le volet pour lesquels 34 magnums de champagne et 176 bouteilles sont consommées[3].

Le fonctionnement[modifier | modifier le code]

L'établissement comporte 22 chambres décorées. Y travaillent de 40 à 65 femmes pour 300 clients par jour. Il est ouvert de 16 heures à 4 heures du matin. Les sous-maîtresses filtrent les hommes à l'entrée. Les filles de l'établissement doivent faire quatre passes par jour à 20 francs, hors pourboires, et deux le dimanche. Le lieu comprend également un bar, un réfectoire pour les filles et un cabinet médical[4].

Il travaille aussi avec un restaurant, le « bœuf à la ficelle », du nom d'une recette de rôti de filet de bœuf trempé dans un bouillon de légumes et d'épices au bout d'une ficelle. Les serveuses ne portent que des escarpins à talons hauts et un camélia dans les cheveux. Les clients peuvent donc venir seulement pour diner et se montrer. Puis prendre un café et fumer un cigare dans un salon en discutant avec des filles sans l'obligation d'aller plus loin[4].

Le One-Two-Two pendant l'Occupation[modifier | modifier le code]

Durant l'Occupation allemande (1940-1944), pendant la Seconde Guerre mondiale, le One-Two-Two, à l'image du Chabanais est le lieu de détente de « l'après-travail » de nombreux officiers de l'Armée allemande qui viennent profiter des services des jeunes pensionnaires.

L'établissement ne connaît pas les tickets de rationnement. Et pour cause, Otto Brandl, installé en France depuis septembre 1940 et un des responsables de l’Abwehr règne sur le marché noir parisien et a sa table attitrée au One Two Two, ainsi que le capitaine Wilhelm Radecke[5].

Les maîtres des lieux s’appellent «monsieur Michel» (Mandel Szkolnikoff), le plus gros fournisseur des Allemands, ou «monsieur Joseph» (Joseph Joanovici, un ancien chiffonnier d’origine roumaine qui a statut de «Juif économiquement précieux»). Le très trouble «Joino», entre deux trafics avec les Allemands, arrose tout le beau monde qu’il peut arroser… contre des faveurs. On y trouve aussi les membres de la Gestapo française, la « Carlingue » avec les hommes de Pierre Bonny et Henri Lafont[5].

A la Libération, Fabienne fait du commerce avec les Américains, des gens très bien eux aussi, mais racistes : elle n’a pas bien aimé voir un des gars vouloir frapper une de ses filles parce que c’est une «négresse»[5].

Le One-Two-Two ferme ses portes en 1946, lors de l'interdiction par la loi Marthe Richard des maisons closes en France[5].

Des hôtes de marque[modifier | modifier le code]

C'est un lieu fréquenté par la haute société, où l'on se rend tant pour y être vu (certains hommes y allant uniquement pour dîner avec leur compagne) que pour goûter du charme de ses « pensionnaires ».

« Le voyage autour du monde »[modifier | modifier le code]

Chaque chambre a ses femmes, mises en valeur sur des socles, avec des costumes et des éclairages adaptés. Les chambres sont décorées comme des décors de cinéma de toutes les époques et de nombreux pays du monde. Les initiés pratiquent « le voyage autour du monde », qui consiste à réaliser des figures inspirées par le Kama-Sutra, dans les chambres de différents pays, pour faire un tour du monde des plaisirs érotiques. Les principales chambres sont [6] :

  • La cabine de paquebot transatlantique, avec décor mer, hublot, chaise transat.
  • La chambre corsaire, avec un lit à baldaquin qui tangue avec le roulis, le mât pour s'accrocher et des jets de paquets de mer à grands coups de seaux d'eau par des assistantes
  • La cabine de l'Orient Express, avec le décor d'un compartiment du célèbre train avec la diffusion d'un enregistrement de train et en option l'irruption d'un controleur qui pouvait se joindre à l'action.
  • Le grenier à foin, avec de la réelle paille.
  • La chambre igloo.
  • Le tipi des indiens d'Amérique.
  • La chambre provençale.
  • La chambre champêtre.
  • La chambre égyptienne avec Cléopâtre.
  • La chambre romaine, ambiance d'orgie de triclinium.
  • La chambre grecque, à l'antique au milieu des colonnes.
  • La chambre Renaissance avec les courtisanes de François Ier.
  • Les galeries des glaces, comme un petit Versailles avec d'immenses miroirs pivotants.

Les chambres des étages supérieurs sont consacrées aux plaisirs sado-masochistes. Comme le disait Fabienne Jamet : "Plus on allait vers le ciel, plus on se rapprochait de l'enfer" [7] :

  • La chambre de torture du Moyen Âge, avec carcans, chaînes et fouets.
  • La chambre des supplices avec mise en scène de crucifixion, où des menottes remplacent les clous pour attacher la victime à la croix.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]