Ondine Valmore

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Ondine Valmore
Image dans Infobox.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 31 ans)
Nationalité
Activités
Père
Mère
Conjoint

Ondine Valmore est une poétesse et femme de lettres française née à Lyon le [1] et morte le (à 31 ans).

Biographie[modifier | modifier le code]

Prénommée Marceline Junie Hyacinthe, dite Ondine, elle fut la fille de Marceline Desbordes-Valmore et de François Prosper Lanchantin, dit Valmore, bien que l'homme de Lettres Henry Hyacinthe de Latouche pensait en être le père. Dès l'âge de douze ans, elle eut des problèmes respiratoires et pulmonaires. Vers l'âge de vingt ans, ses problèmes de toux s'étant aggravés, avec suspicion de tuberculose, elle fut envoyée par sa mère à Londres chez le docteur Curie car il bénéficiait d'une bonne réputation, avant de se révéler être un charlatan. Sa vie restera jalonnée d'internements dans des sanatorium, ayant combattu la tuberculose pendant une dizaine d'années. Elle finit par en mourir à l'âge de 31 ans, le , dans les bras de sa mère, qui avait déjà perdu sa dernière fille Inès de la tuberculose, et de Sainte-Beuve, qui l'avait courtisée[2],[3].

Intellectuellement parlant, Ondine fut une enfant précoce et douée pour la littérature et les langues, notamment le latin et l'anglais, dont elle entreprit des traductions, comme certaines œuvres de Shakespeare. Elle devint inspectrice des pensionnats de demoiselles du département de la Seine, à la grande fierté de sa mère, car le concours pour le devenir était très difficile. Ondine était aussi d'un caractère indépendant et émancipé. Sa mère, qui ne pouvait concevoir que sa fille demeurât célibataire et trop portée sur la tendre amitié féminine, avait développé une obsession pour qu'elle se mariât, ce qu'Ondine finit par accepter. Le , elle se maria avec Jacques Langlais, avocat, député de Mamers, choisi par Marceline Desbordes-Valmore. Un enfant naquit de leur union un an après leur mariage. Ondine fut emportée par la tuberculose, laissant orphelin son petit garçon d'un an qui sera élevé par son père et par Marceline Desbordes-Valmore, avant que celle-ci ne décède aussi en 1859, d'un cancer de l'utérus.

Ondine publia quelques courts recueils de poèmes et de contes. Ayant passé une grande partie de sa vie avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête, le thème de la mort et du cycle de la vie, symbolisés par le motif de l'automne et de l'hiver, sont très présents dans ses œuvres, attestant aussi d'une écriture paradoxale de la joie des instants précieux à savourer.

Poèmes[modifier | modifier le code]

La voix

La neige au loin couvre la terre nue ;
Les bois déserts étendent vers la nue
Leurs grands rameaux qui, noirs et séparés,
D'aucune feuille encor ne sont parés ;
La sève dort et le bourgeon sans force
Est pour longtemps engourdi sous l'écorce ;
L'ouragan souffle en proclamant l'hiver
Qui vient glacer l'horizon découvert.
Mais j'ai frémi sous d'invisibles flammes
Voix du printemps qui remuez les âmes,
Quand tout est froid et mort autour de nous,
Voix du printemps, ô voix, d'où venez-vous ?…

Moriture

Regarde ! avec amour la terre se couronne ;
Sous les vents attiédis son front rêve et frissonne ;
L'herbe rajeunissante habille le rocher
Où les nids amoureux vont déjà se cacher.
Regarde ! à flots pressés la sève monte et chante.
On voit les bois frémir :
Donne toute ton âme au tableau qui t'enchante,
Ô toi qui dois mourir !

Écoute ! la nuit pure a soulevé ses voiles,
Et berce l'univers aux hymnes des étoiles ;
Sous les rameaux touffus une touchante voix
S'élève, traduisant l'âme errante des bois ;
C'est un oiseau, le seul qui soupire et qui veille ;
Ecoute-le gémir,
Et garde cette voix longtemps à ton oreille,
Ô toi qui dois mourir !

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Un conte pour Anna, 1843
  • Comment on devient heureux, suivi de Un vœu d'enfant, Mellier 1844 Lire en ligne
  • Les Cahiers de Ondine Valmore, avec une introduction et des notes de Albert Caplain, C. Bosse 1932 Lire en ligne

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • ''''*Jean Lacassagne, Marceline Desbordes-Valmore, sa famille et ses médecins, d'après des lettres inédites du baron Jean-Louis Alibert, de Marceline et d'Ondine Desbordes-Valmore, étude médico-psychologique, extrait des Albums du Crocodile, 1957
  • Francis Ambrière, Le siècle des Valmore, 2 tomes, Seuil, 1987.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Portrait, par Antoine Berjon

Article lié[modifier | modifier le code]

Marceline Desbordes-Valmore

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Léon Séché Le cinquantenaire de Mme Desbordes-Valmore La jeunesse d'Ondine D'après des documents inédits (Selon Le Figaro littéraire, sa date de naissance est le 7 novembre 1821 ; cependant le poème Anniversaire, écrit par Ondine et adressé à sa mère donne la date du 2. Ce poème semble la source la plus fiable)
  2. Ondine se meurt
  3. Léon Séché Le cinquantenaire de Mme Desbordes-Valmore La jeunesse d'Ondine D'après des documents inédits (Lettres d'Ondine et Marceline Valmore) dans Le Figaro Supplément littéraire du dimanche